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Les cistes: une succession de fleurs pendant 2 mois !

Les cistes: une succession de fleurs pendant 2 mois !
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Indissociables de la Méditerranée, les cistes ! Avec leur belle et longue floraison printanière, c’est notamment pour cette raison qu’ils sont tant appréciés au jardin. Naturellement présents dans les garrigues sèches du pourtour de la Grande Bleue, où ces plantes bien rustiques (-10 à -15°C) font office d’excellents couvre-sols, les cistes (famille des Cistacées) forment de beaux petits arbustes aux fleurs en coupe, souvent blanches, et au feuillage persistant. Résistants, ils s’adaptent parfaitement à d’autres climats que le climat méditerranéen, tolérant les embruns comme la pollution urbaine. Des plantes finalement utiles au jardin, comme dans leur milieu naturel. Comment les cultiver, les entretenir et les tailler ?

Une succession de fleurs pendant plus de 2 mois !

Vigoureux, le ciste prend à l’âge adulte une silhouette basse arrondie d’1m50 à 2m de hauteur pour un étalement comparable. Ses rameaux coriaces deviennent tortueux au fil du temps, à l’image du romarin. Après une période de croissance et de floraison printanière importantes, le ciste marque une période de dormance au cœur de l’été avant de reprendre son développement jusqu’à l’entrée dans l’hiver.

Ses feuilles opposées, gris vert sombre, persistent toute l’année. Elles dégagent pour certaines variétés une agréable odeur aromatique dès qu’on les froisse et sont couvertes d’un duvet cotonneux.

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Les fleurs des cistes présentent 5 pétales chiffonnés entourant un cœur d'étamines jaunes. Jardin d'Annie (64)

Les fleurs  roses, blanches ou pourpres des cistes, en coupe, s’épanouissent tout au long du printemps, d’avril à juillet, et parfois, presque toute l’année. Elles ne s’ouvrent malheureusement que l’espace d’une journée. A l’image du liseron de Turquie, le ciste compense ce caractère éphémère par une floribondité importante : de nombreuses fleurs se succèdent ainsi sans discontinuer sur l’arbuste pendant plus de deux mois ! 

Malgré que les fleurs du ciste ne produisent pas de nectar, elles sont pourtant très appréciées des butineurs qui, en se frottant au bouquet d’étamines, se couvrent de pollen.

Où les cultiver ?

Comme tous les arbrisseaux de garrigue (lavande, romarin…), les cistes ne réussissent vraiment qu’en sol bien drainé, même pauvre. Les terrains secs et caillouteux sont même idéaux. 

Installez-les plein Sud, sur un emplacement soigneusement choisi où ils profiteront d’un soleil généreux toute la journée et d’une bonne dose de chaleur. Une fois établi, le ciste déteste déménager !

Quand et comment le planter ?

Plantez le ciste à partir de jeunes sujets en godets ou en conteneurs au cours sa période de croissance, c’est-à-dire de mars à juin ou d’octobre à mi-décembre. En massif, observez un mètre de distance pour lui laisser la place de s’étaler à son aise. Il est inutile d’apporter un quelconque engrais ou fumier à la plantation. Au contraire, les cistes détestent les sols riches et s’accommodent d’une terre ingrate.

Pour une culture en bac, choisissez une variété plus compacte, comme le ciste de Crète ou le ciste du Portugal. Préparez dans ce cas un mélange à parts égales de terre de jardin, sable et graviers. A défaut, la pouzzolane se substitue parfaitement à ces derniers.

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Le ciste argenté forme un buisson d'1m50 de hauteur et autant d'étalement. Jardin d'Annie (64)

Quel entretien prévoir ?

L’arrosage

L’arrosage des cistes doit être suivi le temps de l’installation, toute l’année de la plantation. Par la suite, les cistes se débrouillent par eux-mêmes, leurs racines s’enfonçant en profondeur pour aller rechercher l’eau dont ils ont besoin.

Quand et comment les tailler ?

Comme les lavandes ou les romarins, les cistes vieillissent mal. Sans une taille annuelle au minimum, leurs touffes ligneuses ont tendance à se dégarnir de feuilles à la base. Comme les bourgeons repercent difficilement sur le vieux bois, il devient impossible de rajeunir l’arbuste par un recépage ou une taille sévère.

Des tailles régulières sont donc indispensables, à effectuer en plusieurs temps :

  • Juste après la période de floraison, rabattez le buisson à la cisaille de 15 à 20 cm, pour limiter l’allongement des rameaux ;
  • De septembre à décembre, au cours de la croissance automnale, une ou deux tailles supplémentaires plus légères (10 cm maximum) permettent en climat doux d’ajuster l’arrondi de la silhouette.

Comment bouturer le ciste ?

Le ciste se multiplie au moyen d’une bouture dite à talon ou à crossette. Au mois d’août, choisissez un rameau latéral sain qui commence à se lignifier (s’aoûter). Supprimez toutes les feuilles de la base pour ne conserver que les 3 ou 4 plus hautes.

Piquez les boutures préparées (3 ou 4 par pots) dans un mélange de terreau et de sable. Placez à l’étouffée sous une cloche réalisée à partir d’une bouteille d’eau minérale. Conservez à l’ombre, idéalement à une température de 15 à 20°C. Les racines apparaissent en quelques semaines. Maintenez à l’abri tout l’hiver, sous châssis ou dans un local lumineux et hors gel.

Au printemps, attendez les premiers signes de reprise de la croissance avant de repiquer chaque bouture en godet ou en pot individuel. Cultivez par la suite en pot jusqu’à la plantation définitive en terre, à l’automne ou au printemps suivant.

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Les cistes se plaisent en bordure d'allée ou d'une pelouse. Jardin d'Annie (64)

Comment utiliser les cistes ?

Du fait de leur grande résistance à la sècheresse, les cistes se prêtent bien à la composition d’un jardin sans arrosage. Ils sont aussi classiquement plantés en bord de mer en raison de leur grande tolérance aux embruns.

Dans un massif, ils accompagnent ainsi des arbustes ou des vivaces à floraison printanière qui, comme eux, résistent par la suite à la sécheresse estivale : oranger du Mexique, convolvulus, romarin,… On les installe également en bordure d’allée pour profiter de leurs belles fleurs ou encore dans un environnement plus minéral (en rocailles). Ses racines s’insèrent alors sans difficultés entre les rochers pour aller puiser l’eau plus profondément.

Comme dans son milieu naturel, le ciste peut également être installé sur un talus où il s’avère être un excellent couvre-sol, capable de fixer la terre et de limiter l’érosion ou le ravinement.

Quelles variétés choisir ?

Les variétés de cistes sont nombreuses. Parmi les plus apprécies au jardin, le ciste de Montpellier (Cistus monspeliensis) forme un buisson moyen au feuillage vert sombre très aromatique, à la généreuse floraison blanche.

Le ciste pourpre (Cistus purpureus) se couvre de grandes fleurs rose violacé à macules rouge sombre. Le buisson qu’il forme atteint son apogée au mois de mai, croulant sous un nuage de fleurs.

Le ciste argenté (Cistus argenteus) se couvre quant à lui de grandes fleurs (4 cm de diamètre) d’un rose pâle très lumineux. Il forme avec le temps un buisson étalé, densément feuillu.

Des capsules ignifuges

Si les cistes peuplent depuis toujours les garrigues méditerranéennes, résistant au soleil écrasant qui caractérisent ce milieu de vie exigeant, c’est qu’ils font preuve d’incroyables facultés d’adaptation. Ces plantes ont par exemple développé des capsules de fruits ignifuges. Les graines résistent donc au passage d’un feu. Les cistes figurent ainsi parmi les premières plantes à recoloniser  des parcelles carbonisées, au point de créer parfois des zones entièrement couvertes de cistes que l’on appelle des cistaies.

Les huiles essentielles de cistes

Les peuples grecs et romains connaissaient bien le ciste. Ils extrayaient de certaines espèces (notamment Cistus ladanifer) une résine aromatique, le ladanum (ou labdanum en latin), qu’ils brûlaient comme encens. La filière cosmétique a depuis récupéré à son compte cette trouvaille puisque les huiles essentielles de cistes, à l’odeur de musc animal caractéristique, servent aujourd’hui de base en parfumerie.

A propos de Bruno Nunez

Je m'appelle Bruno, je vis du côté de Pau et je suis celui qui partage depuis début 2013 à travers ces pages ma passion pour les plantes et l'univers du jardin. Des anecdotes, des histoires, des expériences, des portraits de plantes...bref, un peu de tout, autant du côté du potager que de l'ornement...Et bien sûr, du bio, rien que du bio !

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