Plantes grasses et cactus

Faire une toiture végétalisée sur un abri de jardin

Des végétaux cultivés sur un toit, cela peut paraître étonnant. Pourtant, face au réchauffement climatique, on voit fleurir de plus en plus ce type d’installation verte, en particulier sur le toit d’un abri de jardin. Il faut dire qu’il est très facile de faire un toit végétalisé soi-même en plus d’offrir une excellente isolation thermique.

Une toiture végétalisée sur un abri de jardin plutôt que sur la maison

Pour un toit de maison végétalisé, les contraintes de poids sont trop fortes et les enjeux de fuite ou de mauvaise étanchéité trop importants. Mieux vaut donc confier un projet de toit terrasse en haut d’un immeuble ou d’une maison contemporaine à un professionnel du bâtiment.

En revanche, tout est plus simple pour le toit d’un abri de jardin, comme ceux que propose Forest style, car la surface est plus petite et les petits problèmes éventuels pouvant apparaître avec le temps auront moins de conséquences ou pourront être solutionnés très vite.

En auto-construction, il est donc tout à fait possible de faire un toit végétalisé sur un garage, sur un abri de jardin, un abri de voiture, ou même sur la niche d’un chien !

Quels sont les avantages d’un toit végétalisé ?

Ils sont d’abord d’ordre esthétique. Une toiture végétalisée se marie bien à un abri de jardin en bois. Elle permet de le fondre encore un peu plus dans son environnement pour peu que la peinture ou la lasure utilisées soient elles aussi dans des teintes naturelles.

Les autres avantages sont d’ordre pratique. La couche de végétation offre une bonne isolation thermique, réduisant les écarts de températures. Ainsi, à l’intérieur du cabanon, il fait moins chaud l’été, en période de canicule, et moins froid l’hiver, en période de gel.

Les plantes et le support de culture utilisés pour créer cette toiture verte absorbent également une partie des eaux de pluie. Le surplus est filtré et s’égoutte au travers du substrat. Ce dernier agit d’ailleurs comme une véritable éponge, retenant la plupart des polluants atmosphériques.

Ainsi, l’eau récupérée, même si sa quantité est plus faible que sur une toiture normale, est plus pure. Elle peut servir à arroser le jardin.

quelle terre pour un toit végétal
Pour faire un toit végétal, il faut utiliser un substrat léger et drainant. © DepositPhotos

Toit végétalisé : Peu d’inconvénients

Les inconvénients d’un toit végétalisé sont essentiellement liés au poids et aux plantes retenues pour cette réalisation.

Un poids important

La surcharge due au support de culture, aux plantes et à l’eau de pluie après une averse, doit être prévue d’emblée.

L’idéal est de créer la toiture végétalisée sur une charpente solide, avec des chevrons de 6 x 8 cm cloués en parallèle dans le sens de la pente et espacés de 40 cm. Le poids est ainsi mieux réparti sur l’ensemble de la structure.

Cette ossature peut être recouverte de planches de bois brut de 22 mm d’épaisseur clouées dans les chevrons les unes contre les autres. A défaut, il est possible aussi de les remplacer par des plaques ondulées galvanisées ou des plaque en tuiles pour la toiture des abris de jardin.

Une toiture végétalisée à entretenir !

Comme dans un parterre classique, les plantes d’un toit végétalisé vivent, grandissent et meurent. Certaines produisent aussi des déchets. De plus, le substrat, même si toutes les étapes de la réalisation de la toiture sont parfaitement respectées, bouge : avec le vent, avec la pluie et le gel…

Sachez donc qu’un entretien régulier doit être prévu pour nettoyer votre toit végétalisé, planter de nouveaux végétaux, enlever ceux qui sont morts. Vous devrez aussi régulièrement vérifier que les gouttières ne sont pas bouchées afin d’éviter les infiltrations d’eau.

comment créer un toit végétalisé
Comptez environ 2 heures de travail par m² pour créer un toit végétalisé © DepositPhotos

Comment réaliser une toiture végétalisée étape par étape ?

Etape 0 : Quelle est la pente maximale du toit ?

Tous les types de toit ne se prêtent pas à la mise en place d’une toiture végétalisée. Les toits plats, ou avec une pente maximale de 15%, sont parfaits, en particulier pour éviter le glissement et le déplacement du substrat et des plantes vers le bas.

Mais on peut aussi mener ce type de projet écologique sur des toits plus pentus, à condition d’utiliser par exemple des dalles alvéolées ou du grillage qui vont permettre de maintenir en place la couche drainante et les végétaux.

Tout dépend aussi de la surface. Plus cette surface est grande, plus le poids de la toiture verte est important et donc plus le risque de glissement vers le bas augmente.

Etape 1 : Comment assurer l’étanchéité de la toiture végétalisée ?

L’étanchéité du toit doit être parfaite, et même renforcée car il sera difficile, une fois le support de culture et les végétaux en place, d’intervenir pour réparer une fuite.

Avant de remplir de substrat, il faut donc mettre en place une bâche protectrice étanche. Cela peut être une bâche de bassin en EPDM, un matériau résistant proche du caoutchouc, ou en plastique épais. Cette membrane est alors un peu moins résistante mais aussi moins chère.

Mieux vaut éviter les raccords pour limiter les possibilités de fuite. Il faut donc découper la bâche protectrice d’un seul tenant pour couvrir toute la surface, en prévoyant un débordement d’environ 30 cm sur tous les côtés.

Ce débordement va permettre de la fixer facilement sur un cadre fait autour du toit en la coinçant par exemple avec des tasseaux cloués.

On coupe ensuite au cutter les chutes de bâche qui dépassent.

Etape 2 : Faire le cadre autour du toit végétalisé

Il est indispensable de faire un cadre autour du toit végétalisé pour stabiliser le substrat et le retenir en place. Vous pouvez créer votre cadre en métal ou avec des planches de rive en bois mais il durera alors moins longtemps.

La hauteur à prévoir dépend la quantité et de l’épaisseur du support de culture que vous allez utiliser. Pensez à laisser un peu de marge pour que le substrat reste en retrait de 5 ou 10 cm par rapport au haut du cadre.

Etape 3 : Préparer le support de culture et l’étaler

Il faut tout d’abord prévoir une couche de drainage à la fois légère, un peu consistante et poreuse pour stocker les eaux pluviales plus longtemps tout en évitant que l’eau stagne et fasse mourir les plantes.

Une couche 5 cm de pouzzolane, une roche volcanique poreuse disponible en différents calibres, permet d’évacuer l’eau en surplus rapidement. Recouvrez-la d’un feutre géotextile afin d’empêcher la terre de se mélanger et ne pas perdre l’efficacité du drainage.

Pour obtenir un substrat allégé, vous pouvez préparer un mélange :

  • De compost ou de terreau horticole
  • De terre végétale
  • Et de billes d’argile ou de perlite.

Mieux vaut bien humidifier ce substrat avant de l’étaler sur le toit pour éviter qu’il ne s’envole avec le vent. Une épaisseur de 10 à 15 cm suffit.

Selon la pente du toit et afin de le retenir, ce substrat est étalé sur un parterre de dalles alvéolaires destinées à le retenir ou sur des cases réalisées avec des tasseaux de bois.

toiture végétale légère
Pour faire un toit végétalisé léger, choisissez des plantes tapissantes comme les sédums © N.D.Lange

Quelles plantes choisir pour un toit végétalisé extensif ?

Toutes les plantes grasses qui résistent au gel l’hiver et au manque d’eau l’été conviennent pour créer un toit végétalisé Ce sont pour la plupart des plantes grasses.

Il faut également opter pour des plantes extensives, qui s’étalent et forment rapidement un tapis, plutôt que des plantes qui poussent en hauteur. Prévoyez 5 ou 6 godets par mètre carré de surface pour un résultat plus rapide.

Plantez-les en automne ou au début du printemps (avril) pour qu’elles aient le temps de s’enraciner 1 à 2 mois avant d’affronter des conditions de températures plus difficiles.

Voici quelques idées de plantes adaptées à une culture sur un toit :

  • Différentes variétés de Sédums permettront d’obtenir un tapis élégant.
  • La joubarbe des toits n’a jamais aussi bien porté son nom. Sur une toiture végétalisée, elle est superbe !
  • Les ficoïdes et Delospermas, par exemple la griffe de sorcière (en climat doux)
  • De nombreuses plantes de rocaille classiques et globalement toutes les plantes alpines se plaisent dans ces conditions extrêmes : l’euphorbe de Corse, les phlox nain, le gazon d’Espagne, des iris nains, des œillets bas, des campanules et même certaines graminées comme le gazon des Mascareignes, pouvant même donner l’illusion d’une pelouse sur le toit.

3 commentaires

  1. Bonjour, pour une toiture de maison dhevrons/tôles ondulées, quelle plante légère pour végétaliser le toit. Sachant que c’est au SÉNÉGAL entre-sud, donc grosses chaleurs.
    Le propriétaire n’a pas beaucoup d’argent, donc ne peut se lancer dans une isolation avec matériaux onéreux pour lui.
    Que puis-je lui conseiller en PAS À PAS? Merci.

    1. Bonjour,

      Compte tenu de la région et du climat pour ce projet, les sédums et toutes les plantes succulentes basses (les joubarbes notamment) sont les plus adaptées. Le pas-à-pas de la construction est décrit dans notre article.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page