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desespoir du singe

Désespoir du singe: un arbre toujours curieux, quelquefois incongru dans nos jardins !

Désespoir du singe: un arbre toujours curieux, quelquefois incongru dans nos jardins !
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L’Araucaria araucana, ou désespoir du singe, est un conifère décoratif et sculptural originaire des Andes chiliennes allant jusqu’à la Terre de feu. Son allure étrange le réserve aux jardins empreint d’exotisme, situés idéalement dans le quart sud-ouest de la France, région qui lui offre les conditions de douceur et d’humidité proches de son habitat naturel. Comment cultiver cet arbre si singulier et l’entretenir ?  

Une silhouette décorative et sculpturale !

De croissance lente, l’Araucaria du Chili prend une silhouette pyramidale élancée pouvant atteindre 10 à 12 mètres de hauteur sous nos climats et 5 à 7 mètres de largeur. Avec l’âge, l’arbre a tendance à s’arrondir.

Ses branches, disposées par 5 en étages (verticilles) lui dessinent une silhouette sculpturale et asymétrique. Naturellement courbées, elles se relèvent sur le bout. Elles portent de curieuses feuilles persistantes vert foncé, triangulaires, se relevant elles aussi en pointes à l’extrémité, comme un dard, et s’imbriquant les unes sur les autres à la manière des tuiles d’un toit. C’est ce feuillage étrange et atypique qui est à l’origine du nom « Monkey puzzle tree » attribué à l’arbre par un Anglais qui ne manquait pas d’humour et croyait, sans doute à juste titre, qu’un singe ne pourrait pas grimper l’Araucaria du Chili sans être découpé en menus morceaux par ses feuilles aux pointes acérées. Le terme anglais fut traduit dans notre chère langue de Molière en « désespoir du singe ».

Les fruits, à l’image de tous les conifères, sont des cônes arrondis de 10 à 20 cm de diamètre. D’abord verts, ils deviennent marron à maturité, au bout de 2 à 3 ans. Les graines qu’ils renferment sont comestibles.  

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Désespoir du singe, Araucaria araucana, jardin public d'Oloron Sainte Marie (64). Le climat doux et arrosé du sud ouest lui convient parfaitement

Où cultiver le désespoir du Singe ?

Le désespoir du Singe aime les sols profonds, quoique non calcaires, et tolère les terres argileuses, pourtant peu drainées. Il se plait particulièrement en climat humide et arrosé, caractérisés par des hivers doux. En France, il prospère donc le long du littoral Atlantique et dans le quart Sud-Ouest, des régions qui lui offrent douceur et humidité proches de son habitat naturel sud américain. Sur le littoral méditerranéen et dans le midi, le climat s’avère en revanche trop sec l’été.

Plantation et entretien

Plantez l’Araucaria au tout début du printemps. Son entretien est par la suite limité. Contentez-vous de le protéger du froid les premières années. Une fois installé, il est alors parfaitement rustique (-15°C)

desespoir du singe entretien
Les branches courbées du désespoir du singe dessinent une silhouette étrange et exotique, Oloron Sainte Marie (64)

Le désespoir du singe ne nécessite aucune taille. Bien au contraire, laissez-le évoluer et prendre naturellement sa silhouette sculpturale. Au bout d’une vingtaine d’années de vie, les branches les plus basses ont tendance à dépérir. Coupez-les proprement pour dégager le tronc.

Un arbre primitif

Le désespoir du singe fait partie de ces arbres dits primitifs, tout droit sortis de la nuit des temps. A l’image d’un Ginkgo biloba ou encore des cycas, c’est en effet une espèce dioïque, regroupant des arbres mâles et d’autres femelles. Les cônes (fruits) sont d’ailleurs portés par les Araucarias femelles.  

Un air de famille…

Le désespoir du singe n’est pas le seul représentant de la famille des Araucarias.

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Pin de Norfolk, Araucaria heterophylla

Araucaria heterophylla, le pin de Norfolk

Originaire des îles Norfolk au Sud Ouest de l’océan Pacifique, le pin de Norfolk est un conifère peu rustique et de croissance lente. Sa double dénomination botanique Araucaria excelsa lui a été donnée en raison de la hauteur parfois considérable qu’il atteint à l’âge adulte. A la différence du désespoir du singe, ses branches sont horizontales et ses feuilles ne piquent pas. Leur couleur vert clair  a tendance à s’assombrir avec l’âge. En France, ce pin, peu rustique, doit être cultivé en pot pour pouvoir l’hiverner dans une pièce fraîche (15°C) et humide ou dans une véranda non chauffée. Les feuilles ont tendance à dépérir ou se trouvent envahies d’araignées rouges si l’atmosphère est trop chaude et sèche.

araucaria angustifolia arbre aux dahus
Araucaria angustifolia, arbre aux Dahus

Araucaria angustifolia, l’arbre aux dahus

Plutôt rustique (-15°C) et de croissance rapide, l’arbre aux dahus développe un port en parasol. Ses feuilles sont des aiguilles qui s’élargissent à la base avec l’âge.

Archibald Menzies

1795 Archibald Menzies (1754 – 1842) prend place à la table du gouverneur du Chili, alors colonie espagnole. Parmi les nombreux desserts servis, figurent des graines cuites du désespoir du singe. Quelques mois plus tard, Archibald Menzies ramène de son expédition 6 jeunes spécimens d’Araucaria araucana. Il en fait don à Joseph Banks, lequel plante un exemplaire dans sa résidence londonienne de Spring grove et offre le reste au kew gardens de Londres. Un seul arbre survivra. Cultivé en serre et installé en pleine terre quelques années plus tard, en 1808, il vivra jusqu’en 1893. Il faudra en revanche attendre 1837 pour voir le 1er Araucaria gagner le jardin des plantes de Paris.

Emblème de la terre des Mapuches

Le nom botanique (Araucaria araucana) du désespoir du singe est un hommage à la région de l’Araucanie, au Chili. Cette province andine parsemée de volcans était originellement peuplée d’Indiens Mapuches (les Araucans étant leur nom donné par les Espagnols)  qui ont depuis toujours lutté, souvent malheureusement sans obtenir gain de cause, pour conserver la souveraineté de leurs terres fertiles. Les tribus Mapuches consommaient les graines cuites de l’Araucaria.

A propos de Bruno Nunez

Je m'appelle Bruno, je vis du côté de Pau et je suis celui qui partage depuis début 2013 à travers ces pages ma passion pour les plantes et l'univers du jardin. Des anecdotes, des histoires, des expériences, des portraits de plantes...bref, un peu de tout, autant du côté du potager que de l'ornement...Et bien sûr, du bio, rien que du bio !

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