Jardiner en hiverPotager bio

Comment couvrir le sol du potager en hiver ?

Depuis quelques années, on entend de plus en plus qu’il est important et intéressant de couvrir le sol du potager en hiver, et même dès l’automne, voire toute l’année quand on pousse le raisonnement plus loin.

Pratique peu courante il y a encore une dizaine d’années, l’agroécologie se développe de plus en plus, car elle promeut des méthodes de culture écologiques, efficaces, et durables.

Pourquoi couvrir le sol du potager en hiver ?

La couverture du sol est une des clés d’un jardin agroécologique réussi. Et pour cause ! La couverture du sol possède de nombreux avantages et épargne au jardinier de pas mal de travaux. Cela lui permet par exemple de ne plus fertiliser son potager avec des engrais du commerce, même bio.

En effet, la couverture du sol permet :

  • d’économiser de l’eau en saison sèche, grâce à son effet isolant et protecteur du soleil.
  • de nourrir le sol, par le compostage à froid : c’est le même mécanisme qu’un tas de compost, sauf que la matière organique ne chauffe pas. Cette nutrition du sol permet de libérer des éléments nutritifs pour les plantes, qui pousseront naturellement sans ajout d’engrais.
  • de limiter le désherbage à son minimum : sauf quelques adventices vivaces et coriaces, le paillage empêche les adventices annuelles de pousser. Cela est dû à l’occultation du sol que provoque la mise en place d’un paillis. Sans lumière, pas de vie, et les graines ne germent pas. On peut également pailler directement par-dessus des plantes annuelles en place. Si le paillage est assez épais, elles n’arriveront pas à le percer pour ressortir, et seront décomposées par les habitants du sol.
  • de ne plus travailler le sol : adieu motoculteurs et autres joyeusetés, la couverture du sol laboure tout en finesse votre zone de culture ! En effet, ce seront les bactéries, et les insectes présents dans le sol qui travailleront biologiquement votre sol. En résultera une terre aérée, meuble en profondeur après quelques années, à condition de marcher le moins possible sur les zones de cultures.
comment couvrir le sol du potager
En fin d’automne, continuez de pailler généreusement les planches qui se vident. Étalez une couche de tontes fraîches en mélange de feuilles mortes déchiquetées © jardipartage

Quand couvrir le sol du potager ?

Il est intéressant de couvrir ces zones de cultures dès l’automne venu, en fait. Certaines seront continuent d’être occupées par des cultures d’hiver, mais la plupart se retrouvent souvent laissées à l’abandon et au mauvais temps en attendant le printemps. C’est l’occasion d’en profiter pour couvrir ce sol !

Il existe deux façons principales de couvrir son sol en automne/hiver :

Une couverture de sol vivante !

La couverture dite vivante du sol passe par le semis d’engrais vert dans votre potager. Ces semis s’étalent généralement d’août à octobre, voire novembre sous serre.

Une couverture du sol avec un paillis organique

Feuilles mortes, foin, paille, broyat de végétaux, etc. Il vous suffit de prévoir un tapis de 5 à 20/30 cm de ces matériaux, et d’attendre patiemment le printemps pour réinstaller des cultures !

Vous n’aurez qu’à écarter le paillage et planter s’il s’agit de plantation ; ou écarter le paillage de façon plus importante pour semer s’il s’agit d’un semis. Prenez garde : certains oiseaux adorent venir gratter dans le paillage en place, et recouvrent régulièrement les jeunes semis. Pour pallier cela, j’utilise du broyat grossier de végétaux, plus difficile à remuer, et parfois même du simple grillage posé sur la ligne de semis. Adieu les ennuis !

Les deux techniques présentent des avantages et des inconvénients, et c’est ainsi au jardinier, après quelques années de pratique, de trouver ce qui lui convient le mieux.

Personnellement, je préfère installer des engrais verts (fèves, fèverole, moutarde, phacélie…) car mon sol est très peu fertile et manque cruellement d’azote. Ainsi, je préfère faire pousser des plantes que je faucherai plus tard et que je recouvrirai d’un paillis plus riche en carbone, comme du broyat de végétaux ou encore de la paille.

Cela permettra de nourrir rapidement les plantes que j’installe, et l’effet est garanti ! Le paillis plus riche en carbone permettra d’améliorer le sol au fil des années et offrira ses nombreux avantages cités plus haut.

Pour en savoir un peu plus, je vous invite à retrouver mes explications sur cette vidéo :

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Guillaume Desfaucheux

Rédacteur et jardinier dans le domaine de l'agro-écologie, je transmets ma passion au travers de Jardipartage et de la revue le Potager permacole que je fais vivre.

2 commentaires

  1. Bonjour Bruno,
    Encore et toujours de bons conseils sur le paillage. Bravo!
    Pour ma part venant habiter dans le Gers, sol argileux par excellence sur mon terrain, j’ai peu de paillage encore (question de faire des connaissances dans le pays) à ma disposition, pas assez de feuilles, beaucoup de cartons de déménagement, alors, je couvre mes futures planches de cultures de cartons ainsi que les pieds des arbres plantés, sur une herbe haute de 8 à 9 cm que je recouvre. Après, avec le temps, j’aurais trouvé de la paille, du foin ou de la sciure de scierie.
    Bruno

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