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Des coings momifiés…la moniliose !

Des coings momifiés…la moniliose !
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Il y a de cela encore un mois, la récolte de coings semblait prometteuse. Les fruits sains, nombreux et déjà volumineux, commençaient à prendre leur jolie teinte jaune si caractéristique.  Pâte de coings, gelée, le jardinier gourmand que je suis, se régalait à l’avance des délices sucrés qu’ils allaient lui offrir. Seulement, les choses ne sont pas aussi simples. Voilà que,  subitement, s’invite la moniliose, ennemi juré du cognassier et des pommiers …et qu’elle réduit à néant la récolte. La faute à un printemps pourri !

Les symptômes de la moniliose du cognassier

maladie du coing monilioseLe champignon responsable touche des fruits en apparence sains,  qui ont grossi normalement jusque là et sont proches de la maturité. Une tâche de pourriture de couleur brune, d’abord discrète, s’invite sur un flanc du coing. Puis elle s’étend rapidement en se développant de manière concentrique et finit par occuper la totalité du fruit si rien n’est fait. Le coing peut rester ainsi accroché à l’arbre, comme momifié, mais il finit souvent par tomber sous l’effet de son poids.

Le champignon produit également fréquemment des cercles concentriques de couleur beige, en coussinets.   Les fruits sont contaminés les uns après les autres et il faut bien se résoudre à perdre une grande partie ( sinon la totalité) de la récolte car les coings malades cessent leur développement et un traitement aussi près de la période de consommation est à proscrire. En observant les organes autour des fruits, on remarque aussi des feuilles et des rameaux desséchés.

La moniliose affectionne les temps frais et humides !

Le responsable de la moniliose est donc un champignon qui affectionne les conditions humides et fraîches du printemps. Lorsque les fruits momifiés ne sont pas retirés de l’arbre, il trouve là des conditions idéales pour passer l’hiver.

A la reprise de la végétation, en février/mars, même si l’air est frais et surtout si le temps est pluvieux, les germes se réactivent  et contaminent les fleurs et les jeunes pousses, puis les fruits en formation. Son action est indiscernable mais le mal est là !

La moniliose est l’un des fléaux majeurs du cognassier mais il reste aléatoire. Certaines années, quand le printemps est doux et sec, la récolte peut être saine sans même avoir reçu un seul traitement.

Comment prévenir la moniliose ? Comment agir ?

Heureusement, quelques gestes simples permettent de contrarier  les plans du champignon ou d’agir en prévention. Tout d’abord, quand la maladie se déclare, il ne faut pas hésiter à supprimer tous les fruits, surtout ceux momifiés ou tombés, ainsi que les rameaux et feuilles desséchées.

Une action indispensable pour couper l’herbe sous le pied du parasite. En revanche, désinfectez avant et après soigneusement à l’alcool vos outils de taille et ne jetez pas les déchets malades dans le tas de compost, sous peine de le contaminer à son tour. Brûlez, dans la mesure du possible.

A la chute des feuilles ensuite, en décembre, pulvérisez une solution de bouillie bordelaise et insistez bien, en passant au crible toute la ramure, sans oublier les petits interstices. Pulvérisez de nouveau dès le gonflement des bourgeons et la reprise de la végétation. Si  le printemps prochain est vraiment humide, une ou deux autres pulvérisations peuvent être envisagées, par temps sec uniquement et jusqu’au début de la formation des coings.

Le cognassier peut également être affecté par une autre maladie classique qui touche son feuillage: l'entomosporiose.

A propos de Bruno Nunez

Je m’appelle Bruno, je vis du côté de Pau et je suis celui qui partage depuis début 2013 à travers ces pages ma passion pour les plantes et l’univers du jardin. Des anecdotes, des histoires, des expériences, des portraits de plantes…bref, un peu de tout, autant du côté du potager que de l’ornement…Et bien sûr, du bio, rien que du bio !

12 Commentaires

  1. Bonjour,
    Je tombe sur vos échanges en recherchant une explication sur le fait que mes coings sont “picotés” depuis quelques années, que je traite ou non à la BB.
    La majeure partie des fruits présente sur sa surface une zone de points noirs (ce ne sont pas des entrées d’insectes), et dans ce cas, le coing est marron à l’intérieur. J’ai laissé les coings les plus hauts perchés sur l’arbre, et effectivement, ils finissent par pourrir, comme décrit en tête de l’article.
    Cette “picotte” est-elle le signe précurseur de la moniliose ?
    En vous remerciant pour votre partage !

    • Bonjour Valérie,

      J’ai également constaté cette “picotte” (de points noirs) sur mes coings atteints plus tard dans la saison de la moniliose. Je ne saurais malheureusement pas dire si ces taches ont un quelconque lien avec l’apparition du champignon et si elles sont notamment un signe précurseur de son attaque. Je vais tenter dès cet automne un traitement et tiendrai informé les lecteurs des effets produits sur la saison prochaine.
      En vous remerciant pour votre participation !

  2. Bonjour, Tous mes beaux coings sont tombés dès la mi-septembre, toujours même problème : cercles concentriques comme sur la photo, chute des fruits et trop tôt pour les récolter. Par contre en 2013, j’ai eu une belle récolte. Hier j’ai acheté de beaux coings chez un particulier, certains un peu tachés de brun, et horreur, en les coupant je les découvre tous bruns à l’intérieur. Est-ce la même maladie ? Peut-on les consommer ceux-là ? Et la moniliose n’a rien à voir avec le carpocapse alors ? C’était ce que m’avait expliqué mon père….Merci pour les réponses….et évidemment nous aussi on adore la gelée de coing et l’odeur qui embaume la cuisine au moment de la faire !

    • Bonjour Martine,

      Certains coings qui paraissent sains à l’extérieur peuvent être bruns à l’intérieur. Cependant, les quelques taches brunes sur l’épiderme sont le signe de l’apparition du champignon responsable de la moniliose qui évolue ensuite rapidement en cercles concentriques. De rares parties peuvent rester comestibles.

      La moniliose et le carpocapse sont deux entités différentes. Alors que le premier est un champignon qui fait prématurément pourrir les fruits, le second est une petite chenille qui fore le coing en formation. Son passage est marqué par la présence d’une poudre brunâtre à l’entrée de la galerie.

      Contre la moniliose, le traitement phytosanitaire reste le plus efficace. Contre le carpocapse, des pièges à phéromones. En attirant leur prédateur naturel (mésanges, perce-oreilles…) par l’installation de nichoirs accrochés aux arbres, on peut aussi réduire significativement le nombre de carpocapses.

      • Merci beaucoup pour votre réponse. On va donc suivre le conseil de la bouillie bordelaise. Oui je connais les pièges à phéromones, car mes pommes elles sont bien touchées par le carpocapse, presque toutes sont piquées, mais cette année j’ai eu une belle récolte de pommes,même si beaucoup sont tombées. Il faut les consommer de suite, avec le carpo on ne peut plus les garder, alors c’est compotes et tartes à volonté !

  3. Bonjour,
    Moi aussi j’adore mon cognassier planté il y a plus de 10 ans .
    Cette année, la récolte a encore été abondante mais grosse surprise des taches de moniliose sur quelques fruits.
    Nous faisons chaque année des gelées délicieuses . le problème est que la chair les fruits qui extérieurement ont l’air parfaits n’est plus bien uniforme mais comporte des zones plus foncées (comme des pommes trop mûres et blettes) pourtant les fruits restent bien fermes .
    Mon problème est de savoir si c’est toujours possible d’en faire des gelées comestibles.
    Une réponse rapide me serait très agréable.
    Bien cordialement.

    • Bonjour Sylvain,
      Tant que les taches restent localisées, l’utilisation des fruits est possible. Je retire simplement pour ma part la partie abîmée. Cependant, ce qui arrive souvent, c’est que d’aspect extérieur, le fruit a l’air sain et quand on l’ouvre, on découvre que la chair est presque entièrement brune.
      Bonne confection de gelée ! J’adoore la gelée de coings…

  4. J’ai eu le même problème sur mon pêcher. Pas de cloque cette année, j’étais contente ! Mais finalement, nous n’avons pas pu profiter des fruits quasiment tous malades. J’avoue : je ne traite jamais ! Bonne journée

  5. Bonjour,

    Oui, cette année, la moniliose a fait de sacrés dégâts (printemps frais et pluvieux)…même chez une partie de ceux qui ont traité à la bouillie bordelaise !

    Quelques petites précisions sur ce produit qui reste autorisé en bio (mais sans doute plus pour très longtemps) :
    – le cuivre s’accumule dans le sol. Aussi, si l’on traite tous les ans en préventifs, on pollue peu à peu son sol ;
    – la bouillie bordelaise n’est pas sans effet sur nombre d’insectes (dont évidemment des auxiliaires) ;
    – la bouillie bordelaise nuit à la floraison. Il convient donc d’éviter les traitements lorsqu’il y a des fleurs (cela correspond en général à une période préconisée pour les traitements). Il me semble que cette mention figure sur les paquets de BB, mais comme je n’en utilise plus depuis des années, je n’en suis pas sûr.

    En conclusion (je rejoins alors ce que tu dis dans ton article sur la cloque du pêcher), je dirais qu’il vaut mieux ne pas traiter. Il y a des années favorables et d’autres moins…C’est la Nature.

    • Bonjour Gilles,

      C’est vrai qu’il vaut mieux ne pas traiter, tu as sans doute raison. Mais c’est tellement râlant de voir sa prometteuse récolte réduite à néant en peu de temps. Il y a des années avec, il y a des années sans…2013 est vraiment catastrophique !

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