Fruits secs

L’amandier au jardin…un rêve de jardinier !

Originaire des montagnes d’Afghanistan et des hauts plateaux de l’Iran, l’amandier (Prunus dulcis) est un arbre à fruits secs. Il peut se planter et se cultiver dans toutes les régions de France, même si on le réserve habituellement au Sud du pays, dans le pourtour méditerranéen ou le midi toulousain, où les températures hivernales douces sont plus appropriées.

Où planter un amandier ?

Avant de planter un amandier, il est essentiel de choisir une variété adaptée au terrain et à l’exposition car, s’il s’agit d’un arbre rustique qui résiste bien aux températures basses, sa floraison très précoce se montre particulièrement sensible au gel, à l’image du pêcher et de l’abricotier. Cette précocité pose d’ailleurs toujours des problèmes.

L’amandier requiert donc des conditions spécifiques pour s’épanouir ; c’est pourquoi il convient de privilégier une situation bien ensoleillée à l’abri des vents froids hivernaux et du début de printemps, qui anéantissent sa floraison. Dans les régions les plus froides, cultivez-le à l’abri d’un mur ou d’une haute haie pour lui faire profiter de températures plus clémentes.

Souvent rêve de jardinier, l’amandier possède l’avantage de pousser en terrain pauvre comme caillouteux, voire calcaire. Son seul défaut concerne ses racines, qui redoutent l’eau stagnante des terres argileuses. Mieux vaut donc le planter en légère butte dans ce type de sol.

Quel porte-greffe choisir en fonction du sol ?

Le choix du porte-greffe est primordial. C’est lui qui garantit une bonne adaptation à votre sol.

Si votre terre est plutôt calcaire et sèche, choisissez un amandier greffé sur abricotier ou sur amandier franc. Pour une terre argileuse ou légèrement acide, préférez une variété greffée sur pêcher.

Comment planter un amandier ?

Pour planter un amandier, commencez par creuser un grand trou carré de 60 cm de côté, puis ameublissez bien le fond en jouant de la bêche. En terrain lourd, il est judicieux d’installer un lit de gravier, puis de le recouvrir d’une bonne couche de sable afin de drainer la motte. Dans tous les cas, quelques pelletées de sable de rivière ajoutées à la terre extraite permettront de l’alléger.

Astuce de jardinier favorisant la reprise : pensez à laisser tremper la motte 15 minutes dans un seau d’eau tiède, ou fabriquez un pralin pour enrober les racines avec un mélange liquide à base d’argile, d’eau et de bouse de vache.

Enfoncez ensuite un tuteur robuste, puis positionnez l’arbre en gardant  le point de greffe 5 à 10 centimètres au-dessus du sol. Rebouchez ensuite le trou avec la terre extraite. Tassez légèrement avec les mains, et formez pour finir une cuvette d’arrosage. Arrosez copieusement, laissez l’eau s’infiltrer puis ajoutez un peu de terre. Protégez le porte-greffe pour le reste de l’hiver en positionnant un manchon de tissu, et paillez le pied de l’arbre.

planter amandier

A l’origine, les amandiers sont autostériles, et nécessitent par conséquent la présence de plusieurs variétés pollinisatrices à proximité. Toutefois, dans les petits jardins, les variétés autofertiles seront plus adaptées.

Des variétés autostériles (à réserver aux grands jardins)

«  Dame de Provence » : produit des fruits à coque tendre, offrant une petite amande d’excellente qualité gustative.

« Aï », également d’origine provençale, est une variété ancienne à floraison tardive, intéressante à utiliser dans les régions où des gelées tardives peuvent survenir.

« Princesse » : dégage de légers arômes de pistache. C’est l’amande utilisée traditionnellement dans la fabrication des calissons d’Aix.

Quelques amandiers à utiliser comme pollinisateurs de ces variétés autostériles : l’excellent « Texas » ou les amandiers créés par l’INRA: « Fraagnes », « Ferraduel », « Ferrastar »

quel amandier planter
Pour obtenir des fruits, le choix du porte-greffe est primordial © Thiery Flickr

Des variétés autofertiles (pour petits jardins)

« Lauranne » : se pare d’une floraison tardive. Cet amandier produit de gros fruits à coque dure à la fin de l’été.

« All in one » : d’origine américaine, fleurit en février-mars, et produit de grosses amandes à coque tendre fin août-début septembre.

« Garden Prince » : est une variété naine, décorative, particulièrement adaptée pour les pots ou les petits espaces. Malgré son gabarit réduit, cet amandier se montre généreux et garantit de grosses amandes à coque tendre qui arrivent à maturité en septembre-octobre.

Prévenir les maladies des arbres à noyaux

Les amandiers sont sensibles aux mêmes maladies que les autres arbres à noyaux : principalement la moniliose, le dessèchement des feuilles de l’abricotier, la maladie criblée (Coryneum)…

La recette est donc la même que pour ces arbres : en prévention, traitez les amandiers à la chute des feuilles et en fin d’hiver, au débourrement, avec une solution de bouillie bordelaise.

Tout le printemps, pulvérisez régulièrement une décoction de prêle. Surveillez également de près l’arbre pour éliminer dès leur apparition les fruits ou les feuilles contaminées.

Mis à jour le Mai 1, 2020 @ 15 h 02 min

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7 commentaires

  1. Bonjour
    Peut-on planter un amandier au pied d’un mur, sans que celui ci ne risque d’être endommagé par la suite?
    Le système racinaire de l’amandier peut-il causer des dégâts? tuyaux d’écoulements et autres passages de gaz?
    Mon amandier voisine maintenant les 6 m de haut, jamais je n’aurai pensé que celui ci pouvait pousser et fructifier dans l’Aisne
    au départ il était juste dans un pot et s’est enraciné (malgré moi) naturellement
    je suis terrifiée à la pensée de devoir le couper…
    Merci de votre réponse
    Edith

    1. Bonjour Edith,

      Tout arbre (quel qu’il soit) développe un système racinaire de plus en plus important au fil des ans. L’amandier n’échappe pas à la règle. Ses racines peuvent donc malheureusement causer des dommages au bâti trop proche ou éventuellement à des canalisations peu profondes. Dans votre cas, un amandier nain aurait été préférable étant donné l’emplacement.

      1. Bonjour Bruno
        Merci beaucoup pour votre réponse rapide
        Cela confirme ce que je pensais malheureusement
        J’aurai dû être plus vigilante ! à savoir, que l’amandier peut pousser même dans le nord de la France
        Belle journée et merci encore
        Edith

  2. Bonjour,
    J’ai planté dans mon jardin bien a l’abri des vents froids il y à 7ou 8 ans un jeune amandier qui maintenant mesure a peu prêt 4 à 5m de haut avec une belle ramure.Malheureusement je n’ai mangé que quelques rares
    fruits.
    Il fleuri très bien et la pollinisation se fait parfaitement en formant presque autant de petits fruits qu’il y a de fleur et là en quelques semaines tout se détache et tombe.J’ai enrichi le sol avec un engrais à base de potasse qui a permis à quelques fruits de grossir , certains sont encore tombés bien avant leur maturité.
    Je ne sais plus quoi faire de cet arbre que j’adore comme j’adore les amandes .
    Qui peu m’aider?

  3. Bonjour ,
    j’aimerais planter un amandier chez moi dans mon jardin. Hélas (?) j’habite en région centre (Indre) et mon jardin …ne possède pas de haie , de mur ou quoi que ce soit qui puisse protéger cet arbre.
    Par ailleurs je souhaite faire pousser cet amandier à partir d’une amande. Mais je ne sais où obtenir une amande …
    J’ai bien essayé de faire germer des amandes décortiquées….Mais en vain !
    Beau coup de problèmes finalement !
    Le mieux serait de me passer de l’amandier ?? Et me contenter de mes pommiers, pêchers, cerisiers qui poussent bien dans ma région ?
    Cordialement

    1. Bonjour Gérard,

      Le problème de l’amandier n’est pas sa rusticité mais bel et bien la précocité de ses fleurs (à l’image des pêchers) qui l’exposent probablement au gel dans votre région. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de le protéger des vents froids et lui trouver un emplacement abrité. Ou alors carrément cultiver une variété naine (comme Garden Price) en pot, ce qui permet de le déplacer rapidement.
      Vous pouvez à mon avis vous procurer des amandes non traités dans une épicerie bio mais il faudra s’assurer de leur fraîcheur. On peut les semer telles quelles dans un substrat léger maintenu humide après les avoir mises à tremper une douzaine d’heures pour augmenter les chances de réussite.

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