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Une prolifération de pucerons et de fourmis sur les feuilles de pommier.

Une prolifération de pucerons et de fourmis sur les feuilles de pommier.

Avez-vous déjà essayé de titiller une colonie de pucerons avec un brin d’herbe ? Non , alors je vous invite à tenter l’expérience  et à prendre le temps d’observer minutieusement le comportement des fourmis qui en prennent soin.

Si les pucerons restent sans réaction apparente, ce n’est pas le cas des fourmis (des insectes sociaux de la famille des hyménoptères) qui repèrent rapidement la source du désordre et se mettent en alerte. Elles chargent ensuite l’intrus à tour de rôle, comme pour lui signifier qu’il faudra d’abord leur passer sur le corps avant de pouvoir toucher au moindre puceron. Comme si, finalement, les  « minuscules » insectes qu’elles protègent étaient leurs propres progénitures !  Mais qu’est-ce qui peut bien motiver autant de sacrifices ?

C’est qu’en réalité le mode de vie des unes ( fourmis) est étroitement lié à celui des autres ( pucerons).

Les fourmis installent les femelles pucerons fondatrices des colonies aux meilleurs emplacements, notamment au sommet des jeunes pousses vertes gorgées de sève. Et elles s’engagent ( c’est peut-être un contrat moral, qui sait ? ;)) à assurer la protection des individus pucerons.

En échange, elles collectent et consomment à volonté le miellat sucré qu’excrètent les petits insectes. Plus qu’un échange courtois, c’est une véritable collaboration, réplique fidèle de la société féodale ! Et malheur à celui qui tenterait de venir croquer du puceron ou chaparder un peu de nourriture. Car les mouches, par exemple, ne s’y trompent pas ! Quand l’infestation de pucerons est grande, il n’est pas rare d’observer leur ballet incessant pour profiter du festin offert. Et les fourmis n’étant pas prêteuses (c’est bien connu), ne savent plus où donner de l’antenne pour  éloigner ces opportunistes !

 Reste que pour les végétaux, la prolifération de pucerons est un véritable fléau qui peut entraîner, dans le meilleur des cas un affaiblissement, et dans le pire, le dépérissement de la plante. Alors jardiniers que nous sommes, ne restons pas les bras croisés ! Agissons !

Pour lutter contre la prolifération des pucerons, au moins deux solutions peuvent être envisagées :

1ère solution : 0 fourmi = 0 puceron ! Un peu de logique, mes amis !

Si les fourmis ne sont pas en mesure de protéger les pucerons, ces derniers ne prolifèreront pas ! Il suffit donc d’empêcher les fourmis de transporter leurs protégés vers les hautes sphères végétales. Sur un arbre fruitier isolé, c’est assez simple ! Je pose personnellement un large bandeau de glu sur le tronc. Les plus téméraires des hyménoptères se sacrifieront en voulant forcer le passage mais l’ensemble de la colonie devra bien vite rebrousser chemin. Méfiez-vous cependant de l’intelligence (qui n’a rien d’artificielle) de ces petites bêtes-là. En témoigne la mésaventure survenue il y a de cela une paire d’année. Le bandeau de glu posé, je m’étonnai d’observer quelques jours plus tard une autoroute de fourmis sur la ramure de mon cerisier et quelques individus, à peine, engluées. En retournant le problème dans tous les sens (entendez par là après quelques grandes minutes d’observation), je m’aperçus que les fourmis avaient trouvé un itinéraire bis. Elles empruntaient désormais le grillage posé autour du tronc qui protégeait l’écorce des griffes des chats et passaient toutes par son seul point de contact avec le tronc ! Il n’y a pas meilleur communicant qu’une fourmi, n’est-ce pas ?

2ème solution : Favoriser la présence de prédateurs des pucerons !

Quoi qu’il en soit, la prolifération de pucerons sur les fruitiers ou sur les plantes potagères traduit un double déséquilibre : dans l’alimentation des végétaux d’une part (le sol est souvent trop azoté) et dans la biodiversité d’autre part : aucun prédateur n’est présent pour réguler les populations.

Quelques conseils pour y remédier.

N’employez des engrais chimiques (riches en azote) qu’à des doses modérées et préférez-leur un compost maison bien mûr ou des engrais organiques. Favorisez ensuite la présence de prédateurs, par exemple en installant en bordure d’allées ou dans des plates-bandes de vivaces, de l’absinthe. Une plante-refuge qui offrira aux coccinelles (les larves sont de redoutables prédateurs de pucerons) gîte et couvert. Les coccinelles s’y trouvant à leur aise proliféreront et seront ainsi à pied d’œuvre pour protéger les cultures ultérieurement. Dans le même esprit, fabriquez ou procurez-vous dans le commerce (touche déco originale garantie) de petits hôtels à insectes qui serviront d’abris hivernaux à tous les précieux auxiliaires. Pas que les coccinelles, les chrysopes aussi et d’autres encore !

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Un commentaire

  1. Un très grand merci

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