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Les Houx : plantation, entretien, variétés

Le houx: des épines à la fête !

Il n’existe pas un seul houx, mais plusieurs, aux dimensions, formes de feuilles et coloris différents. Le plus classique dans nos jardins est le houx commun qui répond au nom botanique d’Ilex aquifolium. Ses rameaux sont plébiscités au moment des fêtes de fin d’année pour décorer tables de Noël et présentations diverses.

Lumineux en hiver !

Peu exigeants dans l’ensemble, les houx sont parfaitement rustiques, tolérant des températures de l’ordre de -20°C. Ils font preuve d’une croissance lente qui leur permet d’atteindre à l’âge adulte 3 à 4 mètres de hauteur (entre 20 et 30 ans).  Leur bois fin et dur était utilisé par le passé pour confectionner des manches d’outils à l’épreuve du temps.

Les houx se couvrent de feuilles persistantes et coriaces à l’aspect vernissé. Dentelées, elles sont aussi bordées de piquants dans le cas de notre houx commun, mais de nombreuses autres variétés ne présentent pas de piquants, pas plus qu’elles ne sont persistantes.

Les feuilles d’Ilex aquifolium affichent une couleur pourpre au printemps et se teintent par la suite d’un vert franc. Certaines variétés se parent cependant d’un joli feuillage panaché de blanc et d’or. Ce sont assurément les plus belles !

Le printemps voit apparaître de très discrètes fleurs blanches mâles ou femelles portées par des arbustes différents. Les fruits qui en découlent s’épanouissent dès la fin d’été. Ce sont des baies classiquement rouges, plus rarement jaunes et même noires suivant les variétés et cultivars. Ces fruits persistent longtemps sur l’arbuste. S’ils sont particulièrement appréciés des oiseaux, ces derniers doivent attendre que le froid annihilent leur toxicité.

Les houx : une vaste famille !

Le houx commun pousse à l’état sauvage dans nos haies et sous-bois, à tel point qu’il nous semble connaître que cette espèce. On en dénombre cependant plusieurs centaines d’espèces disséminées à travers le Monde. La plupart sont originaires de régions du globe chaudes et humides, il est donc difficile de les acclimater chez nous.

Où poussent les houx ?

Faciles à vivre, la plupart des houx se plaisent dans tous les types de sols et s’accommodent même, contrairement aux idées reçues, des sols calcaires, pourvu qu’ils soient consistants. Les houx préfèrent cependant les terres humifères, pas trop sèches. Mieux vaut donc planter votre arbuste dans un coin de votre jardin relativement frais, en terre bien drainée, fertile et profonde.

Côté exposition, les houx acceptent tout aussi bien l’ombre que le soleil, du moment qu’il n’est pas brûlant ! ( plutôt en climat océanique). Si votre jardin est trop ensoleillé, préférez la mi-ombre, surtout pour les variétés à feuillage panaché, plus sensibles que les autres aux brûlures ! Revers de la médaille, l’arbuste produira moins de baies en situation moins lumineuse.

Quand planter les houx ?

Comme pour tous les arbres et arbustes à feuillage persistant, plantez de préférence votre jeune houx en octobre ou en novembre pour qu’il profite des pluies automnales pour s’installer. Une plantation différée à mars-avril reste bien sûr possible mais il faudra se montrer vigilant aux arrosages tout l’été.  Evitez simplement de planter pendant les périodes de froid intense ou de grosses chaleurs.

Où planter les houx ?

Utilisez les houx pour composer une haie favorable aux oiseaux, une haie défensive ou pas, ou encore pour accompagner des vivaces ou d’autres arbustes à baies rouges hivernales comme les cotonéasters ou les skimmias.

Les formes les plus compactes se plaisent tout aussi bien en pot ou en bac qu’en pleine terre. Même s’ils sont rustiques, il faut alors penser dans ces conditions à les protéger en cas de grand froid.

Comment planter les houx ?

A l’achat, renseignez-vous ! La majeure partie des variétés de houx étant dioïques, il faut planter vos pieds femelles à proximité d’un pied mâle (1 mâle pour 5 femelles est suffisant) si vous comptez former une haie. En effet, les baies sont portées par des fleurs femelles qui ont besoin de fleurs de la présence d’un houx mâle pour évoluer en baies. Sinon, optez pour des variétés autofertiles.

Conseils pour la plantation

  • Espacez les arbustes d’1 m à 1m20
  • Creusez un trou deux fois plus grand que la motte. Ameublissez la terre au fond.
  • Mélangez à la terre extraite un tiers de compost et un tiers de terre de bruyère. Si votre sol est lourd, ajoutez quelques poignées de sable.
  • Mettez l’arbuste en place, rebouchez, tassez et arrosez abondamment au goulot de l’arrosoir.

Quel entretien ?

Un fois vos houx en place, arrosez-les régulièrement la première année. N’apportez ensuite de l’eau que par temps sec.

Habituellement, il est inutile d’apporter de l’engrais. Les houx trouvent dans le sol tous les éléments nutritifs dont ils ont besoin pour bien se développer.

Par ailleurs, peu de maladies les atteignent : les cochenilles et les mineuses sont anecdotiques. Plus fréquentes sont les attaques de rouille lorsque l’été est sec et brûlant. Il faut alors pulvériser un peu de bouillie bordelaise incolore pour contrer le champignon.

Votre houx ne produit pas de baies ?

Vous avez probablement planté un houx mâle ou un houx femelle. 2 solutions s’offrent à vous :

  • Soit vous plantez une variété pollinisatrice à proximité, comme Ferox argentea.
  • Soit vous greffez un morceau de tige d’un pied mâle sur votre pied femelle.
houx ferox argentea
Le Houx Ferox argentea ne se contente pas de montrer l’un des plus beaux feuillages, c’est aussi un excellent pollinisateur ! © E.Eye

Des taches sur les feuilles du houx

Parfois, de petites taches rondes, grises en leur centre bordé de violacé, apparaissent sur les feuilles du houx. Elles s’élargissent peu à peu, leur centre sèche et finit par tomber. Il s’agit d »une maladie du houx, la phyllostictose du houx, dont le champignon responsable profite des conditions douces et humides de l’automne.

Il n’y a pas grand chose à faire. Les feuilles les plus touchées vont jaunir et tomber au cours de l’hiver. Elles seront remplacées par de nouvelles feuilles saines au printemps si vous avez pris soin de ramasser l’ensemble des feuilles tombées au sol.

Quand tailler les houx ?

Vous pourrez aisément maîtriser la croissance de votre houx en le taillant 1 à 2 fois par an selon les besoins.

Taillez votre houx de préférence à la fin de l’hiver. Vérifiez auparavant que le buisson n’abrite pas de nids de merles ou d’autres oiseaux derrière les épines. Si c’est le cas, attendez la fin de la période de nidification (en juillet) pour effectuer la taille.

Candidat à l’art topiaire

Le houx crénelé ou tout autre variété à petit feuillage se prêtent aussi volontiers à l’art topiaire. N’hésitez pas à les tailler pour les intégrer à un coin de jardin japonais. Laissez d’abord l’arbuste pousser comme il l’entend avant de dégager les tiges pour former des « plateaux » ou des « nuages ». Ces formes sculptées s’entretiennent ensuite deux fois l’an, en avril et août.

houx topiaire ilex crenata

Variétés remarquables

Appréciés pour leur feuillage, les houx se déclinent en d’innombrables formes, toutes plus décoratives les unes que les autres.

Les houx communs : classiques et intemporels !

Alors qu’ils sont cultivés depuis des siècles et qu’ils peuplent naturellement les sous-bois de nos campagnes, les houx communs (Ilex aquifolium) ont donné naissance à des variétés plus originales car panachées d’or ou de crème, pourvues ou non d’épines redoutables, d’allure compacte ou décontractée. Des arbustes qui ont peu à peu gagné leur place dans les haies et massifs de nos jardins avec pour point commun leur facilité de culture !

Houx commun J-C Van Tol

De forme conique et un peu moins épineux que d’autres houx communs, cet arbuste est très fructifère, mais moins robuste. Il convient donc de l’abriter si vous jardinez dans une région froide. Autofertile, il se suffit à lui-même pour produire en abondance ses belles baies colorées et a la capacité de pouvoir polliniser d’autres variétés de houx.

Houx commun panaché, Argentea marginata

Ce houx commun développe une forme pyramidale. Une élégante bande de couleur crème borde ses feuilles tandis que les baies prennent une coloration rouge-orangée. Assez proche, le cultivar Ferox argentea est un houx commun mâle qui ne porte pas de baies mais dont l’aspect décoratif est tout aussi précieux grâce à son feuillage lumineux doublé de jeune tiges à l’écorce violacée !

houx panache
Houx panaché, l’une des plus variétés grâce à son feuillage lumineux © Jardipartage

Les houx hybrides

Fruits de croisements naturels ou de créations de pépiniéristes collectionneurs apparues dans la seconde moitié du XXe siècle, les houx hybrides reprennent et améliorent es qualités de leurs illustres parents.

Houx américain, Ilex meserveae

Plus petit et très rustique, le houx américain Blue prince (ou « princess ») se couvre d’un feuillage bien vert qui comporte peu d’épines et présente un aspect plus compact. Ses baies rouges persistent longtemps, de fin septembre à mars si les oiseaux ne s’en mêlent pas !

Houx de Highclere

Issus de croisements entre houx communs et houx des Canaries (Ilex perado), les houx de Highclere (Ilex altaclarensis) se couvrent de feuilles peu épineuses, parfois pas du tout ! De précieux cultivars panachés, à l’image de Golden king, vêtu de vert et d’or, permettent d’apprécier leur pourvoir lumineux. D’autres ressemblent carrément à des Camélias ( Variété cameliifolia).

D’autres houx

Avec ces houx originaux, on se situe clairement dans les jardins des collectionneurs et des amateurs éclairés.

Le Houx de Perny, Ilex pernyi

Originaire de Mongolie, ce houx très rustique forme un buisson compact qui ne dépasse pas 1m50 à 2 m de hauteur. Son originalité vient surtout de la disposition originale de ses feuilles piquantes. Un houx plein de charme !

Le houx crénelé, Ilex crenata

Originaire du Japon, ce petit houx est très en vogue depuis quelques années. Il faut dire que son petit feuillage rond, sans épines, et ses dimensions contenues, le font passer pour du buis. Avec lui, les jardiniers tiennent donc une possible alternative aux buis victimes des la pyrale. Plus sensible que ses congénères, il craint un excès de chaleur sèche et a besoin d’une terre légèrement acide pour s’épanouir.

Mis à jour le Mar 3, 2020 @ 15 h 23 min

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