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comment faire un jardin japonais

8 principes à respecter pour créer un jardin japonais

8 principes à respecter pour créer un jardin japonais
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Au Japon, le moindre mètre carré de jardin est compté. Ses habitants attachent pourtant une grande importance à leur présence; c’est pour eux un espace de détente empreint d’une forte dimension religieuse et poétique. Sources de méditation ou de retraite, ces jardins permettent de s’extraire momentanément du tumulte de la vie quotidienne. Ils sont d’ailleurs souvent conçus comme de grands tableaux qui se laissent contempler depuis l’intérieur de la maison par de larges ouvertures. Les paysagistes Japonais puisent leur inspiration dans la Nature, en mimant des paysages naturels grandioses qu’ils miniaturisent parfois à l’extrême (lacs, cascades, rivières, montagnes, forêts…). Voici 8 grands principes qu’ils respectent lors de la création d’un jardin japonais.

#1 Les arbres et arbustes persistants

Les arbustes persistants offrent une belle masse de verdure toute l’année et sont beaux en toute saison. Ils servent de toile de fond à la scène ou sont utilisés de manière isolée pour focaliser l‘attention et ainsi constituer la pièce maîtresse autour de laquelle est organisé un coin du jardin.

#2 Les conifères

creer un jardin japonais

Il faut disposer de beaucoup de place pour installer un vénérable Sequoia sempervirens. Les dimensions souvent imposantes des conifères ne permettent donc pas de les planter dans tous les jardins. Ils sont pourtant très appréciés des Japonais qui voient en eux des symboles de longévité. Dans les plus petits espaces, leur présence et leur culture est néanmoins tout à fait possible grâce à des formes miniaturisées (bonsaïs) qui exigent aussi des soins et un entretien très réguliers : le pin noir (Pinus mugo) ou d’autres essences se prêtent bien à la nanification.

#3 Le minéral

composition d'un jardin japonais

Rochers, plaques de schistes, galets de rivière, gravier ou sable ratissé, les jardins japonais réservent une large place au minéral. La disposition et le nombre de ces éléments sur la scène ne doivent cependant rien au hasard et s’avèrent, au contraire, très codifiés.

#4 L’eau

L’eau est incontournable. Son murmure apaise l’esprit ; elle suggère les torrents et les rivières qui descendent des montagnes nipponnes. Lorsque l’installation d’un petit bassin n’est pas possible, l’eau est réduite à ses symboles. Des galets et des rochers soigneusement agencés figurent par exemple le lit d’une rivière asséchée que traverse un petit pont.

#5 Des objets symboles

plantes pour un jardin japonais

La décoration du jardin japonais met en avant des objets fonctionnels. La lanterne est le plus connu. Souvent en pierre taillée, elle prend parfois des dimensions importantes. Les chemins de pierre ( les fameux pas japonais) permettent quant à eux de circuler dans le jardin et de l’admirer sous des angles différents. Les troncs d’arbre, les mousses et les fougères rappellent les forêts primitives qui peuplaient l’archipel.  

#6 Une maîtrise des tailles

jardin japonais conifere taille

L’art topiaire, qui consiste en une taille stricte de certains végétaux, n’est pas propre au jardin japonais. On le retrouve aussi avec le buis dans le jardin à la française. La maîtrise des tailles s’accorde néanmoins très bien avec la rigueur des jardins japonais. On trouve ainsi souvent un arbre ou un arbuste persistant soigneusement taillé en nuage, comme cet épicéa, figurant une sculpture végétale.

#7 Le jardin clos

comment faire un jardin japonais chez soi

Le jardin japonais est toujours soigneusement délimité.  S’il n’est pas encadré de murs, une palissade ou une clôture en marquent les frontières. Des bois bruts, naturellement imputrescibles, seulement dépourvus de leur écorce, sont souvent utilisés : le châtaigner par exemple. Les limites peuvent également être marquées par une haie de persistant (le cryptomeria du Japon s’y prête bien) ou plus simplement par des canisses de bambous.

#8 Les plantes du jardin Japonais

comment faire un jardin japonais d exterieur

Les essences à privilégier pour créer un jardin japonais sont nombreuses et variées. Les sols de l’archipel étant acides, ce sont essentiellement des plantes de bruyère ou acidophiles :

  • Parmi les vivaces et plantes basses : les Hostas, les fougères, Pachysandra, saxifrages, ligulaires,…
  • Pour une pièce d’eau : iris, nénuphar, lotus…
  • Des arbustes : azalée, rhododendron, Camélia, Nandina, Hortensia macrophylla, Hydrangea…
  • Des arbres : les conifères, dont le majestueux Sequoia sempervirens, les érables ( Acer japonicum et Acer palmatum), des cerisiers à fleurs…

Toutes ces plantes offrent un spectacle différent au fil des saisons, avec une apothéose se situant plutôt au printemps lorsque les azalées, rhododendrons et cerisiers sont en fleurs.

Les photos de cet article (exceptée celle des objets symboles, jardin d'Odile.L) ont été réalisées dans le jardin de Kofu à Pau, un jardin japonais restauré en 2012 dans les règles de l'art du jardin japonais.

A propos de Bruno Nunez

Je m'appelle Bruno, je vis du côté de Pau et je suis celui qui partage depuis début 2013 à travers ces pages ma passion pour les plantes et l'univers du jardin. Des anecdotes, des histoires, des expériences, des portraits de plantes...bref, un peu de tout, autant du côté du potager que de l'ornement...Et bien sûr, du bio, rien que du bio !

2 Commentaires

  1. Bonjour Bruno, j’ai l’intention de me faire une fosse pour pouvoir y grouper à la fois mes rhodo, pieris, skimmia et bien sur le roi érable… Mon sol étant limoneux à tendance calcaire, je prévois de remplacer la terre par un mélange de terreau horticole, de compost et de tourbe blonde et éventuellement y ajouter de la terre de bruyère mélangée à ces différents substrats au moment de la plantation.

    Ce substrat est il donc en adéquation avec ces plantes?
    quelle profondeur pour cette fosse serait-il préférable?

    • Bonjour Guy,

      Je ne conseille pas vraiment l’utilisation de tourbe. C’est un matériau fossile, dont les ressources mondiales s’amenuisent au fil du temps, créant parfois des désastres écologiques là où elles sont prélevées. L’idéal serait de remplacer la tourbe par de la terre végétale. Il est à mon avis également possible d’utiliser un mélange de 1/3 de terre d’origine (limoneuse, calcaire) + 2/3 de terre végétale et pailler avec de l’écorce ou des aiguilles de pin pour entretenir l’acidité du sol.

      Pour la profondeur, il faut à mon avis prévoir comme si les arbustes étaient cultivés en pot, soit 50 X 50 cm (largeur/profondeur) pour les rhodos, l’érable, le pieris, un peu moins pour les azalées et le skimmia. Les croissances sont de toute façon lentes dans le cas des arbustes de bruyère.

      Bonne journée,

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