Ravageurs et parasites

Ver blanc du Hanneton : Faut-il encore lutter ?

Le ver blanc n’est autre que la larve d’un coléoptère inoffensif : le hanneton commun (Melolontha melolontha). Considéré jusqu’à il y a une trentaine d’années comme un redoutable ravageur du jardin, il est aujourd’hui devenu si rare qu’il ne pose plus que des problèmes épisodiques.

Ce qu’il faut savoir :

Nom scientifique : Melolontha melolontha
Nom courant : Hanneton commun
Famille : Coléoptères

Longueur à l’âge adulte : 2 à 3 cm
Longueur de la larve : 1 cm à 4,2 cm. La larve est plutôt blanchâtre, avec une tête brune bien distincte et une légère tache noire au bout de l’abdomen.

Cycle de vie : La femelle pond une vingtaine d’œufs directement au sol. Les larves naissent en juin et juillet et s’enfoncent immédiatement dans la terre. Elles y restent pendant 3 ans, une période pendant laquelle elles vont se nourrir de racines, causant des dégâts. La troisième année, le ver blanc se nymphose en hanneton en fin d’été.

Comment lutter contre le ver blanc du hanneton ?

Aujourd’hui, les dégâts sont rares. Mais dans certaines régions, on peut encore observer des attaques sur les cultures de pommes de terre, de navets et de carottes puisque les larves vont se nourrir des racines des plantes.

La naphtaline : L’astuce d’un autre temps

Pour limiter les dégâts au potager, dans les massifs de fleurs ou sur les arbustes, les anciens jardiniers avaient une astuce : ils plaçaient des boules de Naphtaline près des plantes à protéger. La forte odeur de l’antimite était censée empêcher les hannetons femelles de pondre.

Une astuce malheureusement pas très efficace, ni très écologique.

Utiliser des produits contre les vers du sol

Pour s’en débarrasser, il existe aussi des produits contre les vers du sol. Ces derniers se présentent sous la forme d’une poudre à diluer dans l’eau.

Il faut ensuite arroser le sol pour épandre les nombreux nématodes auxiliaires (heterorhabditis bacteriophora ) que comporte le produit. Ces vers microscopiques inoffensifs pour l’homme et les plantes parasitent le système digestif des vers blancs et finissent par les tuer.

Cependant, face à quelques individus, a-t-on besoin d’user arme de destruction aussi massive, même si ces produits sont naturels ? D’autant plus qu’ils ne sont pas sélectifs et ne font donc aucune différence entre les larves de hannetons, les vers fils de fer, eux aussi nuisibles et celles d’autres insectes utiles comme la cétoine.

Favoriser les prédateurs naturels

On cherche souvent à se débarrasser des taupes. Pourtant, il faut savoir que ces petits mammifères souterrains se nourrissent de nombreux vers blancs. Si elles ne sont pas trop envahissantes, pourquoi ne pas laisser les taupes tranquilles ?

De nombreux coléoptères, dont le hanneton commun adulte, sont aussi consommés par les chauves-souris. On peut donc prévoir des abris spécifiques pour elles ou ne pas les déloger quand elles s’installent dans une vieille grange.

Enfin, de nombreux oiseaux comme les mésanges sont des prédateurs des larves d’insectes. Attirez-les avec des haies d’arbustes variés.

lutter contre le ver blanc du hanneton
© B.Menting

Retirer les vers blancs à la main

En été, lorsque vous travaillez le sol, les larves dérangées remontent en surface. Si elles ne sont pas nombreuses, elles sont alors faciles à attraper et à donner aux oiseaux.

Un ravageur qui a presque disparu du jardin

Jusqu’à il y a une trentaine d’années, le hanneton adulte était considéré comme l’un des plus redoutables insectes ravageurs de l’agriculture.

Profitant de conditions de culture et climatiques favorables, les fameuses années à hannetons au cours desquelles ces insectes pullulaient sont ainsi restées gravées dans la mémoire de nombreux jardiniers.

Pourtant, de nos jours, ce petit coléoptère de la famille des scarabéidés est devenu si rare qu’il faut vraiment le chercher pour le trouver. Et il faut reconnaître qu’il ne pose plus trop de problèmes.

Comment expliquer cette disparition massive ? Probablement par l’utilisation d’insecticides chimiques (aujourd’hui interdits) et du motoculteur ou, au niveau de l’agriculture, de fraises rotatives qui ont tué les larves souterraines.

Éviter la confusion avec la larve de la cétoine dorée

Il ne faut pas confondre le ver blanc du Hanneton avec les larves de la cétoine dorée, un autre coléoptère aux reflets cuivrés que l’on découvre parfois dans une fleur. Ces deux larves sont en effet souvent présentes ensemble et habitent le tas de compost.

Les larves de la cétoine sont très utiles au jardin. Elles ne font aucun dégât et contribuent au contraire à dégrader les matières organiques.

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