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Comment désherber plus naturellement ?

Une page s’est tournée et nous avons toutes les raisons de nous en réjouir ! Depuis le 1er janvier 2019, la vente de glyphosate est en effet interdite pour les particuliers. Cette molécule herbicide, dont la dangerosité pour la santé a été avérée, est le principal composant de désherbants comme le RoundUp. Désormais, seuls les agriculteurs sont encore autorisés à l’utiliser, à leurs risques et périls, mais pour combien de temps encore ? Du côté du jardin, nous devons maintenant apprendre à faire sans. Coup de projecteur sur quelques alternatives crédibles au glyphosate.

L’huile de coude !

Ne croyez pas à une provocation mal venue ! Le meilleur désherbant naturel reste – et restera – l’huile de coude ! On se penche, on enfonce un tournevis dans la terre près des racines, et on arrache ! Efficace, naturel et économique ! Sauf pour le dos peut-être ?

Couvrir, priver de lumière

Si votre jardin est envahi de liserons, vous aurez beau arracher et arracher, ils reviendront au galop car chaque morceau de racine laissé en terre bouture immanquablement et produit une nouvelle plante ! Le meilleur désherbant pour éliminer ces liserons, comme pour d’autres plantes tout aussi récalcitrantes et invasives, consiste à couvrir le sol d’une bâche noire perméable, ou de cartons, l’espace de six mois. Tout ce qui est dessous va s’asphyxier et ne repoussera pas.

Des désherbants naturels

Dans la Nature, tout s’y trouve déjà ou presque, y compris des plantes capables d’empêcher les autres de pousser. On s’en inspire donc maintenant pour fabriquer des désherbants naturels à base d’acide pélargonique qu’on appelle biologiques. Cette molécule est extraite des pélargoniums (ces faux géraniums) et ça fonctionne plutôt bien. Seule petite contrainte, il faut insister, quitte à passer deux fois à une semaine d’intervalle car ils sont moins puissants que le glyphosate. Mais totalement naturels !

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Un terrasse pavée en proie aux herbes indésirables, ©Jardipartage

Les désherbeurs électriques et thermiques

Une autre solution consiste à recourir au désherbage électrique ou au gaz. Vous faites suivre une rallonge électrique dans le premier cas ou vous achetez une cartouche de gaz compatible avec l’appareil (on ne fait pas n’importe quoi) dans le second cas et vous brûlez vos herbes de manière sélective. C’est très efficace si c’est fait régulièrement.

Premier petit bémol quand même, il faut savoir en amont que les herbes repoussent. Si vous le passez sur des plantes annuelles, ça fonctionne bien. Par contre, dès que vous brûlez une graminée ou une herbe vivace, elle repartira peu de temps après. Il faut donc y revenir.

Deuxième petit bémol, il faut le passer avant que les herbes à brûler ne montent en graines ! Dès qu’elles subissent un choc thermique, les graines ont en effet tendance à germer, c’est une question de survie ! Les premières fois qu’on passe le désherbeur électrique ou à gaz sur une allée, on constate donc paradoxalement de nombreuses repousses ! Il faut y revenir pour les anéantir. Il faut aussi et surtout éviter qu’elles ne montent en graines !

Troisième et dernier bémol, ces désherbeurs ne sont pas franchement neutres pour l’environnement, il faut le savoir : le gaz pollue (un peu), l’électricité moins.

Le vinaigre blanc

Le vinaigre blanc peut aussi s’utiliser pour désherber naturellement. Il faut alors le diluer à 20 ou 30%, soit 200 ml de vinaigre pour 1L d’eau.

Lorsqu’il est correctement dosé, c’est un produit à faible impact pour l’environnement. Le problème, c’est justement que beaucoup de jardiniers ne le diluent pas ! Comme le disait très justement Paracelse, c’est « la dose qui fait le poison ».

Il faut notamment savoir que le vinaigre contient de l’acide acétique. Ce composé se dégrade en acétates et en d’autres acides dans le sol dont l’action et la pollution sont finalement assez comparables à celle du glyphosate. On utilise donc le vinaigre toujours dilué, en petites quantités. Sa période d’utilisation optimale s’étend de mars à juin, lorsque les plantes sont en phase de croissance.

Sachez également que l’acide acétique fait dépérir les parties aériennes (tiges, feuilles) des plantes mais ne les fait pas mourir. Il faut donc compléter l’action du vinaigre en arrachant les racines à l’aide d’une binette.

Mauvaises herbes, herbes indésirables ?

Et si les « mauvaises herbes » n’étaient tout simplement pas une invention de jardiniers trop perfectionnistes ? Dans la Nature, chaque plante a droit à sa place et pendant des siècles, celles que nous considérons désormais comme des herbes indésirables – parce qu’elles s’épanouissent là où on ne souhaite pas les voir pousser – ont soigné et nourri des générations d’Hommes ! Accordons-leur une place, même infime !

5 Commentaires

  1. Mon problème est de me débarrasser de la prêle. Je l’arrache systématiquement quand elle elle a une dizaine de centimètres mais elle repousse systématiquement tout l’été. Impossible de m’en débarrasser. Comme elle se trouve dans une allée gravilonnée, je vais essayer l’eau chaude tout simplement. A voir le résultat.

    • Bonjour Roland,

      Au moins vous n’en manquez pas pour fabriquer du purin 😉 La prêle témoigne d’un sol plutôt compact et acide. Quand elle se plait, elle est, c’est vrai, envahissante. L’eau bouillante ne donnera que des résultats ponctuels. Il faut sans doute changer les conditions qui lui plaisent, notamment remonter le pH du sol si vous le pouvez avec de la chaux agricole ou des cendres. C’est une idée à tester…

  2. « ! Accordons-leur une place, même infime ! »
    Bien d’accord, mais quand on est envahi par des oxalis par exemple, qui squattent tout le terrain, passent à travers le paillis et résistent à tous les désherbants (employés sans succès du temps où ils étaient licites), je pense qu’on a le droit de les traiter de mauvaises herbes !

    Par contre, les prêles ont une force considérable : j’ai eu une épaisseur de 3 sacs en plastique de fumier transpercés par des prêles qui cherchaient la lumière. Mais on en vient facilement à bout en les arrachant en tirant dessus(huile de coude !), et elles produisent un excellent paillis.

    J’utilise surtout le désherbeur thermique pour me débarrasser du lierre : un premier passage pour flétrir les feuilles qui se dessèchent rapidement, puis un second passage quelques jours plus tard. les racines ne survivent pas. Inefficace sur les ronces : les racines ne sont pas atteintes.

    Attention toutefois quand on utilise le désherbeur thermique à respecter les consignes de sécurité incendie !

    • Bonjour,

      L’oxalis est une vraie plaie, vous avez raison. Une fois en place, difficile de s’en débarrasser. On a beau l’arracher, il revient toujours. Sa présence traduit une terre un peu trop acide. Un apport de chaux peut être utile pour enrayer sa progression.
      Pour le désherbeur thermique, je suis assez d’accord avec vous: à manier avec précaution !

      • La terre de mon jardin est assez basique : réaction positive à l’acide : bouillonnement, donc je ne peux pas ajouter de chaux, qui la rendrait vraiment trop basique.
        Je pense que c’est le sous sol qui est acide : tourbe en fond de vallée, sous les dépôts sédimentaires.
        Un voisin avait essayé de déterrer une racine de prêle(qui prolifère mais que j’arrache systématiquement et qui se « fatigue »).
        Arrivé à plus de 1,50 de profondeur, il a renoncé !
        Mais je ne comprends pas pour les oxalis.

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