Légumes racines

Cultiver des pommes de terre sans travailler le sol !

Stéphane est un jardinier passionné qui ne compte pas les heures passées au jardin.  Avide de nouvelles expériences, il s’essaye cette année à une technique de culture qui fait rire ou rêver nombre de jardiniers : la culture de la pomme de terre sans travail du sol. Retrouvez régulièrement son retour…

La culture de la pomme de terre sans travail du sol, quelle idée !

L’inspiration m’est venue en regardant la vidéo d’une conférence de Claude Bourguignon expliquant une technique qu’il utilise et qui lui a été inspirée par les cultivateurs boliviens.

Le passage sur la patate commence à 18’55 », mais j’encourage tout le monde à regarder attentivement cette vidéo dans sa totalité, c’est une mine extraordinaire d’informations pour nous, modestes jardiniers.

Pour rappel, la patate vient de ces jolies contrées lointaines. S’inspirer des peuples qui cultivent la pomme de terre depuis bien plus longtemps que nous n’est pas être une mauvaise idée. Après avoir regardé cette vidéo, j’ai procédé à diverses recherches sur les cultures sans travail du sol et je suis tombé sur deux modes de culture principaux.

Le premier est la culture en tour. Cette technique consiste à monter une tour de terre délimitée par des sacs en tissus, des pneus ou un cadre en bois au fur et à mesure que le plant de patate grandit. J’ai questionné, cherché et lu des retours d’expériences. Dans leur ensemble, au-delà du côté assez ludique, les résultats sont assez décevants. J’ai donc préféré passer mon chemin.

Je me suis alors orienté vers la culture sur gazon et sous compost. Cette technique est tout aussi facile et semble donner des rendements plus intéressants.

Les avantages à cultiver les pommes de terre sous gazon

Une rapide analyse m’a permis de dégager au moins quatre avantages à cette méthode :

pommes de terre sur gazon
Les couches de compost et de BRF conservent mieux la fraîcheur du sol. Photo (c) Fanouch

D’abord, la culture de la pomme de terre, dans sa méthode traditionnelle, est une culture assez difficile, nécessitant une bonne condition physique. Elle oblige à travailler à plusieurs reprises la terre : pour la préparer tout d’abord, pour butter les plants ensuite, puis pour récolter les tubercules. Du coup, s’orienter vers une culture qui allège considérablement l’effort physique est drôlement intéressant.

Ensuite, tous les potagers ne se prêtent pas à cette culture. Certaines terres sont plus délicates que d’autres à travailler. Dans mon cas par exemple, la terre est lourde et argileuse. De plus, la proximité d’un ruisseau empêche la terre de se ressuyer rapidement. Tout travail (mécanique ou manuel) est donc difficile à mettre en œuvre.

Autre avantage, inhérent à toutes les cultures ou un paillage est possible, c’est le moindre besoin d’arroser. En effet, les couches de compost et de BRF gardent plus facilement l’humidité. Le besoin en eau de la culture, même s’il n’est pas nul, est fortement réduit par rapport à culture sur sol nu.

Enfin, et c’est la dernière raison qui m’a décidé à tester les patates sur gazon et qui n’est pas présente dans la technique des tours, c’est le fait que la faune du sol n’est pas bouleversée. Elle est même favorisée. En effet, comme l’explique très bien M. Bourguignon dans son intervention, la faune endogée et la faune épigée sont indispensables au bon équilibre de la terre. Partant de là, j’essaye toujours de chouchouter les auxiliaires les plus précieux et pas toujours les mieux connus des jardiniers (vers de terre, collemboles, carabes, …).

Par où commencer la culture ?

Trouver un bout de terrain…

C’est la première chose à faire, sans doute la plus facile. Un bout de terrain, pas forcément nettoyé, mais qui pourra accueillir les plants. Il faut tout de même prendre soin de tondre l’herbe si celle-ci est trop haute. Je ne suis pas certain que cela soit indispensable pour la culture, mais cela évite des ennuis lors de la pose du compost et des plants.

Déposer un lit de compost sur le sol…

Culture des pommes de terre sur gazon
Dès le mois de janvier, j’ai préparé deux rangées de pré-compost d’une grosse dizaine de centimètres recouverte d’une épaisse couche de BRF. Photo (c) Fanouch

Il est peut-être moins facile pour tous, de récupérer un bon compost à déposer en rangées sur le sol. Personnellement, j’ai préféré m’orienter vers un pré-compost. Ce dernier nécessite une mise en place quelques semaines avant les plants de patates sur la zone que vous souhaitez cultiver.

Utiliser un pré-compost plutôt qu’un compost bien mûr stimule la faune qui continue à décomposer les déchets. Celle-ci ameublit la terre et facilite l’encrage des racines de pommes de terre. La présence de cette faune contribue aussi à faire remonter du sous-sol les nutriments nécessaires à la culture et habituellement remonté par le classique travail de la terre. La couche de BRF, quant à elle, permet de protéger les rangées des pluies encore nombreuses et drues en cette saison et contribue, avec le compost, à étouffer une partie des herbes qui étaient en place il y a quelques semaines encore.

Ce qui saute aux yeux à l’heure actuelle, c’est un mal de dos qui est plus facile à supporter. Certes il n’est pas nul car j’ai du faire un bon nombre d’aller-retours de brouette pour apporter le compost et le BRF sur ma parcelle, mais il est bien moindre que si j’avais du retourner la terre à la main. Tout est maintenant prêt pour accueillir les plants de patates. La préparation peut rester en l’état quelques semaines, sans avoir de nouvelle intervention à faire.

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Mis à jour le Juin 10, 2020 @ 7 h 44 min

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