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L’hélianthi: un topinambour au goût plus fin

L'hélianthi: un topinambour au goût plus fin
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Comme leurs cousins topinambours, les Héliantis (Helianthus strumosus, que l’on peut également orthographier hélianthis) se traînent la mauvaise réputation de légume de disette. Ces plantes originaires d’Amérique du Nord, vivaces et rustiques, produisent pourtant des rhizomes au subtil parfum de cœur d’artichaut. Si les hélianthis méritent assurément que l’on revisite nos goûts culinaires, ce  sont également de superbes plantes ornementales, capables d’atteindre par leur vigueur exceptionnelle 3  mètres de hauteur entre le printemps et l’automne ! Comment les cultiver ?

De hautes tiges coiffées de petits tournesols

En raison de leur fort développement, la culture des héliantis est déconseillée dans les petits potagers. Les héliantis développent en effet à vitesse grand V des tiges rameuses de 2 mètres de hauteur au minimum, souvent bien plus, couvertes de poils rêches, ce qui les rend particulièrement désagréables au toucher. Le développement des souches rhizomateuses est tout aussi impressionnant, notamment à partir du moment où les fleurs apparaissent en fin d’été.

Les feuilles sont lancéolées, dentées, rugueuses, d’un vert profond. Les fleurs apparaissent tardivement, courant septembre, au sommet des tiges. Elles ressemblent à de petits tournesols et confèrent ainsi à l’hélianthi ses qualités ornementales et décoratives.

helianthi fleur
La fleur de l'hélianthi est un tournesol miniature

Quelles différences entre topinambours et héliantis ?

Botaniquement très proches l’un de l’autre, le topinambour et l’hélianti présentent un développement aérien similaire. Pour les différencier, direction donc  les parties souterraines ; car à la différence du topinambour, les tubercules de l’hélianti sont rattachés à la base de la plante par des tiges souterraines plus longues et plus fines. Ils sont également plus lisses et faciles à éplucher. A maturité, ils offrent aux palais des gourmets un subtil parfum de cœur d’artichaut et sont donc un tantinet plus goûteux que les topinambours.   

Où les cultiver ?

Les exigences de culture des héliantis sont en tous points identiques à celles des topinambours. Cultivez-les idéalement dans un sol meuble et profond, riche en matière organique pour subvenir aux besoins importants des ces plantes gourmandes. Ils apprécient également un sol restant frais sans pour autant être humide.

Côté exposition, privilégiez un emplacement ensoleillé, protégé du vent pour ne pas que les hautes tiges se couchent à la première rafale.

helianthus strumosus
Les hélianthis sont de belles plantes ornementales offrant une floraison tardive, enfin d'été et automne

Culture

Quand et comment les planter ?

Plantez les rhizomes d’héliantis au début du printemps, en mars-avril, lorsque le sol commence à se réchauffer. Enterrez-les à 10 centimètres de profondeur en distançant les futurs pieds de 40 à 50 cm, ce qui permettra de laisser suffisamment d’espace à leur fort développement.

Changez d’emplacement chaque année, les héliantis épuisent rapidement le sol !

Quel entretien prévoir ?

Les hélianthis sont globalement des plantes de culture facile, qui ne réclament qu’un minimum d’entretien.

Buttez les souches quand les tiges atteignent 20 à 30 centimètres de hauteur. Vous renforcerez ainsi l’ancrage au sol et par voie de conséquence, la résistance aux coups de vents. Ponctuellement, il sera nécessaire de tuteurer discrètement les plus hautes tiges pour accroître la tenue au vent.  Un bon buttage facilite par ailleurs la récolte.

Les héliantis sont économes en eau : contentez-vous d’arroser uniquement en période très sèche.

En fin d’automne, quand le feuillage a noirci et qu’il commence à sécher, rabattez les tiges à 10 centimètres du sol. Il est alors inutile d’arracher les tubercules car ils se conservent bien mieux dans le sol qu’à l’air libre. Si votre jardin n’est pas envahi de rongeurs, laissez-les en terre et couvrez simplement la souche d’un épais manteau de feuilles mortes pour pouvoir récolter tout l’hiver, même en période de gel.

Quand récolter les héliantis ?

Les tubercules sont prêts pour la récolte puis la consommation 6 à 7 mois après la plantation, ce qui amène aux premiers froids, voire même après le premier coup de gel. La récolte s’étale ainsi de novembre à mars, avant que les rhizomes oubliés en terre ne verdissent et produisent à nouveau racines et tiges au printemps.

Comme pour les pommes de terre, déterrez les souches à la fourche-bêche ou au croc. Prélevez juste la quantité de rhizomes nécessaire à vos besoins; laissez le reste en place.

L’inuline, une molécule peu digeste

Comme les rhizomes du topinambour ou même ceux d’autres plantes de la famille des astéracées pas toujours considérées d’ailleurs par le passé comme des plantes ornementales (je pense ici aux Dahlias), les racines de l’hélianti stockent de l’inuline en quantité. Or, notre organisme ne dispose pas d’enzyme spécifique facilitant la digestion de cette molécule de glucides complexes.

Exposée à l’air et à la lumière, l’inuline évolue rapidement et devient même encore plus difficile à digérer par l’organisme. C’est la raison pour laquelle la conservation en terre des rhizomes est préférable, ou encore qu’ils doivent être rapidement préparés et consommés après récolte. De toute manière, ils se flétrissent rapidement à l’air libre où ils ne se conservent pas au-delà d’une semaine maximum.

Comment multiplier les hélianthis ?

Il est parfaitement inutile de chercher à multiplier les hélianthis. Chaque morceau de racine ou de rhizome laissé en terre se couvre en effet de racines et donne une nouvelle plante dès le milieu du printemps. Ce caractère encombrant et envahissant peut constituer une gêne à la longue, en particulier dans les plus petits potagers.

Ennemis et maladies

Les rongeurs

Les pires ennemis des hélianthis sont probablement les rongeurs qui se régalent des rhizomes laissés en place tout l’hiver. Il faut donc parfois se résoudre à tout arracher en fin d’automne pour  rentrer la récolte en cave, à l’abri de la lumière, et la stocker dans des caisses remplies de sable humidifié.

Les limaces

Les limaces occasionnent ponctuellement, surtout les années où elles pullulent, de gros dégâts sur les racines affleurant en surface et sur les jeunes pousses dont elles raffolent, à l’instar de celles des Dahlias.

L’oïdium

En automne, les feuilles se couvrent régulièrement d’oïdium quand le temps redevient humide et frais le matin, puis chaud en journée. Comme cette maladie cryptogamique n’apparaît qu’à un moment où les tubercules sont déjà formés, elle reste sans conséquence sur la quantité et la qualité de la récolte.

culture de heliantis
Les Hélianthis réussissent bien en bordure d'un mur disgracieux

Quelles utilisations au jardin ?

Les hélianthis ne méritent pas d’être considérés sous le seul aspect de plantes potagères ! Ce sont également, à l’image des tournesols voisins, de belles plantes ornementales. Comme ils sont souvent trop imposants pour les potagers, pourquoi ne pas les installer en bordure de jardin, en haie de séparation ou contre un mur disgracieux dont on souhaite effacer la vue ? Ils permettent ainsi de créer rapidement un écran vert, couvert de fleurs de la fin d’été aux premiers coups de froid !

A propos de Bruno Nunez

Je m'appelle Bruno, je vis du côté de Pau et je suis celui qui partage à travers ces pages ma passion pour les plantes et l'univers du jardin. Des anecdotes, des histoires, des expériences, des portraits de plantes...bref, un peu de tout, autant du côté du potager que de l'ornement...Et bien sûr, du bio, rien que du bio !

3 Commentaires

  1. Merci pour votre article qui est le plus complet que j’ai pu trouver sur l’heliantis. J’ai acheté des plants que j’ai plantés tardivement, ça a poussé mais pas fleuri. Je vais donc laisser en terre et voir ce qui se produira au printemps prochain. Encore merci

  2. l’hélianthus chez moi pullule , il n’est présent que ds un but décoratif . en ce moment, mélangé aux gds asters blancs ou mauves il est du plus bel effet . Chaque année après floraison , j’en arrache beaucoup , mais ils reviennent …..et bien s!ils se plaisent chez moi qu’ils y restent !

    • Effectivement, il est très décoratif l’hélianthi avec ses petits tournesols jaunes. Ce doit être joli en mélange à de grands asters mauves…N’hésitez pas à m’envoyer 1 photo sur contact@jardipartage.fr. Je la placerai avec votre commentaire pour illustrer vos propos toujours très pertinents ! Merci Anne 🙂

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