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aucuba japonica

L’Aucuba du Japon: l’un des plus beaux persistants !

Souvent dépréciés, les arbustes à feuillage persistant sont pourtant très précieux au jardin où ils constituent une toile de fond intéressante pour des massifs aux scènes colorées saisonnières. L’Aucuba japonica n’y fait pas exception. Cet arbuste  d’ombre à mi-ombre originaire d’Asie ajoute à cela d’autres qualités, notamment le pouvoir d’apporter une belle lumière à un coin sombre.

L’un des plus beaux arbustes ornementaux !

Avec leur silhouette compacte, leur taille moyenne (jusqu’à 2 mètres de hauteur) et leurs longues feuilles, ovales, pointues, vernissées, diversement colorées dans le cas des variétés panachées, les Aucuba japonica font valoir de précieuses qualités ornementales !

L’ espèce est dioïque. A l’exception de la variété Rozannie, la seule autofertile, seuls les Aucubas femelles portent des drupes rouge -brillant décoratives en automne, à condition qu’un pied mâle soit installé à proximité pour permettre la pollinisation ! Mieux vaut donc toujours planter un aucuba mâle pour plusieurs femelles, bien qu’il soit difficile de distinguer l’un et l’autre quand ils n’ont pas encore atteint le stade de la floraison.

Les fruits décoratifs restent durablement fixés sur l’arbuste, parfois tout l’hiver.

Où le cultiver ?

Considéré comme une plante de terre de bruyère, l’Aucuba du Japon est plutôt exigeant du côté du sol. Il se plait en terre ordinaire à humifère, bien drainée, mais redoute les sols argileux, compacts et surtout calcaires. Si cet arbuste apprécie de garder ses racines au frais toute l’année, il ne supporte en revanche pas les excès d’humidité. Les sols secs ne lui conviennent pas non plus, Il n’y survit pas longtemps.

Côté exposition, l’arbuste n’aime que les situations ombragées (au Nord de la Loire) ou mi-ombragées (au Sud). Il apprécie donc l’ombre portée d’un mur ou d’un grand arbre installé à proximité.

aucuba japonica fiche technique
L’Aucuba du Japon est l’un des plus beaux arbustes persistants ! ©Jardipartage/Jardin privé (64)

Plantation

Plantez l’Aucuba de préférence en automne à partir de plantes en conteneurs. La reprise est facilitée en cette saison par des pluies plus fréquentes et des températures douces. Creusez un trou deux à trois fois plus grand que la motte. En terrain lourd, allégez la terre au moyen de poignées de sable et de gravier. Mélangez également un bon tiers de terre de bruyère.

Quel entretien ?

Taille

La taille de l’Aucuba n’est pas nécessaire tant son port arrondi se développe lentement. Si vous devez intervenir, ce sera pour équilibrer sa silhouette par exemple et lui redonner un joli port arrondi. Taillez alors avec discernement, au début du printemps, en prenant soin de passer préalablement les lames du sécateur dans l’alcool pour éviter l’apparition de maladies.

Arrosage

Une fois installé, l’Aucuba japonica résiste à de brèves périodes sèches mais les premières années, un arrosage hebdomadaire est indispensable en plein cœur de l’été.

Engrais

En pleine terre, si le sol est fertile, cet arbuste d’ombre pousse seul sans devoir se préoccuper de le nourrir. Dans les sols légèrement calcaires en revanche, un apport régulier de compost à ses pieds (au moins une fois par an, au printemps), aide à rétablir et maintenir un pH favorable tout en nourrissant l’Aucuba.

Maladie fréquente

Le feuillage se couvre parfois de taches brunes éparses plus ou moins larges. Il s’agit souvent de brûlures provoquées par un rayonnement solaire intense qui abîme le feuillage délicat de l’Aucuba du Japon. Les variétés panachées les plus claires sont les plus sensibles. Leur emplacement, surtout dans le Sud, doit être exclusivement à l’ombre. Attention notamment au soleil hivernal, plus bas dans le ciel à cette période de l’année !

Comment l’utiliser ?

Du fait de sa croissance relativement lente, l’Aucuba du Japon est parfaitement à son aise en pot ou dans un grand bac. Il constitue ainsi un choix d’arbuste intéressant en ville, pour meubler une cour ombragée ou garnir un balcon privé de soleil, d’autant plus qu’il résiste très bien à la pollution mais aussi aux embruns. Son feuillage persistant offre alors un précieux écran vert protégeant des regards !

Dans un jardin plus classique, il peut prendre part à des haies libres mixtes (associant espèces persistantes et caduques) de taille moyenne.

Des fruits toxiques

A l’image d’autres arbustes ornementaux à fruits, les baies rouges de l’Aucuba sont toxiques. Dans un jardin fréquenté par des enfants, mieux vaut donc ne pas laisser l’arbuste développer sa belle fructification. Par ailleurs, la sève contenue dans ses feuilles est irritante pour la peau et les yeux. Pensez à vous munir de gants si vous devez tailler ce bel arbuste japonais.

Quand et comment bouturer l’Aucuba ?

Comme beaucoup d’arbustes persistants, la bouture des tiges de l’Aucuba se réalise en fin d’été (août-septembre). Désinfectez votre sécateur dans l’alcool à brûler au préalable puis prélevez une extrémité de tige saine d’environ 15 cm de longueur, bien représentative de la plante-mère.

Supprimez les feuilles de la base en taille proprement leur point d’insertion. Seules 1 à 2 paires sont conservées sur le haut de la bouture  mais coupées de moitié pour limiter l’évapo-transpiration. Les feuilles naissantes sont en revanche conservées en entier.

Piquez la bouture au centre d’un petit pot en terre cuite rempli d’un mélange de terre de jardin, terreau et sable. Humidifiez. Couvrez d’une cloche, d’une bouteille d’eau retaillée ou d’un sac de congélation maintenu au-dessus par des piques à brochettes pour placer la bouture à l’étouffée et lui garantir un microclimat (température/humidité) favorable. Entreposez le pot à l’ombre, au pied d’un mur ne recevant pas de soleil direct par exemple.

En hiver, rentrez à l’abri, sous serre froide, véranda non chauffée ou derrière la fenêtre d’un garage lumineux. N’oubliez pas d’arroser régulièrement. Au printemps suivant, l’enracinement se manifestera par une reprise de la croissance. Vous pourrez alors planter votre nouvel Aucuba japonica en pleine terre !

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Aucuba panaché, très graphique !

Quel Aucuba japonica choisir ?

Outre l’espèce naturelle (Aucuba japonica), au feuillage vernissé vert saupoudré de jaune d’or, d’autres cultivars plus lumineux ont inondé les points de vente.

Aucuba du Japon Rozannie

Cet Aucuba déborde de qualité ! Il est plus compact que les autres (1 m à 1,20 m en tous sens), présente des feuilles plus petites, vertes et dentelées ! Mais il est également bisexué. Il s’autopollinise donc et pollinise aussi très bien ses congénères à ses côtés !

Aucuba du Japon panachés

Intéressants en hiver pour leur feuillage persistant, les Aucubas au feuillage plus ou moins panaché (« variegata », « crotonifolia », «golden king»), ponctués de taches jaunes, sont idéaux pour déboucher un coin sombre du jardin. De croissance relativement lente et atteignant 1m50 à 2m en tous sens à l’âge adulte, ils n’exigent pas beaucoup de place. Comme l’écrasante majorité des aucuba japonica, les pieds femelles portent de petits fruits rouges en automne. La variété Rozannie peut être utilisée pour les polliniser.

Un brin d’histoire

La présence d’Aucuba japonica est attestée en Europe depuis la seconde partie du XVIIIe siècle (1783). Le botaniste allemand John Graeffer  aurait d’abord introduit une variété panachée de cet arbuste, très appréciée dans les jardins de l’archipel nippon.

L’un des exemplaires sera planté au jardin des plantes de Paris dès 1783. Chose peu courante, l’espèce-type, au feuillage décoratif vert, sera pour sa part introduite quelques dizaines d’années plus tard, autour de 1860. Cet Aucuba japonica viridis (toujours vert) permettra de voir fleurir les variétés panachées, toutes femelles ! Ces arbustes seront longtemps considérés et cultivés comme des plantes exotiques, les jardiniers prenant mille précautions pour les maintenir en forme sous serre.

Ils s’apercevront pourtant que l’Aucuba se plait parfaitement sous nos climats, pour peu qu’on lui offre les conditions de culture qu’il affectionne.

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A propos de Bruno Nunez

Je m'appelle Bruno, je vis du côté de Pau et je suis celui qui partage à travers ces pages ma passion pour les plantes et l'univers du jardin. Des anecdotes, des histoires, des expériences, des portraits de plantes...bref, un peu de tout, autant du côté du potager que de l'ornement...Et bien sûr, du bio, rien que du bio !

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