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Au chevet des buis: identifiez maladies et ravageurs

Apprécié pour sa croissance rapide et sa facilité d’entretien, le buis est l’incontournable du jardin à la Française. Néanmoins, malgré sa robustesse qui lui a permis de traverser les siècles, les dernières décennies se sont avérées plus problématique pour l’arbuste avec l’apparition de nouvelles maladies et ravageurs contre lesquels il peine à résister.

La pyrale du buis, le phytophage incontrôlable !

Impossible d’être passé à côté de cette petite chenille au corps vert, strié et agrémenté de quelques poils hérissés. La pyrale du buis dévore tout et fait des ravages considérables sur l’ensemble des buis du territoire depuis son apparition voilà plus d’une décennie maintenant !

Détecter sa présence est facile : il suffit d’observer les fils de soie qu’elle tisse dans le buis et les petits grains teintés de vert qu’elle laisse au pied de la plante – ses déjections -. Sans compter que les buis font rapidement grise mine. Il faut dire que les chenilles de la pyrale apprécient tout particulièrement les petites feuilles rondes de l’arbuste, qu’elles dévorent à vue d’œil en seulement quelques jours quand elles sont très nombreuses !

En fin d’hiver, la pyrale apparaît sous la forme de petits cocons verts, bien cachés à l’abri sous les feuilles.

lutter contre les maladies des buis
La pyrale du buis tisse ses toiles à l’intérieur de l’arbuste © Pixabay

Comment agir ?

La meilleure façon d’éliminer ce ravageur est d’ôter les chenilles (ou les cocons) une à une, à la main, dès leur apparition. Efficace et totalement naturel !

Quand elles sont vraiment trop nombreuses, le recours à un insecticide au Bacillus thuringiensis  (produit agréé en agriculture biologique) est indispensable. Après ingestion du produit, la pyrale cesse de s’alimenter et meurt. Respectez un dosage à 0,75g de poudre pour 1 litre d’eau.

Mais surtout, ne restez pas sans agir ! Il est primordial d’apporter votre contribution pour éviter leur multiplication, car 3 à 4 générations peuvent se succéder en une seule année, causant des dommages irréversibles sur tous les buis, pas seulement les vôtres !

Des maladies fongiques destructrices

Volutella Buxi

Ce champignon se manifeste au printemps. Volutella buxi dessèche totalement le buis en s’installant sur ses tiges et ses feuilles. Vous constaterez alors que le buis jaunit d’abord avant de prendre un aspect sec par endroits.

L’attaque se reconnaît aussi à l’apparition d’une poudre légèrement rosée recouvrant les feuilles lorsque le temps tourne à la pluie. Agissez rapidement avant que le champignon ne s’étende à l’intégralité du buis.

Comment agir ?

Quelques gestes préventifs sont à effectuer. Ces conseils sont globalement valables pour toutes les maladies fongiques du buis.

  • Ramassez toutes les feuilles mortes contaminées au pied de la plante : le champignon aime s’y loger en hiver.
  • Taillez toutes les parties desséchées, juste sous la nécrose qui s’est formée. Brûlez ces déchets, ne les incorporez pas au compost!
  • Lorsque vous arrosez le buis, prenez soin de ne pas mouiller le feuillage.
  • Désinfectez très régulièrement tous les outils de taille en passant un chiffon imbibé d’alcool à brûler ou à 70°
  • Attendez que le temps soit bien sec pour tailler vos buis.
  • Au printemps, pulvérisez en prévention toutes les 2 semaines un purin de prêle dilué à 10%, à renouveler plus souvent si le temps est pluvieux.

Phytophtora cinnamomi

Les Phytophtora ne sont pas des maladies spécifiques des buis. Certains attaquent volontiers l’olivier ou des conifères fragiles, comme le faux-cyprès de Lawson. Les Phytophtora agissent toujours de manière insidieuse, en s’attaquant en premier lieu aux racines qui finissent par pourrir.

Ceci empêche donc la sève de circuler jusqu’aux feuilles et entraîne finalement la mort du buis à plus ou moins long terme.

Les Phytophtora apprécient l’humidité stagnante du sol.

Comment agir ?

Une fois la maladie déclarée, vous ne pourrez rien faire pour l’endiguer. Un seul remède existe : la prévention. Pour préserver votre arbuste de ce champignon dévastateur, que ce soit en pot ou en pleine terre, veillez tout d’abord à planter le buis dans un sol bien drainé.

N’arrosez ensuite que lorsque le substrat s’est convenablement asséché : un excès d’arrosage est très souvent à l’origine de cette maladie. N’utilisez donc pas de goutte-à-goutte qui, si il est pratique, génère – quand il est mal réglé – une saturation d’eau.

Ainsi, arrosez régulièrement, mais de manière modérée.

En fin d’automne, nourrissez votre haie ou votre buis avec du compost : des pieds fortifiés sont naturellement plus résistants !

Si le buis subit malgré tout les attaques du Phytophtora, déracinez-le et incinérez-le. Veillez également à enlever et remplacer le volume de terre ayant été en contact avec l’arbuste malade afin de ne pas contaminer la plante suivante.

Macrophoma candellei

Ce champignon se manifeste de diverses façons. Tout d’abord, le buis présente un aspect desséché, par zones ou en totalité. En effet, suivant son stade de développement, Macrophoma peut s’attaquer aussi bien à une jeune pousse qu’à un rameau entier.

De plus, le dos des feuilles présente des sortes de petits granules de couleur noire : ce sont les fructifications du champignon.

Cette maladie  apparaît majoritairement sur des buis affaiblis, soit à cause du gel, soit à la suite d’un entretien peu opportun (taille précoce, rabattage excessif, outils contaminés…).

Comment agir ?

Afin d’arrêter sa progression, commencez par couper les parties touchées. Ramassez scrupuleusement les feuilles mortes se trouvant dans la plante ou à ses pieds. Traitez ensuite à l’aide de bouillie bordelaise ( dosée à 6g / litre d’eau).

Prenez également l’habitude de ne tailler vos buis que par temps sec au cours des mois d’avril, mai et août.

Mis à jour: Déc 5, 2019 @ 14 h 40 min

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Bruno Nunez

Jardinier près de Pau, je jardipartage à travers ces pages ma passion pour les plantes et le jardin à travers des conseils de jardinage, des astuces, des expériences, des portraits...bref, un peu de tout...Et bien sûr, du bio, rien que du bio, avec une bonne dose de bon sens !

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