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Comment semer les légumes ? 7 méthodes comparées…

Semer, c’est la liberté de cultiver et manger des légumes  sains, que l’on aime, des variétés  anciennes ou originales, souvent à contre-pied de l’uniformité végétale que tentent de nous imposer les multinationales. Semer, c’est aussi la possibilité de faire de sacrées économies ! Quand les prix flambent, cultiver un lopin de terre reste un moyen de mieux se nourrir et de retrouver du pouvoir d’achat. Comme il existe différentes manières de semer en fonction des plantes ou du niveau de jardinage de chacun, j’ai souhaité apporter dans cet article un éclairage sur les avantages et les inconvénients des différentes méthodes de semis.

Semer à la volée

C’est probablement la plus ancienne technique de semis, celle qui imite les semis spontanés portés par le vent dans la Nature. Une chose est sûre : un bon semis à la volée exigence un tour de poignet précis, le fameux « geste auguste » du semeur ! Sans lui, le résultat est irrégulier, avec par endroits des amas de graines alors que d’autres zones sont très clairsemées.  Le semis à la volée est néanmoins pratique pour couvrir de grandes surfaces : on l’utilise classiquement pour installer du gazon, des engrais verts, mais également sur de plus faibles surfaces, pour semer des laitues ou des mâches à couper qui ont cette capacité à pousser serrer. L’un des inconvénients majeurs de cette technique reste que les graines sont soumises aux caprices climatiques mais aussi aux ravageurs ou aux oiseaux qui les picorent ! Heureusement, le nombre important de graines suffit souvent à compenser les pertes !

Semer en ligne

Très courant, le semis en ligne aide à structurer et à ordonner le potager. On creuse un sillon bien droit et peu profond le long d’un cordeau tendu entre deux piquets. La terre au fond est préalablement humidifiée à la pomme de l’arrosoir avant de semer. Simple, le semis en ligne est utilisé pour un grand nombre de légumes : fèves, pois, mâche, laitue, navets, carotte… En fonction des plantes, les graines sont alors recouvertes de terre fine ou non. Cette technique est efficace car elle facilite le désherbage ! Il suffit en effet d’arracher toutes les pousses qui sortent du rang ! Le long du sillon, l’éclaircissage permet, après plusieurs passages, de garder le contrôle sur la densité et de respecter les distances finales entre légumes.

comment faire des semis de legumes
Les caissettes des poissonniers sont pratiques pour semer et obtenir de nombreux plants. Elles ne coûtent également rien ! © Jardipartage (jardins ouvriers de Pau)

Semer en poquets

Le semis en poquet est probablement le plus facile à réaliser. Un trou, 2 à 4 graines déposées au fond, on rebouche, on arrose, et c’est tout ! Après la levée, on ne conserve que le plant le plus vigoureux. Mais les autres peuvent être prélevés et repiqués ailleurs. Le semis en poquet est à coup sûr la technique la moins chronophage: les parties à désherber sont clairement identifiées et les poquets nécessitent au final très peu d’éclaircissage ! Reste que le poquet est bien adapté pour semer de grosses graines : fèves, haricots à rames, pois, maïs, courgette, potiron, courge… Beaucoup moins pratique avec les petites graines !

Semer en ruban

C’est la technique de semis du débutant. Les graines sont collées entre deux bandes de papier biodégradable à la distance idéale. Le ruban est déposé sur le sol, légèrement recouvert de terreau fin, on arrose et c’est terminé ! Même pas besoin d’éclaircir après la levée. Si la technique est ultra pratique, elle est beaucoup plus chère que les autres rapportée au nombre de graines. Et toutes ne lèvent pas forcément !

Semer en pot ou en godet

Le semis en pot ou en godet est la technique classiquement utilisée pour le semis des tomates. Cette méthode est aussi celle du jardinier méticuleux. Elle se pratique souvent à l’abri d’une serre, d’une véranda ou en intérieur. Elle permet de maîtriser de nombreux paramètres qui échappent d’ordinaire au contrôle du jardinier : température de semis précise, nature du substrat (souvent un terreau fin est utilisé, optimisé pour les semis), arrosages et hygrométrie… mais elle exige du temps, des arrosages quotidiens quand les semis sont en intérieur et plusieurs repiquages dans les semaines qui suivent dans le cas des petites graines pour que les plants ne végètent pas et poursuivent de manière optimale leur croissance. Les graines sont semées au nombre de 3 ou 4 par godet, les plus grosses (courge, potiron…) individuellement.

Semer en terrine ou en caissette

C’est la meilleure méthode pour semer des graines difficiles à manipuler en raison de leur petite taille ! Mais c’est aussi un moyen de semer en nombre des plantes frileuses qui nécessitent un démarrage au chaud. Le semis en caissettes est ainsi couramment pratiqué pour les tomates, les aubergines ou encore les poivrons, trois solanacées au cycle de culture long ! Cette technique est également économique : pour se procurer les contenants, il suffit de demander aux poissonniers. Leurs grandes caissettes en polystyrène ne coûtent rien, sont réutilisables les saisons suivantes une fois percées, lavées et désinfectées. Sans compter que le matériau isolant dorlote les jeunes plants en maintenant les racines à l’abri de trop grands écarts de températures.

Semer sur plaques alvéolées ou mottes

On utilise une grande plaque de polystyrène ou en matériau plastique disposant d’un nombre important d’alvéoles, chacune remplie d’un bon terreau. Semez une graine par niche, tassez légèrement, humidifiez au pulvérisateur et c’est tout ! Cette technique de semis permet de produire un grand nombre de plants qui, en fonction de la date à laquelle ils ont été semés, pourront être directement repiqués en terre à leur place définitive dès qu’ils disposeront des premières vraies feuilles ou auront besoin d’un repiquage en pot pour se renforcer et continuer de croître avant de rejoindre le plein air. Souvent, le semis sur plaques alvéolées est utilisé comme préalable à un repiquage en godet. Cette méthode présente l’avantage d’encadrer la double consommation de terreau et de graines.

Pour aller plus loin, je vous propose de poursuivre votre lecture avec le calendrier des différents semis.

Mis à jour le Oct 8, 2019 @ 21 h 43 min

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Bruno Nunez

Jardinier du côté de Pau, je jardipartage à travers ces pages ma passion pour les végétaux et l'univers du jardin. Des infos, des expériences, des portraits de plantes, les animaux, le bien-être par les plantes...bref, un peu de tout...Et bien sûr, du bio, rien que du bio, du naturel avec une bonne dose de bon sens !

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