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Maladies du poirier: sachez les identifier pour mieux lutter !

Réputé pour ses fruits et sa floraison remarquable, le poirier et un incontournable des vergers. Comme l’illustre le tableau ‘Blossoming Pear Tree’ de Vincent Van Gogh, cet arbre majestueux porte l’une des plus belles floraisons printanières ! Alors afin d’assurer un bon développement de votre poirier, assurez-vous de savoir repérer et traiter les maladies qui peuvent survenir…

Les maladies fongiques

La moniliose

Cette maladie fongique agit de pair avec les insectes : C’est un champignon microscopique qui se développe sur les parties abîmées des fruits (après des piqûres ou des blessures). Evidemment, cela rend les fruits impropres à la consommation, et vous pouvez vous débarrasser de toute votre production… (évitez le compost)

Pour repérer cet infâme champignon, sachez qu’il provoque des pustules blancs en forme de cercle. On peut aussi observer une coloration brune sur l’épiderme et dans la chair du fruit.

Enfin, pour lutter contre cette maladie du poirier, vous devez bien évidemment en premier lieu retirer et éliminer les fruits atteints. En prévention, pulvérisez à la chute des feuilles et au débourrement de la bouillie bordelaise et tout au long du cycle de végétation du purin de prêle.

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Tavelure du poirier ©Jardipartage

La tavelure

Cette maladie qui provoque un assèchement des tissus est facilement identifiable et touche également les pommiers. En effet, elle provoque des tâches brunes et éventuellement des crevasses sur les feuilles de votre poirier au début du printemps. La tavelure est donc effective entre mai et septembre.

Même si il existe des variétés résistantes à cette maladie, récoltez et éliminez toutes les feuilles mortes qui sont tombées pendant l’automne pour limiter sa propagation. De même, faites très attention avec la tavelure car les tâches d’infection sur les poires peuvent elles-mêmes infecter d’autres fruits ! Enfin, privilégiez les zones bien ventilées pour installer votre poirier.

Il est également conseillé de traiter vos poiriers avec de la bouillie bordelaise : respectez le dosage inscrit sur l’emballage. Pour finir, vous pouvez booster les défenses de votre arbre en effectuant 2 à 3 traitements de décoction ou de purin de prêle  (dilué à 10%) durant les mois de Mai et de Juin. Additionnez-lui du purin d’ortie (dilué à 5%) pour un apport d’azote complémentaire.

Un arbre en bonne santé résiste toujours mieux aux maladies ! Faites des apports réguliers de compost sur l’ensemble de la surface qu’il occupe.

 La rouille grillagée

Cette maladie cryptogamique se traduit par des tâches de couleur rouille sur les feuilles et des pustules rougeâtres sous les feuilles, entre le mois de Mai et de Septembre.

Pour lutter contre cette maladie, il est nécessaire de supprimer les dernières feuilles et les rameaux malades en automne. Prenez garde à bien les brûler dans un incinérateur de jardin . Évitez également d’avoir des voisins qui la favorisent : En effet, le Juniperus sabina ou le Juniperus oxycedrus (deux genévriers) sont des refuge naturels de ce champignon en hiver.

De même, vers le début du mois de Mai, vous pouvez pulvériser une bouillie bordelaise  ou encore une décoction de prêle toutes les trois semaines et après chaque grosse pluie.

Le feu bactérien

Au cours du printemps, dès le retour des premières belles journées, les jeunes pousses du poirier se recroquevillent subitement en crosse, puis noircissent, comme brûlés. L’affection progresse ensuite vers la base du rameau, et s’étend plus rarement à l’ensemble de l’arbre entier, pouvant aller jusqu’à sa mort.

Dans un verger amateur, il n’existe malheureusement aucun traitement contre cette maladie bactérienne. Sa progression est en revanche étroitement surveillée par les professionnels des services de santé et de protection des végétaux pour éviter une contamination des vergers  en production.

Les parasites et ravageurs

Le carpocapse

De juin à août, ce parasite est fatal car il pénètre à l’intérieur des fruits et nous empêche de les consommer. Prenez donc garde à bien vérifier si votre poirier n’est pas infesté !

Ce qu’on appelle communément le « ver de la poire » est en réalité une larve de papillon qui se nourrit de la chair des fruits. Il est fort probable d’avoir plusieurs vagues d’infection car la larve se transforme en pupe puis seulement après en papillon.

Afin de lutter contre ce parasite, vous pouvez attirer ses prédateurs. Pour cela, installez des poules sous vos arbres : Elles pourront ainsi manger les larves qui se réfugient au sol pour passer l’hiver. Il est aussi possible d’installer des nichoirs à oiseaux, à chauve-souris, …

Le bupreste

Ce coléoptère phytophage se reconnait aisément car il forme un trou en forme de D dans l’écorce du poirier. Ce grignotage entraîne des languettes, un chancre ou encore un éclatement de l’écorce. Vous pouvez donc remarquer qu’un poirier est infecté s’il y a la présence de galeries en grattant l’écorce avec un couteau.

Pour éradiquer ces parasites, seul un traitement de fin d’hiver à base de blanc arboricole  ou un badigeon de cendres maison est efficace. Cette technique agit aussi sur les pucerons st sur l’ensemble des œufs d’insectes trouvant refuge dans les replis de l’écorce du poirier.

Les cochenilles rouges

On les reconnait les cochenilles grâce à leurs formes caractéristiques : des sortes de pastilles rondes, de couleur blanche et rouge. La branche sur laquelle elles élisent domicile se dessèche jusqu’à mourir.

Pour éradiquer ces parasites vous pouvez brosser les écorces ou encore les asperger de savon noir dilué à hauteur de 5% pour les étouffer.

L’anthonome du poirier

Ce charançon marron assez petit ne mesure que 5 millimètres à peine ! Son mode d’action reste toujours le même : ses larves empêchent au printemps le développement des précieuses inflorescences. Elles bloquent en réalité la fleur à l’état de bourgeon (Celui-ci ressemble à un clou de girofle si vous voulez l’identifier).

La seule technique efficace pour lutter contre ce parasite est le « frappage » (à réaliser en début de septembre, au stade adulte). Pour cela, il vous suffit de vous munir d’un bout de bois, de l’enrouler dans un chiffon et de frapper votre poirier dans le but de faire tomber les charançons sur un drap blanc étendu au sol ou dans un parapluie renversé. Dès le moment où vous détectez des parasites adultes, pulvérisez un insecticide naturel en fin de journée : toujours dilué dans l’eau en suivant les préconisations notées sur l’emballage !

De même, vous pouvez toujours attirer les oiseaux qui se feront une joie de dévorer ce parasite.

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Pamphilides (sortes de chenilles jaunes) à l’action sur un poirier Williams ©Jardipartage

Les pamphilides, des chenilles ?

Du printemps à l’été, alors que les poires sont en cours de formation, des sortes de chenilles beige-jaune à tête noire s’installent en colonie sur l’un des rameaux du poirier. La variété Bon-Chrétien Williams est particulièrement touchée. En réalité, il s’agit de tenthrèdes, des larves de coléoptères (les pamphilides) prenant l’aspect d’une chenille.

Elles tissent une toile qui englobe de nombreuses feuilles. Elles dévorent en premier lieu les feuilles du sommet puis redescendent progressivement vers la base, laissant une quantité de petites déjections noires sur leur passage.

La seule solution pour limiter leur progression est de couper proprement le rameau à la base et de l’incinérer pour supprimer l’ensemble des larves.

La zeuzère

Cet insecte dévore le bois de votre poirier sans pitié ! Toujours le même schéma : l’écorce craquelée du poirier est l’accroche parfaite pour que ce papillon vienne pondre ses œufs donnant naissance à ses chenilles.

La chenille s’enfonce ensuite dans le bois vivant, creuse des galeries et dévore le poirier de l‘intérieur.

Pour éradiquer ce parasite, il existe peu de solutions : privilégiez toujours les prédateurs naturels (oiseaux, guêpes, frelons, …) mangeurs de papillons. Vous pouvez également brûler et couper les branches infestées ou desséchées.

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Psylles au revers des feuilles du poirier ©Jardipartage

Les phytoptes, les psylles

Ces insectes microscopiques (assez rares pour les premiers, plus communs pour les seconds) provoquent des dégâts minimes mais qui peuvent être dérangeants. On les repère lorsque les feuilles sont tâchées d’un vert clair, puis brunissent et noircissent au fil du temps. Vous pouvez également observer des galles sur les feuilles qui se nécrosent en devenant rouges puis noires.

Les attaques sont généralement sans gravité. Cependant, en cas de gêne plus importante, vous pouvez toujours pulvériser une solution à base de savon noir pour limiter les populations.

Mis à jour le Juil 30, 2019 @ 10 h 50 min

A propos de Louise

Je vis à Angers et je suis passionnée par le paysagisme et l'horticulture. Cette passion pour le végétal me pousse d'ailleurs à partir pour quelques mois au bout du monde découvrir les plantes les plus atypiques des chutes du Niagara !

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