L'étéLe verger

Cerisier: Après le temps des cerises, vient le temps de tailler !

La taille du cerisier est loin de sonner comme une évidence. Ce fruitier, réputé l’un des plus fragiles du verger, réagit mal aux coups de sécateur ! Il en résulte de fréquents écoulements de gomme, suivis du développement de chancres, de bactéries ou encore de champignons. La taille d’un cerisier est donc à effectuer avec mesure. Quand et comment l’effectuer?

Les tailles sur le cerisier et le prunier sont principalement de deux ordres : la taille de nettoyage (ou d’élagage) et celle de raccourcissement (ou taille en vert).

La taille d’élagage

La taille d’élagage revient à débarrasser le cerisier de l’ensemble des branches et des rameaux morts qui l’encombrent, mais aussi à supprimer certaines grosses branches en surnombre devenues gênantes à l’intérieur de la ramure. L’objectif visé est  d’apporter davantage de lumière et d’aérer une ramure devenue dense. La taille d’élagage est à effectuer en moyenne tous les 4 à 5 ans pour les arbres de plein vent, plus fréquemment dans le cas des cerisiers en gobelets.

C’est une taille que l’on préférerait effectuer en hiver, en raison de la bonne visibilité dont on dispose à cette saison sur l’ensemble de la silhouette. Pourtant, il vaut mieux effectuer ces grosses coupes en fin de récolte afin d’éviter les écoulements de gomme intempestifs. En début d’été, la chaleur et la raréfaction des pluies améliorent en effet la cicatrisation des plaies.

Taillez toujours le cerisier en douceur, en limitant vos coupes aux 4 à 5 branches les plus mal placées, celles qui se développent par exemple vers l’intérieur de l’arbre et se croisent inutilement. Utilisez pour cela des outils désinfectés dans l’alcool : une scie arboricole est pratique pour les branches de grosse section.

Taille de raccourcissement, taille en vert

Cette taille est avant-tout une taille de fructification. Elle concerne surtout les variétés jardinées, notamment la forme gobelet.  Elle doit être adaptée à la manière dont l’arbre fructifie. On se concentre donc ici sur les pousses de l’année et on distingue deux cas de figures.

Peu de cerises, souvent tardives

Le cerisier est soumis à un déséquilibre : au printemps, il concentre ses efforts sur la production de longs rameaux mais fructifie peu ou alors tardivement. En mai ou juin, il s’agit par conséquent de raccourcir d’une vingtaine de centimètres les jeunes branches apparues depuis le début du printemps. On ralentit ainsi les afflux de sève vers ces pousses qui sont mises à profit par l’arbre pour améliorer ou accélérer sa mise à fruits.

Beaucoup de cerises, peu de nouvelles pousses

Le déséquilibre observé est exactement le contraire du précédent. L’arbre fructifie en quantité au détriment de la production de nouveau bois. L’année suivante, la récolte est donc souvent maigre : on parle « d’alternance du cerisier » en raison de la production de fruits un an sur deux.  Lorsque les branches et les rameaux sont chargés de fruits, le cerisier concentre ses efforts sur la mise à fruits, au détriment du renouvellement de son bois. Les pousses de l’année sont plus courtes, la vigueur de l’arbre réduite.

La taille de raccourcissement consiste donc à rabattre d’une vingtaine de centimètres, en mai ou juin, les rameaux chargés de cerises, ce afin de rééquilibrer les afflux de sève et de contraindre l’arbre à produire de nouvelles pousses.

Faut-il panser les plaies de taille des cerisiers ?

Les avis des arboriculteurs divergent quant à la manière de panser les plaies occasionnées lors de la taille du cerisier. Pour certains, il est préférable de les laisser cicatriser à l’air libre. Pour d’autres, il vaut mieux les protéger des maladies en y appliquant un badigeon à base d’argile ou un mastic cicatrisant  du commerce.

En réalité, cela dépend surtout de la saison à laquelle est effectuée la taille. L’hiver, la cicatrisation à l’air libre est plus longue et délicate, notamment parce que la période est propice au développement des bactéries et des champignons en raison du froid et de l’humidité ambiante. Il vaut donc mieux dans ce cas désinfecter et couvrir les plaies de taille.

En été, en revanche, les conditions météorologiques sont plus favorables et les risques d’infection plus faibles. Les plaies peuvent tranquillement cicatriser à l’air libre.

Mis à jour le Août 23, 2019 @ 8 h 21 min

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Bruno Nunez

Jardinier du côté de Pau, je jardipartage à travers ces pages ma passion pour les végétaux et l'univers du jardin. Des infos, des expériences, des portraits de plantes, les animaux, le bien-être par les plantes...bref, un peu de tout...Et bien sûr, du bio, rien que du bio, du naturel avec une bonne dose de bon sens !

2 commentaires

  1. Pouvez-vous nous éclairer sur la différence entre arbre en gobelet et arbre de plein vent, personnellement j’ai un doute pour les différencier. Que faire des branches verticales qui poussent sur les charpentières?

    Et pour compléter le cas du cerisier, mes cerises « Napoloéon » sont belles extérieurement mais quand on les ouvre elles sont abimées, de couleur brune. Comment faire l’année prochaine?
    Merci beaucoup Bruno.

    1. Bonjour Danielle,

      C’est très simple ! L’arbre de plein vent désigne généralement un arbre qui est laissé libre de pousser comme il le souhaite ou alors qui a subi une taille de formation sur tronc haut (1 m 60, parfois plus) pour anticiper son ossature. Les cerisiers sont souvent des arbres de plein vent car ils supportent mal les tailles répétées. Avantages: ils produisent beaucoup de fruits, les tailles se limitent à des élagages, leur longévité est grande mais (inconvénients): il faut de la place (6 m de haut ou plus, 5 à 6 bons mètres de diamètre), la récolte est haute (il faut des échelles et le cerisier est l’une des essences les plus cassantes donc dangereuses).

      La forme gobelet est une forme jardinée. Elle tient son nom de sa silhouette comparable à un gobelet. Généralement, ces cerisiers sont formés sur tronc court (50 cm de haut). Avantages: la récolte est facile, à portée de main, les soins et l’entretien sont faciles également, cette forme est parfaite pour un petit jardin. Inconvénient: ces formes jardinées ont une durée de vie plus courte que les pleins-vents, les récoltes sont aussi évidemment moins importantes.

      Quant à vos cerises: ne sont-elles pas parasitées par la mouche de la cerise (un petit vers assez discret. La mouche pond lorsque la cerise commence à mûrir, le ver fore le fruit et se nourrit de la pulpe, le fruit se conserve alors très peu. Pour y remédier; il faut piéger les mouches avec des pièges à phéromones englués (liens aff) au moement des vols mi-mai à mi-juin. C’est très efficace pour limiter les populations adultes et, par ricochets, les stades larvaires.

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