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Faut-il avoir peur du Gui pour nos arbres ?

Certains jardiniers accusent le gui (Viscum album) de mettre à mort les arbres. On peut plutôt souligner l’importance qu’occupe cette plante parasite dans l’équilibre écologique, notamment pour sa capacité à nourrir les oiseaux.

Le gui parasite l’arbre

Le gui épuise l’arbre quand il est abondant. C’est en fait un bon exemple de végétal hémiparasite, c’est-à-dire qu’il se nourrit de la sève de son hôte sans pour autant l’épuiser totalement. Si vous vous baladez dans la nature, vous verrez en effet des arbres presque totalement colonisés par le gui et pourtant encore bien vivants. Comme quoi le gui n’est pas forcément l’assassin que l’on dénonce.

Sur quel arbre pousse le gui ?

Le gui est facilement reconnaissable. Il forme des boules plus ou moins volumineuses sur les arbres d’ornement (érables, peupliers…) et les fruitiers (pommiers, noyers surtout, plus rarement sur les Prunus (prunier, cerisier) et très peu sur le châtaignier.

Le gui colonise les vergers peu entretenus

Son apparition est un signal d’alarme: il est malade, mal nourri, les conditions de culture ne lui conviennent pas (au niveau de l’exposition ou du terrain), ou tout simplement c’est le signe que l’arbre est trop âgé et en fin de vie. La gêne apparaît surtout au jardin dans les vergers laissés à l’abandon, sans soins.

Découvrez ici nos conseils pour bien nourrir les arbres frutiiers.

Comment vit-il ?

Le gui s’accroche aux branches grâce à ses puissantes racines transformées en suçoirs. Elles s’enfoncent dans l’écorce superficiellement les premières années, puis plus profondément après. Il s’alimente de cette manière en eau et en sels minéraux, sans aucun contact avec le sol. C’est en ce sens qu’il est parasite, mais il faut savoir qu’il fabrique sa propre sève élaborée grâce à la photosynthèse faite au niveau de ses feuilles persistantes.

Comment le gui peut-il pousser ainsi ?

Les oiseaux (notamment les grives et les fauvettes) raffolent des baies translucides. Ils dispersent donc à tout-va à travers leurs déjections les graines enfermées dans la pulpe. Comme cette pulpe est visqueuse, les grains tombant sur les branches restent aussi souvent collés aux bois. Ils germent puis les jeunes plants commencent à enfoncer leurs suçoirs dans l’écorce : c’est le début de la formation d’une nouvelle boule de gui.

baies blanches de gui
Les petites baies blanches du gui sont dispersées par les oiseaux. © H.Braxmeier

Lutter contre le gui

Au verger, c’est sûr, il faut lutter, sinon les arbres s’épuisent peu à peu les récoltes sont de moins en moins abondantes. La seule méthode qui marche, c’est d’arracher régulièrement le gui. C’est d’ailleurs plutôt difficile à faire sur les grands arbres car cela exige d’y grimper ou alors de travailler avec des outils de taille télescopiques peu pratiques à manipuler.

Il faut d’abord couper le gui à ras de la branche à l’aide d’une serpe, d’une serpette ou d’un sécateur. Puis éliminer les suçoirs en curant une partie de l’écorce. Si la plaie est trop large, cicatrisez-la avec du mastic ou un badigeon d’argile.

Tout ça est à faire en hiver, les boules de gui aux feuilles persistantes sont alors facilement repérables dans les arbres nus.

Sur les branches très fortement colonisées, vous pourrez constater des grosseurs. Ce sont en fait des sortes de tumeurs qui ralentissent et gênent la circulation de sève. Même si le gui est éliminé, ces tumeurs ne se résorberont pas. Dans certains cas, il vaut donc mieux supprimer entièrement la branche, en particulier sur les pommiers parce qu’ils sont capables de la remplacer à plus ou moins long terme.

Quelques particularités du gui

  • Seuls les pieds de gui femelles portent des fleurs blanches laissant place en fin d’été à des baies d’un blanc laiteux.
  • Ces petits fruits sont toxiques pour l’homme. On ne leur connaît aucun usage médical.
  • Le gui entre traditionnellement dans les décorations du nouvel an.
  • Une autre tradition veut que l’on s’embrasse sous le gui le jour nouveau. Cela porte bonheur !
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Bruno Nunez

Jardinier près de Pau, je jardipartage à travers ces pages ma passion pour les plantes et le jardin à travers des conseils de jardinage, des astuces, des expériences, des portraits...bref, un peu de tout...Et bien sûr, du bio, rien que du bio, avec une bonne dose de bon sens !

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