Fruitiers méditerranéens

Maladie de l’olivier: 7 problèmes décryptés 

Arbre fruitier cultivé depuis l’Antiquité dans le bassin méditerranéen, l’olivier est un arbre vénéré, symbole de paix (comme le laurier noble) – ses rameaux entourent le Monde sur le drapeau de l’ONU – et de longévité – l’olivier de Roquebrune-Cap-Martin aurait plus de 2000 ans. Pourtant, comme tous les fruitiers, sous nos climats, il est fréquemment malade, surtout après une taille effectuée avec un sécateur non désinfecté. Quels sont les symptômes et solutions de chaque maladie de l’olivier ? 

Les feuilles jaunissent

Les feuilles allongées de l’olivier, coriaces et gris-argenté, sont persistantes. Elles restent sur l’arbre pendant 3 ans, avant de jaunir puis de tomber. L’arbre porte donc en permanence un nombre plus ou moins important de feuilles abîmées, vieillissantes, qu’il renouvelle, sans qu’il soit pour autant malade. 

Si des feuilles jaunes, éparses, sont normales, observer une concentration de feuilles jaunes sur des rameaux entiers, ce n’est pas normal ! Cela doit vous alerter sur une possible maladie ou sur un problème d’arrosage, assez fréquent quand on cultive l’arbre en pot.        

Cochenille de l’olivier 

La cochenille noire est un insecte piqueur-suceur de sève, flanqué d’une carapace bombée de couleur sombre. Elle passe presque inaperçue si on n’y prête pas attention. Elle se fixe au printemps sur les rameaux grisâtres (branches et feuilles) de l’olivier et n’en bouge plus si on ne la déloge pas.

La seule chose qui puisse trahir sa présence en nombre, c’est le balai incessant des fourmis qui viennent se délecter du miellat sucré produit par les cochenilles. Il ne s’agit donc pas vraiment d’une maladie de l’olivier; on peut parler d’un problème de parasites.

cochenille olivier
De petits amas ronds et blancs collés aux feuilles de l’olivier sont le signe de la cochenille farineuse, photo Didier M (lecteur)

Attention, car les cochenilles sont parfois blanches ! Il ne s’agit alors pas de la cochenille noire de l’olivier mais de sa cousine, la cochenille farineuse. Cette dernière, de forme ovale, se fixe sur les feuilles et forme de petits amas blancs à l’aspect cotonneux.

Son apparition informe d’un désordre dans les conditions de culture de l’arbre, par exemple si l’olivier en pot est maintenu ou hiverné en intérieur. Doit-on rappeler que l’olivier est exclusivement un arbre d’extérieur, suffisamment rustique pour résister à l’hiver s’il est protégé ou abrité contre un mur bien exposé ?

Pour éliminer les deux types de cochenilles, vous pouvez:

  • griffer le sol plusieurs fois en automne et en hiver pour déranger l’hivernation des larves et les offrir à l’appétit des oiseaux.
  • quand les cochenilles sont là au printemps, passer sur le feuillage un insecticide bio contenant de l’huile de colza  ou du savon noir. Les cochenilles respirent par leur peau; ces produits visqueux mélangés à l’eau les asphyxie. Il vous faut pour cela un pulvérisateur à pression, de l’eau et l’un des deux produits à diluer en respectant le dosage.

Fumagine: des feuilles noires 

La présence de fumagine découle souvent de celle des cochenilles. La fumagine (un champignon) prend la forme d’une poudre noire  qui recouvre les branches et les feuilles de l’olivier et gêne considérablement la photosynthèse.

L’arbre affecté est affaibli, les feuilles durement touchées peuvent tomber. La fumagine n’est généralement pas dangereuse pour l’arbre. Il s’agit d’une maladie de l’olivier mineure, facile à éradiquer.

Pour retirer la fumagine, il suffit simplement d’imbiber un vieux chiffon d‘eau savonneuse (avec du savon noir) et de nettoyer les feuilles. Suivant la taille de l’arbre, cela peut être assez fastidieux. La véritable solution sera surtout d’éliminer durablement les cochenilles.

maladie de olivier feuilles jaunes

Œil de paon ou tavelure de l’olivier 

La maladie de l’olivier appelée œil de paon touche plus particulièrement les arbres cultivés en pot ou en bac, plus fragiles que ceux installés en pleine terre, en particulier face aux excès comme au manque d’eau. De petites taches brunes et rondes, bordées d’un halo jaune, apparaissent sur les feuilles. Un champignon microscopique est à l’œuvre. Il affectionne les temps chauds et humides et se développe davantage à l’automne ou au printemps, deux saisons qui s’y prêtent mieux. Les feuilles touchées finissent par jaunir complètement et tombent.  

Pour lutter contre l’œil de paon, il n’y a pas vraiment de miracle. Seule la pulvérisation de bouillie bordelaise, à la dose de 10g/l, au début du printemps et en fin d’été, est efficace. On la trouve maintenant non colorée, pour un traitement plus discret sur l’arbre. 

Jeunes feuilles mangées, otiorhynque de l’olivier 

Si les jeunes feuilles de l’olivier sont mangées en arc de cercle depuis leurs bordures et que de petits excréments noirs sont visibles, le coupable n’est pas loin.  Il est pourtant difficile de mettre la main dessus malgré une recherche attentive.  

feuille olivier mangee

En fait, le coupable est actif la nuit et se cache en journée au pied de l’arbre ou aux alentours. Il s’agit d’un petit coléoptère noir, l’otiorhynque de l’olivier. Les adultes consomment les feuilles de l’arbre, les larves les racines de vivaces proches. 

Pour arrêter son manège, il suffit d’engluer le tronc à l’aide de bandes collantes ou directement à la glu. Assurez-vous quand même qu’il n’existe pas d’autres accès possibles au feuillage comme des arbustes voisins qui toucheraient votre olivier.

Mouche de l’olivier 

Ce sont les olives qui sont touchées. Une petite mouche, difficile à repérer, volette près de l’olivier en fin de journée. La femelle pond ses œufs dans les fruits en formation. Chaque olive est ainsi potentiellement porteuse d’un ver qui se nourrit de la pulpe. Le fruit finit par pourrir: on ne peut pas le manger ni le presser pour faire de l’huile.

Plusieurs générations de mouches peuvent se succéder au cours de l’année jusqu’à anéantir la récolte. Cette maladie de l’olivier est fréquente en plaine sur le pourtour méditerranéen entre début juin et fin août. C’est même le principal fléau rencontré sur cet arbre fruitier dans ces régions. En prenant de l’altitude (à partir de 500 m), elle est plus rare.

La lutte contre la mouche de l’olivier se fait en deux étapes: 

Posez des pièges à glu

Ces pièges à mouches contiennent un appât alimentaire de couleur verte, ce qui les rend plus facilement repérables par les mouches. Ils aident aussi à détecter à temps l’apparition du ravageur.

Le nombre de pièges à poser dépend de l’exposition du jardin et de la variété, certains oliviers étant plus sensibles à la mouche que d’autres.

En règle générale, 1 ou 2 pièges par arbre suffisent. Accrochez-les à une extrémité de branche, plutôt sur la partie Sud ou Sud-Ouest. L’odeur de l’appât se diffuse plus efficacement en situation ensoleillée. 

Pulvérisez de l’argile verte

Dans un second temps, quand vous êtes certain de sa présence, pulvérisez une solution à base d’argile verte, en insistant sur les fleurs et les fruits en formation.

L’argile agit comme une barrière mécanique et perturbe la ponte. C’est un traitement naturel mais sensible à la pluie. Il faut le renouveler régulièrement.

Bout des feuilles qui sèche

Cette fois, c’est l’extrémité des feuilles âgées (les plus jeunes jeunes ne présentent pas les symptômes) qui est  touchée. Le limbe brunit progressivement depuis l’extrémité en descendant vers la base de la feuille.

maladie olivier bout des feuilles marron
Le bout des feuilles de l’olivier devient marron et sèche. Ce problème spectaculaire est dû à une carence en potassium. Photo: Philippe.L (lecteur)

Généralement, seul 1/3 de la feuille est affecté, la zone de dessèchement s’arrêtant brutalement. Ces symptômes traduisent une carence en potassium, donc un désordre physiologique plutôt qu’une maladie de l’olivier.

Pour corriger le tir, l’idée, c’est d’amender la terre aux pieds de l’arbre, sur l’ensemble de la surface à l’aplomb de la ramure, avec un engrais organique riche en potasse (élément K)

thrips sur olivier
Les jeunes feuilles de l’olivier se déforment, de minuscules insectes noirs sont visibles au revers: le thrips de l’olivier est à l’attaque !

Jeunes feuilles recroquevillées à l’extrémité des rameaux

Les jeunes feuilles situées à l’extrémité des rameaux se recroquevillent avant ou sitôt leur déploiement terminé.

La sève de l’arbre, concentrée dans ces zones de croissance, aiguise l’appétit d’insectes piqueurs-suceurs de sève, en l’occurrence des thrips. Les thrips ne sont pas des insectes spécifiques de l’olivier, on les rencontre aussi fréquemment sur d’autres arbres ou arbustes d’ornement à l’image du laurier-tin (Viburnum tinus). Le thrips de l’olivier s’apparente à une petite mouche ailée à robe sombre (2,5 mm de longueur). Les femelles pondent leurs œufs à la surface des feuilles, le long des nervures.

Les larves et imago piquent ensuite les feuilles pour se nourrir de sève. Les feuilles attaquées se recroquevillent. Cette maladie de l’olivier est plus fréquente par temps sec.

Pour éliminer ces thrips, Dès l’apparition des premiers symptômes, traitez l’extrémité des rameaux avec un insecticide d’origine végétale à base d’huile de colza. La pose de piège à phéromones permet aussi de surveiller et d’anticiper les attaques, plus fréquentes en fin d’été.

D’autres conseils à lire sur l’olivier:

➥ L’entretien d’un olivier en pot
Olivier en pot: quelle quantité d’eau lui donner ?

Mis à jour le Juil 7, 2020 @ 10 h 01 min

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