Arbres fruitiersJardiner en hiver

La taille d’un pommier en espalier

La taille d’un pommier ou d’un poirier en espalier (en U) est facile, même pour les jardiniers débutants. Elle permet d’obtenir, en quelques années seulement un fruitier productif. Vous pouvez ainsi décider de créer une haie fruitière, pour délimiter et organiser par exemple plusieurs parties de  votre potager. La forme en U étant compacte (elle n’occupe qu’un bon mètre carré de surface). Vous aurez ainsi le loisir, dans de petits jardins, de planter plusieurs variétés et d’obtenir de belles récoltes propres à ravir tous les goûts. Choisissez des pommiers à la maturité échelonnée de la fin de l’été jusqu’au début de l’hiver (pommes de garde hivernales) pour en manger presque toute l’année. Comment mener à bien la plantation et la première année de formation d’un pommier en espalier en U simple ?

Quand planter mon pommier ?

Les pommiers, comme généralement les autres fruitiers, se plantent de la fin Novembre ( la Sainte Catherine, le 25 novembre, lance la saison de plantation des arbres à racines nues) jusqu’à fin février/début mars, soit tout l’hiver suivant les régions. Dans tous les cas, impérativement avant la reprise de la végétation pour ne pas épuiser l’arbre. Évitez simplement les journées trop humides ou trop froides ( gel et neige).

Quel pommier choisir pour créer une forme en U simple ?

Procurez-vous des scions (de jeunes arbres greffés, âgés de 1 an, et qui ne comportent qu’une seule tige bien droite) de variétés locales de préférence et choisissez des porte-greffes adaptés à votre sol. Si vous habitez le quart nord-est, j’ai, dans un article précédent, listé un certain nombre de variétés alsaciennes, notamment des variétés anciennes.

Le choix du porte-greffe est extrêmement important. Sa faible vigueur conditionne la bonne réussite de la formation. Généralement, les pommiers conduits en U sont greffés sur du M9. Demandez conseil auprès de pépiniéristes de votre région sur ce point. 

La distance de plantation en haie fruitière

taille pommier espalierAvant de planter, il faut préparer le palissage en espaliers ou contre espaliers. Ce n’est qu’ensuite que vous pouvez procéder à la plantation de  vos arbres. L’idéal est d’avoir une orientation finale de la haie Nord/Sud, de manière à ce que les pommiers (et leurs futurs fruits) puissent profiter d’une exposition chaude et d’un ensoleillement maximal, particulièrement au Nord de la France.  A la plantation, observez une distance de 60 cm minimum entre les troncs. Prévoyez un arrosoir plein sitôt la mise en terre achevée et deux ou trois au cours de l’hiver car le gel est desséchant. Enfin, protégez vos arbres du froid (j’entoure personnellement le point de greffe d’un bout de feutre géotextile doublé et paille le pied à l’aide d’un tapis de feuilles mortes) mais aussi, si vous habitez à la campagne, et on y pense moins, de l’appétit des lapins et des chevreuils ou des griffes d’un chat, grâce à un petit grillage.

La première année de la formation de votre pommier en espalier 

Dès la plantation, taillez le scion en biais à 30 ou 40 centimètres du sol (suivant le positionnement de la structure de palissage), environ 1 cm au-dessus de deux bourgeons latéraux. Il est impératif que l’un d’eux soit tourné vers la gauche, l’autre vers la droite ; ils constitueront en effet les deux futures charpentes de l’arbre. Désinfectez et mastiquez la plaie. Enfin, attachez le tronc à la base de la structure.

taille pommier espalierAu cours de la belle saison, lorsque les deux bourgeons initiaux auront donné deux rameaux et qu’ils atteignent 20 à 30 cm de longueur, attachez-les provisoirement à l’oblique sur la structure en bois ou en fil de fer. Supprimez aussi le reste de la végétation en coupant au ras du tronc. Seul sera conservé un troisième rameau, issu d’un bourgeon proche des deux supérieurs. Il servira à remplacer l’un des d’eux  s’il devait y avoir de la casse au moment de la formation des coudes du U.

Justement, en cours d’été, lorsque les rameaux ont atteint une bonne cinquantaine de
centimètres, il est temps de procéder à la mise en place des coudes du U. C’est une étape délicate et cruciale. Agissez avec délicatesse. Abaissez l’un des rameaux latéraux et attachez-le à l’horizontale sur la structure. Puis ramenez son extrémité bien à la verticale.

Cette partie verticale doit être d’une longueur minimum de 20 cm. Si le rameau est encore trop court, reportez l’opération. Procédez de la même manière de l’autre côté, pour le second rameau. Lorsque les deux coudes sont en place, vous pouvez supprimer la branche de secours pour qu’elle ne concurrence pas l’allongement des deux rameaux supérieurs. Continuez à les attacher régulièrement jusqu’à l’entrée dans l’hiver.

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Bruno Nunez

Jardinier près de Pau, je jardipartage à travers ces pages ma passion pour les plantes et le jardin à travers des conseils de jardinage, des astuces, des expériences, des portraits...bref, un peu de tout...Et bien sûr, du bio, rien que du bio, avec une bonne dose de bon sens !

16 commentaires

  1. bonjour, suite d’un cadeau difficile à refuser, j’ai, pour l’instant, simplement planté un cerisier »Napoléon » formé en palmette « U » simple.
    Apparament ce type de forme n’est pas très courante ni très adaptée au cerisier du moins en Rhône Alpes, aussi je manque de renseignement pour pouvoir conduire correctement la croissance de l’arbre sur un contre espalier (arbre isole dans un premier temps).

    quels seraient vos conseils pour cela: type de structure, quelle taille (actuelmt H= 1.5m) ?
    merci de votre attention
    Yves

    1. Bonjour,

      Effectivement, la conduite d’un cerisier en U ou double U n’est (presque) jamais pratiquée, pour la bonne et simple raison que les cerisiers sont des essences fragiles, sujettes à des écoulements de gommes fréquents, lorsqu’ils sont taillés. En clair, moins on les taille, mieux ils se portent. Les cerisiers sont en général des formes de plein vent ou en gobelet. Les seules formes « compactes » que j’ai pu observer (en particulier au potager du Roi à Versailles) sont des cordons verticaux (plus de 5 mètres de haut quand même !) qui demandent bien moins d’interventions qu’un U ou un double U. Autre point important à prendre en considération, connaissez-vous le porte-greffe ? Car il y a de très fortes chances qu’il ne soit pas adapté à la formation d’un U (porte-greffe trop vigoureux). Si vous souhaitez persister, je vous conseille l’achat de ce livre de Jacques Beccaletto et Denis Retournard (lien aff). Très complet et relativement facile à appréhender malgré la complexité des tailles de formation.

  2. Bonjour – Tout d’abord merci pour vos articles passionnants et vos précieux conseils.
    Je vois dans l’article consacré aux pommiers que vous parlez de la taille en U.
    Or j’ai lu dans un livre consacré à la taille (d’ailleurs vendu fort cher et bourré de fautes…) que son auteur deconseille fortement là taille en U et double U pour les pommiers.
    Y a-t-il une justification à cela ? Quel est votre avis sur de point ?
    Je vous remercie par avance pour votre réponse.

    1. Bonjour Alain,

      La conduite en U et double U des pommiers est surtout une question de porte-greffe. Il faut pour cela des porte-greffes adaptés, limitant la vitesse de croissance de l’arbre et ses dimensions finales. Ensuite, l’autre bonne raison pouvant amener à déconseiller ces types de formes, c’est que les fruitiers taillés à répétition (chaque année, voire plusieurs fois par an dans le cas des pommiers conduits) sont davantage sujets à maladies et donc, leur longévité est fortement réduite. Comptez ainsi une vingtaine d’années de vie/production pour un arbre en U/double U, contre 80 ans environ pour une forme de plein vent. Les U et double U ont pourtant une dimension historique puisque La Quintinie les cultivait déjà à Versailles pour le Roi Soleil. Et puis, dans un petit jardin, où la place est comptée, heureusement que ces formes existent ! Elles permettent en effet une belle diversité dans un minimum d’espace !

      1. Re-bonjour Bruno et merci pour votre réponse si rapide et détaillée (à l’inverse de l’auteur pré-cité qui ne répond jamais aux messages qui lui sont envoyés).
        Je vais donc suivre, pour le moment, mon idée de formation en U, sans prétention aucune d’être un jour à la hauteur de Monsieur de La Quintinie 🙂
        En ce qui concerne les scions que je me suis procurés ils sont greffés sur des M9, donc d’après ce que j’ai vu, de croissance lente qui devrait convenir à cette forme.
        J’espère revenir vers vous dans 20 ans pour vous donner des nouvelles de ces pommiers:-)

      2. Bonsoir Alain,

        Les M9 sont parfaits pour les U et double U ! Je ne sais pas de quel auteur vous parlez (et je ne souhaite pas le savoir 😉 ! ) Je veux juste compléter mon propos en vous conseillant un livre ( maintenant un peu ancien, il date de 2005 mais on le trouve assez facilement en occasion – attention au prix !- ) qui explique étape par étape comment former les U et les entretenir. Seul reproche que je pourrais lui formuler: il a été écrit par deux spécialistes des fruitiers et n’est pas si simple d’accès que cela pour le grand public. Mais si vous êtes un jardinier averti, vous y trouverez, je pense, votre bonheur !

      3. Bruno, un très vif merci pour tous ces conseils ! Je vais me procurer l’ouvrage que vous m’indiquez et je tenterai de comprendre, même si je n’ai pas la prétention d’être un jardinier averti – De plus, aidé par vos précieuses fiches je devrais pouvoir m’en sortir et je me permettrais de revenir vers vous pour un avis d’expert si je patauge ☺
        Pour le prix de l’ouvrage il me semble tout à fait raisonnable, surtout par rapport à la soit-disant « encyclopédie » que j’ai déjà évoquée, de 93 pages pour 47,80€. Bref j’ai le sentiment de m’être fait avoir…

  3. Bonjour je vous découvre par hasard sur le net. Nouvellement arrivés sur Lucq de Bearn et novices en matiere d arbres fruitiers nous souhaitons planter des fruitiers en palmette (pommiers poiriers) et des quenouilles
    Vous deplaceriez vous pour nous aider dans notre organisation (varietes, plantation, orientation, espacement entre les arbres, première taille…) ?
    Sinon un grand merci pour vos conseils via votre site ou sur une adresse mail ou lors d une manifestation horticole dans le coin
    .

    1. Bonjour Sylvie,

      Lucq de Béarn est une très grande commune, avec des micro-climats formidables. Les habitations qui bordent la route allant de Navarrenx à Monein jouissent par exemple d’une vue formidable sur les Pyrénées et de températures hivernales bien plus douces que dans le village. Un coin idéal pour créer un superbe jardin. Pour ce qui est des variétés, il faudrait prendre contact avec le conservatoire régional d’Aquitaine. Vous trouverez dans leur catalogue un grand nombre de variétés locales ou oubliées. Je peux également si vous le souhaitez vous mettre en contact avec un couple de « lucquois » passionné de pommiers, poiriers, cerisiers…. Contactez-moi en mp (contact@jardipartage.fr)

  4. Bonjour, je vis dans le Nord est de la France, je souhaite réaliser un espalier de 4 arbres fruitiers voir 5 (pommes, poires, pêches, abricots et éventuellement quetsches) sur le côté de ma maison mais pas contre le mur (j’ai suffisamment d’espace en longueur et largeur).

    Mon interrogation primaire est la suivante: « comment réaliser la structure de mon espalier », quels antérieur, aisé à poser mais suffisamment solide, acheté?
    J’ai lu pas mal d’infos sur le matériel pour paillage de vigne Fenox, cependant, novice que je suis, je ne trouve pas la liste complète du matériel à acquérir et comment le poser exactement.

    Avez vous des conseils à me donner? Merci à vous.

      1. Bonjour,

        Ce sera donc une culture en contre-espalier. Si vous êtes un bon bricoleur, il vous faut:
        – pour la structure globale, des poteaux en acier ou béton (type clôture avec jambe de force, 2 m/ 2 m 50 de hauteur) scellés au sol ou poteaux bois traités autoclaves (imputrescibles) ou en acacia/châtaignier (naturellement très résistants).
        – du fil de fer (en bobines de 25 m) et des tendeurs pour accrocher des longueurs de câble de poteau à poteau. Les lignes de fil de fer sont espacées en hauteur de 40 à 50 cm, la première à une hauteur de 30 cm du sol
        – des tasseaux de bois traités autoclaves à retailler et assembler (en U, double U, trident, à la diable…) pour réaliser le palissage des futures formes fruitières. Ces structures sont attachées sur les différents niveaux des longueurs de fil de fer.
        En ligne, des pommiers en simple U sont par exemple espacés de 60 à 80 cm.

        Bon bricolage :).

  5. à quel période doit on tailler un pommier en espalier?
    est ce maintenant ou attendre février ou autre date?
    comment tailler sachant que mes arbres ont 3 ans et ont eu des fruits cette année?
    merci de me répondre
    J.C. Laforge

    1. Bonjour,

      2 tailles se pratiquent sur les arbres en espalier: l’une en vert (printemps/été) pour contrôler la végétation (retrait des gourmands notamment), l’autre au sortir de l’hiver (février, début mars au plus tard). Cette dernière est une taille de formation et de fructification quand les arbres sont déjà formés. elle vise donc à provoquer l’apparition d’organes qui évolueront en fleurs puis en fruits. Vous expliquer ici la taille en espalier est trop long et complexe. Je vous conseille donc de vous procurer (on le trouve d’occasion) l’excellent ouvrage de J.Beccaletto et D.Retournard « La taille des arbres fruitiers » paru chez Ulmer en 2005. Il est malheureusement épuisé je crois.

  6. Wouai……. C’est bien tout cela. La première année c’est facile, mais lorsque l’on est face à un arbre ancien, il y a une foule de brindilles en tous genres !! Et pour s’y retrouver dans ce foutoir, quelle histoire ! Les manuels c’est toujours simples, mais prenez le en main et allez vous planter devant les arbres avec votre sécateur !!! Fou rire et désolation !

    1. Bonjour,

      Merci pour votre commentaire. Pour reprendre en main votre arbre, taillez à deux yeux toutes les branches latérales qui sont issues des charpentes. Par la suite, en été, procédez à un pincement de ces mêmes branches à 15 ou 20 centimètres de leur base, au-dessus d’un oeil tourné vers l’extérieur de l’arbre.

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