Bassin de jardin

Comment faire un ruisseau artificiel au jardin ?

Qui n’a jamais rêvé de se laisser bercer par le bruit et le mouvement de l’eau qui s’écoule au milieu des arbustes ? Si votre jardin n’est pas traversé par une petite rivière naturelle, sachez qu’il est possible d’en créer une de manière artificielle. Le plus difficile est alors d’éviter des travaux pharaoniques !

Tirer profit de la pente de votre jardin

Pour faire un ruisseau artificiel, Il faut profiter d’une pente naturelle, même légère. Si votre jardin est plat, mieux vaut ne pas envisager votre projet car les travaux de terrassement pour le remodeler complètement plomberont rapidement votre budget et surtout, ils n’auront aucun sens d’un point de vue écologique.

L’eau circule en circuit fermé

Un ruisseau artificiel fonctionne (voir les détails plus bas) en circuit d’eau fermé. L’idéal est donc de creuser 2 petits bassins, un supérieur et un en partie inférieure, entre lesquels s’écoulera votre ruisseau.

Le petit cours d’eau prendra ainsi naissance dans le bassin du haut et viendra finir sa course dans le bassin du bas. Une pompe immergée se chargera de refouler l’eau du bas vers le haut.

Quelle longueur de ruisseau prévoir ?

Tout dépend du budget alloué à la réalisation de votre projet. Si, dans la pratique, votre ruisseau peut atteindre plusieurs dizaines de mètres, les pertes d’eau (risques de fuites, évaporation…) sont importantes et imposent alors de surveiller très régulièrement le niveau de l’eau et d’en rajouter dès qu’il en manque.

Dans tous les cas, la pose d’une bâche PVC sur le fond est indispensable pour éviter l’infiltration d’eau dans le sol. Un lit de galets et de sable permettent ensuite de la dissimuler.

Pour apporter de la fraîcheur dans un petit jardin, il est possible de creuser un ruisseau plus petit, ou même un ruisseau miniature dans certains cas !

Un ruisseau parfaitement intégré au jardin

Pour donner un aspect naturel à votre ruisseau et faire comme s’il était là depuis longtemps, n’hésitez pas, comme dans la nature, à faire varier sa profondeur et sa largeur. Vous pouvez aménager des zones étroites et peu profondes vers le début afin de créer du courant et que l’eau prenne de la vitesse.

Plus bas, élargissez le ruisseau et prévoyez plus de profondeur pour que l’eau retrouve du calme et s’écoule paisiblement.

aménagement d'un petit ruisseau
Au bout de quelques semaines, l’intégration du ruisseau au reste du jardin paraît naturelle ! © Depositphotos

Aménager les berges du ruisseau

Les végétaux contribuent aussi à créer une ambiance naturelle jusqu’à faire croire que la rivière a toujours existé.

Quels végétaux planter sur les berges ? La gunnère est une plante majestueuse lorsqu’elle est installée sur la rive d’un cours d’eau, des nénuphars peuvent vivre dans les zones plus profondes.

Jouez avec une grande diversité de plantes : lotus, laitue d’eau, pontédéries as l’eau ; Hostas, euphorbes, renouée persicaire sur les berges.

Un ruisseau plein de vie !

Afin d’amener un peu de vie dans les différentes parties de cette rivière artificielle, vous pouvez introduire des poissons rouges et des carpes koÏ.

Spontanément, des grenouilles, des crapauds, ainsi que différentes espèces de demoiselles, de libellules et d’insectes, parfois même des couleuvres s’approprieront par la suite cet espace de vie. Vous serez surpris de la biodiversité qui s’installe autour d’un cours d’eau.

Le bruit apaisant de l’eau

Afin d’obtenir le bruit caractéristique de l’eau qui s’écoule, créez des barrages artificiels en posant de grosses pierres en travers du ruisseau.

A cet endroit, un pont permettra d’apprécier toute la beauté de votre cours d’eau. Fabriquez-le par exemple avec des traverses de bois et des rambardes en fer forgé.

ruisseau artificiel au jardin
Dans le bassin du haut, l’eau est refoulée à l’aide d’un jet afin de l’oxygéner © Depositphotos

Le fonctionnement d’un ruisseau artificiel

Attention , avant de vous lancer, ayez conscience que votre chantier peut rapidement prendre de l’ampleur et devenir pharaonique !

Les matériaux à prévoir

Les quantités dépendront de votre projet

  • Liner ou bâche PVC noire
  • Des galets de toutes tailles
  • Du sable gris de rivière
  • Des plantes de berge et aquatiques
  • Une pompe immergée
  • Des gaines PVC diamètre 80 (alimentation électrique et refoulement de l’eau).

Les travaux de terrassement

Un grand bassin (Une profondeur d’1,20 m à 1,40 m est suffisante) situé dans la partie haute de votre terrain peut servir de point de départ et de réservoir pour alimenter votre ruisseau. Creusez-le avec une mini-pelle.

Aménagez les bords en paliers afin de pouvoir installer les plantes aquatiques et de berge. De la même manière, creusez un second bassin au point le plus bas du jardin.

La principale difficulté est ensuite de creuser la longueur totale de la rivière. Si le jardin n’est pas encore aménagé, ces travaux de terrassement peuvent être réalisés avec une petite pelleteuse.

Mais si votre jardin est plus ancien ou que vous ne pouvez pas y faire entrer des engins de chantier, il faudra le creuser à la main afin de ne pas détruire les arbustes et les aménagements déjà réalisés.

Supprimez tous les cailloux, nivelez bien le fond, et terminez les travaux de terrassement en lissant les parois avant de poser un liner en PVC noir. C’est une étape peu évidente.

Aménagez enfin le lit du ruisseau avec des galets et du sable le plus naturellement possible.

L’installation du circuit d’eau

Pour remonter l’eau du bassin inférieur vers le bassin supérieur, un tuyau annelé en PVC de diamètre 80 mm suffit. Il est disponible dans de grandes longueurs (50 m ou 100 m), vous évitez ainsi les raccords et une partie des problèmes de fuites.

Faites-le courir sur le bord du ruisseau depuis le bassin du bas.

Une pompe immergée de 30000 l/h permet d’assurer la circulation de l’eau. Il faut prévoir de l’alimenter en électricité en toute sécurité en tirant un câble depuis la maison ou un abri de jardin. Cette pompe ne doit pas être trop puissante pour ne pas perturber l’équilibre par un jet trop fort.

Un bouillonnement est suffisant pour oxygéner l’eau et créer un courant minimal.

Malgré tous les soins apportés aux travaux, l’étanchéité n’est jamais parfaite. Les pertes d’eau dues aux petites fuites ou à l’évaporation sont compensées une grande partie de l’année par l’eau de pluie mais des apports réguliers d’eau du réseau peuvent être effectués en été.

Faut-il traiter l’eau ?

Vous n’aurez normalement pas besoin de traiter l’eau. En effet, un équilibre biologique s’installe généralement tout seul. L’eau reste claire sans avoir de recours à un filtre mécanique artificiel, surtout si son volume est important.

3 éléments sont à respecter :

  • L’oxygénation de l’eau doit être permanente.
  • S’ils sont nombreux, les poissons peuvent être sources de pollution. Limitez leur population, ils ne doivent alors être nourris qu’occasionnellement tout en étant capables de se débrouiller seuls.
  • Les plantes aquatiques sont intéressantes car elles se chargent d’éliminer les surplus de nitrates.

Si vous parvenez à obtenir cet équilibre, le seul entretien de votre ruisseau consistera à nettoyer régulièrement la crépine de la pompe afin d’enlever les impuretés qui s’y accumulent et à retirer la vase qui peut s’accumuler au fond des zones profondes.

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