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L’Abutilon grimpant: 10 mois de fleurs sur 12 !

L'Abutilon grimpant: 10 mois de fleurs sur 12 !
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Originaire d’Amérique du Sud, l’Abutilon grimpant, également connu comme l’Abutilon du Rio grande, (Abutilon megapotanicum) est un arbuste sarmenteux de la famille des Malvacées. Malgré son allure et ses origines tropicales, cet arbuste volubile est plus rustique qu’on ne le pense. A tel point qu’ici, dans le Piémont pyrénéen, il est encore fréquent de le voir fleuri au mois de janvier (quand l’hiver est plus doux que prévu) alors que les températures matinales sont froides. Et c’est bien là justement l’une de ses principales qualités : offrir, en climat favorable, une floraison presque ininterrompue 10 mois sur 12 !

Description

Dans toute famille, on trouve le plus souvent au moins une exception qui déroge aux règles établies. Dans celle des Abutilons, l’exception porte le nom d’Abutilon de Rio Grande. Alors que les membres de cette famille sont habituellement des arbustes d’allure compacte et qu’ils offrent des fleurs visuellement proches des Hibiscus, comme l'Altea syriacusl’Abutilon de Rio grande sort du lot. Par ses longues tiges sarmenteuses, retombantes et arquées, tout d’abord ; par ses feuilles pointues et persistantes ensuite, dentées même et d’un vert coriace alors que celles de l’espèce-type sont palmées à l’image de celles des érables ; par ses fleurs pendantes, enfin,  étonnantes avec leurs teintes patriotiques belges.

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Fleur de l'abutilon grimpant: les sépales sont rouges et imposantes alors que, les pétales, jaunes, sont plus discrets, jardin de Maguy

Les fleurs fermées nous amènent d’ailleurs souvent à confondre cet Abutilon grimpant avec un Physalis, même si ces deux plantes n’ont aucun lien de parenté. Autre curiosité, les sépales, colorés de rouge, relèguent les pétales jaunes au second plan. Enfin, un bouquet d’étamines sombres complète le tableau de la fleur en clochette.

Où cultiver l’Abutilon megapotanicum ?

L’Abutilon grimpant aime les terres riches, légères, drainantes l’hiver mais suffisamment fraîches l’été. Il déteste en revanche les sols compacts  et lourds, tout simplement argileux. Dans ce dernier cas, allégez impérativement la terre  au moment de la plantation, en avril-mai, avec un amendement généreux à base de sable et de compost. L’Abutilon megapotanicum redoute aussi les sols calcaires dans lesquels il a toutes les peines à s’épanouir.

Côté exposition, le plein soleil est possible. Encouragée par une grande luminosité et une forte chaleur, la floraison est alors plus généreuse. Le revers de la médaille est, qu’à l’image d’autres grimpantes avides de chaleur comme l’ipomée vivace par exemple, les fleurs écrasées de soleil ont tendance à se décolorer rapidement. C’est la raison pour laquelle il vaut mieux installer l’abutilon grimpant à la mi-ombre l’après-midi, en lui faisant  profitant de la proximité d’un arbre ou d’arbustes plus hauts que lui.

Pour éviter les casses mais aussi favoriser la floraison, privilégiez un endroit abrité des vents, en particulier des bises hivernales qui abaissent les températures ressenties et réduisent sa rusticité.

abutilon rouge
Un Abutilon magpotanicum hybride: ses pétales sont rosés, jardin de Maguy

Quel entretien prévoir ?

Arrosage

 Si l’Abutilon megapotanicum nécessite globalement peu de soins ; l’arrosage est primordial tant et si bien que l’arbuste marque rapidement la soif en flétrissant se rameaux. Arrosez régulièrement, jusqu’à plusieurs fois par semaine au besoin en plein été, mais sans excès ! L’abutilon grimpant redoute en effet tout autant l’excès d’eau.

Comment le tailler ?

L’Abutilon grimpant supporte bien les tailles répétées, même les plus sévères. La taille la plus efficace, celle qui ne gêne en rien la floraison, consiste à intervenir plusieurs fois dans la saison, en cours de croissance, en vous contentant simplement de raccourcir les sarments les plus longs pour les contenir et maintenir un volume global acceptable et esthétique.

Faut-il prévoir des apports d’engrais ?

Oui. L’Abutilon grimpant est même du genre gourmand. Il apprécie des apports d’engrais réguliers destinés à maintenir sa floribondité. Choisissez un engrais équilibré, riche en potasse (type engrais tomates) qui favorisera tout autant la croissance que la floraison. Fuyez les engrais trop azotés : ils encouragent l’abondance de feuillage au détriment de la floraison.

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Abutilon grimpant sur une clôture, jardin de Maguy

Culture en pot

L’Abutilon megapotanicum accepte parfaitement une culture en pot. Il décore alors joliment un balcon ou une terrasse. Cependant, dans ces conditions, ses racines sont davantage exposées aux intempéries et l’arbuste se montre en conséquence bien moins rustique. Installez-le dans un pot de 30 centimètres de diamètre et autant de profondeur. Disposez une bonne couche drainante sur le fond du contenant et  préparez un mélange composé d’1/3 de terre de jardin, 1/3 de terreau et un dernier 1/3 de compost bien mûr. Terminez la plantation en palissant les sarments sur  une treille ou en les tuteurant solidement.

Que faire de l’Abutilon grimpant l’hiver ?

Les Abutilons megapotanicum cultivés en pleine terre peuvent le rester l’hiver. Disposez simplement à leurs pieds un épais paillis composé d’un mélange de feuilles mortes et de broyats de végétaux pour protéger la souche. Si les parties aériennes grillent avec le gel, la souche sera suffisamment rustique pour repartir au printemps.

Les Abutilons megapotanicum cultivés en pot, plus sensibles au froid, doivent quant à eux être déplacés au pied d’un mur bien exposé ou, dans les régions les plus froides, placés en hivernage dans une serre non chauffée ou sous une véranda.

Quelles associations privilégier ?

Avec son allure et son nom exotiques, nul doute que l’Abutilon du Rio grande est incontournable pour habiller une pergola, une porte en bois, une barrière ou même une clôture. Sa très longue floraison autorise un grand nombre d’associations : placez-le près d’une clématite d’Armand à floraison printanière et d’une autre d’été (Clematis viticella par exemple) : leurs floraisons se succèderont à ses côtés. D’autres plantes volubiles, à forte croissance, peuvent aussi l’accompagner à merveille comme la Suzanne-aux-yeux noirs ou l’ipomée, qu’elle soit annuelle ou vivace

Comment faire des boutures ?

Fin août, coupez un rameau sain, non fleuri, de 10 à 15 centimètres de longueur. Supprimez toutes les feuilles de la base pour ne garder que les 3 à 4 les plus hautes. Retaillez le bas de la bouture en biais, juste au-dessous d’une paire de feuilles. Piquez délicatement la bouture dans un petit pot en terre cuite contenant un mélange léger : moitié terreau, moitié sable. Tassez autour avec les doigts, humidifiez sans détremper et placez à l’étouffée sous un haut de bouteille plastique ou un sac de congélation. Conservez à l’ombre. Dès la reprise de la végétation,  ôtez le couvercle et poursuivez les arrosages. Remisez à l’abri tout l’hiver. Vous pourrez  planter ce nouvel Abutilon à sa place définitive au cours du printemps.

Des maladies fréquentes

Peu sensible aux maladies, l’Abutilon du Rio grande peut néanmoins subir des attaques d’insectes piqueurs-suceurs de sèves. Au printemps, les pucerons se concentrent massivement sur les jeunes pousses tendres. Au cœur de l’été, si le temps est chaud et très sec, des colonies d’araignées rouges peuvent faire leur apparition. Surveillez et traitez au besoin avec un insecticide d’origine végétale compatible avec un entretien raisonné du jardin.

Variétés

Nombreux sont les hybrides d’Abutilon megapotanicum. Leurs clochettes, plus ou moins grandes, leurs couleurs plus ou moins vives offrent un grand choix. Parmi toute cette diversité se détachent des variétés panachées. Moins florifères que les Abutilons grimpants classiques, leur feuillage plus lumineux est d’un grand secours pour déboucher joliment un coin d’ombre.

A propos de Bruno Nunez

Je m'appelle Bruno, je vis du côté de Pau et je suis celui qui partage à travers ces pages ma passion pour les plantes et l'univers du jardin. Des anecdotes, des histoires, des expériences, des portraits de plantes...bref, un peu de tout, autant du côté du potager que de l'ornement...Et bien sûr, du bio, rien que du bio !

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