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Carpocapse du pommier

Prévenir naturellement l’apparition du carpocapse

Croquer dans une pomme ou dans une poire véreuse, c’est très désagréable ! Mais c’est assurément meilleur pour la santé que de croquer dans une même pomme ou poire du commerce, esthétiquement parfaite, c’est vrai (quoique gustativement moins bonne) mais au prix de pas moins de 35 traitements (source INRA ) ! De quoi rebuter ! Je préfère donc mes petites pommes véreuses et trouées, sachant qu’il est possible de lutter préventivement et naturellement contre l’insecte foreur responsable du mal.

Les petits trous, pas toujours visibles d’ailleurs sur l’épiderme des fruits, sont l’œuvre de la chenille du carpocapse. Il s’agit d’un papillon grisâtre (Cydia pomonella) qui vole au crépuscule, ce qui rend son action et ses ravages particulièrement sournois.

cydia pomonella
Le carpocapse est un petit papillon dont le vol, au crépuscule, passe bien souvent inaperçu. Image source Wikipedia common creative

Les « vers des pommes et des poires» sont donc en réalité de petites chenilles, au corps rose et à tête plus brune. Elles représentent le stade larvaire du papillon adulte dont le vol de la 1ère génération s’étale généralement d’avril à juillet.

Les femelles pondent directement sur les feuilles et les fruits en formation. A l’éclosion, les jeunes et minuscules larves cherchent très vite refuge à l’intérieur des fruits. Elles percent ainsi un petit orifice,  puis forent une galerie en spirale jusqu’au cœur de la pomme ou de la poire, à l’endroit où logent les pépins. Le fruit est gâché au fur et à mesure de leur croissance et de leurs déjections même si certaines parties peuvent parfois être récupérées.

Il arrive aussi que les pommes, les poires ou les coings ayant subi l’attaque tombent prématurément.

Lorsque la larve en a fini de grandir, elle ressort et se fabrique un cocon à l’abri d’une cavité de l’écorce ou regagne le sol pour passer l’hiver.

Comment lutter naturellement contre le carpocapse ?

Comme souvent, c’est la prévention qui donne les meilleurs résultats. Une prévention en quatre temps.

Sempiternel badigeon

En hiver, l’application d’un badigeon de chaux (également appelé blanc arboricole ) sur le tronc permet d’éliminer les larves restées dans les replis de l’écorce et entrées en dormance. Un badigeon « maison » réalisé à base de cendres tamisées et d’eau est plus discret et tout aussi efficace. Les plus grosses branches peuvent aussi être traitées sans que cela ne dénature visuellement l’arbre.

Piège à phéromones

Au printemps, dès le début du mois de mai, on peut installer des pièges à phéromones pour leurrer et engluer les papillons mâles. On limite ainsi la fécondation des femelles et de ce fait les dégâts occasionnés. Ces pièges se trouvent facilement dans le commerce.

Perturbateurs hormonaux

Le principe  est de diffuser dans l’atmosphère des molécules qui brouillent les signaux hormonaux. Mâles et femelles ne peuvent plus se reproduire : les mâles se confondent, sont déboussolés et ne peuvent plus répondre à l’appel des femelles.

Éliminer les déchets contaminés

En été et automne, enfin, il est important de ramasser rapidement et d’éliminer tous les fruits tombés avant que les vers qu’ils contiennent ne regagnent le sol.

Mis à jour le Mai 19, 2019 @ 11 h 23 min

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A propos de Bruno Nunez

Jardinier du côté de Pau, je jardipartage à travers ces pages ma passion pour les végétaux et l'univers du jardin. Des infos, des expériences, des portraits de plantes, les animaux, le bien-être par les plantes...bref, un peu de tout...Et bien sûr, du bio, rien que du bio, du naturel avec une bonne dose de bon sens !

2 Commentaires

  1. J’ai mis l’année dernière (première récolte) les pommes tombées et bien pourries par le carpocapse au compost , ais je eu tord ? les chenilles y sont elles restées au chaud et vont elles produirent quantité de papillons?

    • Bonjour Sylvie,

      Oui, vaut mieux éviter. Les maladies cryptogamiques et les parasites peuvent se transmettre par le compost. Le seul moyen de tuer des formes hivernantes (larves) ou des germes est de faire monter la température du tas de compost à coeur à son maximum, ce qui se produit quand le tas est énorme, donc rarement dans le jardin de Monsieur-tout-monde. Il faut vraiment prendre l’habitude d’éliminer autrement les fruits malades.

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