L’entomosporiose du cognassier
L’entomosporiose est avec la moniliose l’une des deux maladies les plus classiques du cognassier et plus globalement des arbres fruitiers à pépins. Elle affecte les feuilles et souvent aussi les fruits en formation de ce bel arbre tortueux que l’on trouvait en bonne place dans les jardins de grand-mères. Découvrez dans cet article l’évolution des symptômes de cette maladie du cognassier et apprenez à le soigner.
- Pourquoi les feuilles se tachent-elles ?
- Comment évolue la maladie sur les feuilles du cognassier ? Chronologie et symptômes
- Les coings en formation peuvent-ils aussi être touchés par la maladie ?
- Une répartition asymétrique des symptômes
- Comment lutter contre l’entomosporiose ?
Pourquoi les feuilles se tachent-elles ?
Le responsable est comme souvent un champignon (l’entomosporium) qui profite des printemps humides et frais pour se développer sur le feuillage. Une fois établi, il affectionne particulièrement les journées chaudes de l’été, notamment si l’amplitude des températures entre la nuit et le jour est importante au point de faire naître au petit matin un semblant de rosée.
Comment évolue la maladie sur les feuilles du cognassier ? Chronologie et symptômes

En juin, dès les premières chaleurs, j’ai constaté une chute massive de feuilles malades sous mon cognassier. Cette défoliation est l’aboutissement d’une maladie qui a démarré très tôt au printemps.
J’ai suivi et photographié l’évolution de cette maladie étape par étape :
J’ai photographié cinq stades représentatifs de cette évolution pour bien voir tous les symptômes :

Au stade 1, la maladie débute par l’apparition de petites taches rondes et brunes, de quelques millimètres de diamètre. La plupart présentent un petit point noir central. Certaines feuilles en sont criblées, d’autres en montrent seulement deux ou trois, mais plus grosses (jusqu’à 5 mm) ;

Au stade 2, les taches s’agrandissent et se rejoignent. J’ai observé qu’elles se concentrent souvent sur la périphérie de la feuille (limbe).

Au stade 3, la feuille comporte maintenant autant de zones brunes et desséchées que vertes.

Au stade 4, encore plus avancé, les taches finissent par s’étendre et se rejoindre, fusionnant en larges plages marron qui finissent par dessécher la feuille entière. La photosynthèse est alors très impactée.

Au stade 5, la feuille est maintenant presque entière sèche. Elle ne va plus tarder à tomber. Mais ce n’est pas systématique d’attendre le stade 5 : j’ai aussi observé des feuilles encore partiellement vertes tomber prématurément. La chute peut intervenir à tous les stades, même quand les taches sont encore localisées.
Les coings en formation peuvent-ils aussi être touchés par la maladie ?

Jusqu’au stade 5, le développement des fruits semble se poursuivre normalement.
Mais si l’arbre à coing est sévèrement atteint (en particulier s’il perd une grande proportion de ses feuilles), alors les fruits peuvent également être atteints : ils arrêtent de grossir, de se développer, se crevassent, se déforment et tombent prématurément.
Une répartition asymétrique des symptômes
En observant de plus près, j’ai remarqué que la maladie ne progresse pas de manière homogène sur l’arbre. Le côté Nord, plus exposé à l’humidité et aux variations brutales de température, est touché plus tôt et plus intensément. Toutes les feuilles y présentent des symptômes, souvent à un stade avancé.

En revanche, au même moment, le côté Sud, abrité par un cerisier voisin, semble bénéficier d’un microclimat. Il est protégé du soleil direct en pleine chaleur, mais aussi des contrastes thermiques plus marqués. Les symptômes y apparaissent donc plus tardivement, et progressent beaucoup plus lentement.

Comment lutter contre l’entomosporiose ?
Pour protéger le cognassier, l’intervention se déroule en plusieurs temps.
Tout au long de l’été et à l’automne, il est d’abord important de ramasser et de se débarasser méticuleusement de toutes les parties atteintes (feuilles et fruits) pour limiter la propagation du champignon aux parties saines.
A la chute des feuilles, une pulvérisation de bouillie bordelaise assainira la ramure de l’arbre.
Enfin, au printemps suivant, une même pulvérisation de bouillie bordelaise doit être faite peu avant la floraison, et reconduite trois semaines à un mois plus tard. Voilà qui devrait freiner les ardeurs de l’entomosporium.






Merci pour les précieux conseil