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Savonnier de Chine, l’arbre lanternes

Savonnier de Chine, l'arbre lanternes
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Le savonnier de Chine (Koelreuteria paniculata) se rencontre presque partout en France, notamment en ville où il constitue des alignements remarquables le long des trottoirs et suscite par ses fruits la curiosité des amateurs de jardins publics. Malgré cela, il reste au final assez méconnu, trop peu utilisé de ce fait dans les jardins privés. Pourtant, les atouts du savonnier de Chine ne manquent pas, à commencer par son allure exotique et ses fleurs lumineuses, suivies de belles capsules jaunâtres virant au brun à l’automne qui lui valent le surnom d’« arbre lanternes ». Où et comment cultiver le savonnier ?

L’arbre lanternes

 10 mètres, c’est généralement la hauteur atteinte par le savonnier de Chine au bout de vingt ans, au prix d’une croissance relativement lente. Sa silhouette ovoïde, à cime ronde, parfois aplatie et aux branches tortueuses, est facilement identifiable.

Son feuillage caduc est constitué de longues feuilles (25 à 35 cm) vert sombre, composées et pennées. Le nombre de folioles légèrement dentées qu’elles portent est toujours impair.  Si le savonnier est surtout attrayant pour sa floraison lumineuse, les feuilles prennent à l’automne une belle coloration jaune.

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Les feuilles du savonnier sont composées de folioles alternes et dentées en nombre impair.

En début d’été (juin-juillet), l’arbre laisse épanouir de petites fleurs jaunes à cœur rouge disposées en groupes importants. Elles se transforment en fin d’été en capsules jaunâtres en forme de lanternes, séchant à l’arrivée de l’automne et pouvant rester accrochées sur l’arbre une partie de l’hiver. Chacune renferme 3 graines noires.

Où cultiver le savonnier de Chine ?

Le savonnier de Chine apprécie les sols légers, légèrement calcaires, restant frais l’été. Ne l’installez pas en terre humide, même partiellement, ni en terre acide, il y végétera. Côté exposition, il se plaît au plein soleil, se couvrant dans ce cas d’une floraison bien plus généreuse. Rustique et robuste, il supporte parfaitement de brèves gelées après quelques années de culture et ne souffre nullement d’une sécheresse passagère estivale.

Épargnez-lui simplement l’ombre, ou même à la mi-ombre, ainsi qu’un endroit soumis aux embruns côtiers ou à des courants d’air qui accentuent les dégâts du froid.

Comment planter le savonnier ?

La formation d’un savonnier est relativement difficile pour un amateur, en raison notamment d’une absence de flèche bien définie. Mieux vaut donc se procurer un arbre lanternes déjà formé en pépinière, vendu en conteneur. Il est ainsi possible de le planter toute l’année, hors période de gel et de sécheresse, même si l’automne et le début du printemps demeurent les deux périodes les plus favorables.

Creusez un grand trou, une fois et demi plus large que la motte.  Laissez la base du tronc dépasser et tuteurez le savonnier pour conserver son port bien droit et lui permettre de mieux résister aux coups de vents violents. L’année de l’installation, un paillis et des arrosages réguliers sont  les bienvenus pour l’aider à s’enraciner convenablement. Plus tard, l’arbre lanternes se débrouille seul.

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Les fleurs du savonnier évoluent en capsules vert-jaunes, chacune hébergeant 3 graines noires

Comment le tailler ?

 Le savonnier supporte mal les tailles qui  produisent fréquemment du bois mort. Laissez l’arbre s'exprimer naturellement en vous contentant de supprimer à ras les branches les plus basses qui gênent le passage de la tondeuse. Un élagage, tous les 4 à 5 ans, peut être entrepris pour faire le tri dans sa ramure tortueuse ; l’objectif étant d’y apporter un maximum de lumière.

Maladies affectant le savonnier de Chine

Globalement peu sensible aux maladies, le savonnier de Chine peut néanmoins subir les attaques de la verticiliose, la maladie du corail ou encore des chancres, trois maladies malheureusement sans grands remèdes.

Verticiliose

Cette maladie du savonnier de Chine ne touche pas uniquement l'espèce ; elle se rencontre aussi fréquemment sur d’autres arbres ornementaux,  y compris des fruitiers. Elle est provoquée par un champignon se développant au niveau du sol lors des printemps humides et doux, en particulier si la terre est peu ou mal drainée. Il profite alors d’une faiblesse ou d’une blessure au niveau racinaire pour infecter l’arbre et être véhiculé à une partie ou à l’ensemble de sa ramure. La maladie ne se remarque pas immédiatement. C’est lorsque certains rameaux, qui paraissaient pourtant en parfaite santé, flétrissement subitement lors des retours des premières chaleurs  que l’on constate les symptômes les plus classiques. Les parties atteintes brunissent rapidement avant de tomber au bout de quelques temps.

Maladie du corail

La maladie du corail attaque l’écorce du savonnier, laquelle se creuse et se craquelle. Dessous, de minuscules coussinets rosés sont observables au printemps. Ils évoluent en pustules orangés plus gros à l’automne.

Chancre

L’écorce du savonnier se nécrose et se détache par plaques entières. Les rameaux dépérissent au même titre que les fleurs ouvertes.   

savonnier de chine arbre
Bel arbre d'ornement, le savonnier se rencontre fréquemment dans les espaces verts, en ville

Comment utiliser le savonnier ?

Le savonnier de Chine affichant une croissance lente et une taille moyenne, il est un choix de prédilection pour un petit jardin, ou un grand bac, où sa floraison lumineuse et décorative est appréciée. Bien que son ombre se révèle au final assez légère, elle reste suffisamment dense pour faire office de parasol abritant un coin repas agréable à fréquenter tout l’été. 

La famille des sapindacées

Le savonnier de Chine appartient à la famille des Sapindacées. Il n’a pourtant rien à voir avec les sapins qui, pour leur part, sont des conifères d’une famille distincte, celle des Pinacées. Le terme « Sapindacée » fait en réalité référence au latin « sapo » (savon) et indus (de l’Inde). Là encore, la confusion est grande car ce ne sont pas les fruits du savonnier de Chine que l’on utilise pour fabriquer le savon mais bel et bien ceux d’un autre arbre de la famille des sapindacées, le savonnier d’Inde (Sapindus mukorossi), dont la pulpe des fruits est riche en saponine.

Histoire

Le savonnier de Chine fut introduit en Angleterre en 1764 sous la houlette du comte Georges Coventry. Il faudra cependant attendre 1789 ; année de la révolution française, pour le voir débarquer dans l’Hexagone. On suppose ainsi que le plus vieil exemplaire français est planté début XIXème au sein de l’arboretum de Verrières les Buissons, créé par la famille Vilmorin grâce à leur réseau de fournisseurs et d’amis présents à travers le monde.

A propos de Bruno Nunez

Je m'appelle Bruno, je vis du côté de Pau et je suis celui qui partage depuis début 2013 à travers ces pages ma passion pour les plantes et l'univers du jardin. Des anecdotes, des histoires, des expériences, des portraits de plantes...bref, un peu de tout, autant du côté du potager que de l'ornement...Et bien sûr, du bio, rien que du bio !

2 Commentaires

  1. Merci pour votre article ; c’est vrai que les petites lanternes sont très jolies. L’année dernière j’en ai cueillies quelques unes, des vertes et des jaunes pour leur effet décoratif durant quelques semaines. Devenues marron clair ou beige ensuite on peut les garder ou s’en défaire; j’avais pensé les recouvrir de peinture dorée pour un décor de Nöel mais je ne l’ai pas fait.

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