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argiope bruennichi

L’argiope frelon, témoin de biodiversité.

Approchez. Allez, n’ayez pas peur. Venez voir d’un peu plus près. Oh, je devine déjà à la grimace qu’ils font que certains d’entre vous sont « écoeurés » à l’idée d’observer une araignée. Mais il ne s’agit pas de n’importe quelle araignée ! C’est l’un des plus gros spécimens observables dans nos jardins français et peut-être aussi la plus belle espèce de toutes ! L’argiope-frelon (Argiope bruennichi), c’est son nom.

Du frelon, elle a endossé le costume. Une manière de signifier à ses prédateurs – oiseaux surtout – qu’elle est potentiellement dangereuse et que devant elle, il vaut donc mieux passer son chemin.

Argiope frelon
Aquarelle de l'argiope frelon

Reine du tissage, l’argiope frelon fabrique une grande toile géométrique comportant en son centre une zone de fils plus épais, disposés en zig-zag. C’est le stabilomentum. Son rôle reste à définir mais l’on pense qu’il pourrait notamment servir à  rigidifier le piège qu’elle tend.

Car ses proies ne sont pas vraiment minuscules et la toile doit être solide pour les retenir. Sauterelles, criquets, mouches, abeilles….sont ainsi régulièrement au menu de cette épeire.

De ses mœurs, on peut observer qu’elle se tient presque toujours à l’affût au centre de sa toile, tête en bas. On peut également voir qu’il existe entre le mâle et la femelle une grande différence de taille. (un dimorphisme sexuel) Comme souvent dans ce cas, l’accouplement se termine généralement mal pour monsieur, dévorée par la belle, s’il n’a pas pris la précaution de fuir suffisamment tôt.

A ce stade, j’invite tous ceux dont la curiosité est désormais attisée par les mœurs de cette argiope-frelon à lire l’excellent article publié sur le site Antiopa.

Car moi, j’ai choisi de vous parler ici du rôle de l’argiope, celui d’un témoin. Un témoin de biodiversité et de bonne santé du jardin. Pour clarifier mon propos, imaginons une situation, sommes toutes assez banale.

Monsieur –ou madame – est un maniaque pour son jardin. Il aime les pelouses impeccablement tondues et les haies – souvent constituées d’une même espèce végétale – parfaitement taillées.

Voilà très justement ce que craint l’argiope-frelon.

Au contraire, cette araignée ne pointe le bout de ses chélicères  que si on lui offre un espace de hautes herbes, de friche, plutôt au soleil et donc au chaud. Mais avant qu’elle ne s’installe, le jardinier doit au préalable attirer son garde-manger (sauterelles, criquets…), ce qui ne risque pas d’arriver si la pelouse est rase.

On retrouve donc cette araignée à son aise dans les massifs ensoleillés, par exemple parmi les sédums spectabile, des plantes mellifères qui offrent en plus sur un plateau à notre argiope une large diversité de proies. De la même manière, elle se retrouve fréquemment dans les massifs de lavandes, des plantes qui sont de véritables sanctuaires à bourdons et à abeilles.

A propos de Bruno Nunez

Jardinier passionné depuis ma plus tendre enfance, je vous livre dans ces pages mes expériences réussies ou mes vrais échecs, des anecdotes, des astuces ou encore des infos pratiques,…

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