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Et si cela ne servait à rien de lutter contre la cloque ?

Et si cela ne servait à rien de lutter contre la cloque ?

Je regarde d’un air affligé le thermomètre extérieur en ce début d’après-midi. Nous sommes le 18 mai et il ne fait que 11 petits degrés ! Il pleut sans discontinuer depuis ce matin. De quoi miner le moral, même des jardiniers les plus enthousiastes !

Qu’on se le dise : ce printemps 2013 est triste, pluvieux et, un comble, presque « automnal » ! Un printemps propice au développement de maladies sur les arbres fruitiers. Parce que les parasites raffolent de cette humidité continue et de ces températures froides ! Particulièrement la cloque du pêcher, le problème majeur de cet arbre.

Originaire de Chine et ramené en Europe par les Grecs à l’époque d’Alexandre le Grand (IV ème siècle avant JC), le pêcher est un fruitier qui a un besoin viscéral de chaleur. Du temps de François 1er ( XVIe), on en cultivait déjà 40 variétés en France et les sélections menées depuis la Renaissance par les générations de pépiniéristes passionnés ont permis de l’acclimater à notre pays et de porter le nombre de variétés cultivées aujourd’hui à plus de 300 pour le seul hexagone.

Mais l’offre pléthorique proposée par les pépiniéristes ou les jardineries ne doit pas nous faire oublier pour autant que les origines de cet arbre et le besoin de chaleur restent ancrés dans son patrimoine génétique.

J’avais ainsi reçu en cadeau il y a quelques années (3/4 ans), un jeune pêcher de vigne, issu du semis d’un noyau. La pêche de vigne, une variété rustique, présente une chair juteuse et sanguine. Je ‘l’avais installé sans tarder, sans réellement me préoccuper des conditions de culture (sol, exposition..) que je lui offrais, dans un coin de mon verger en espérant le voir grandir.

Mais dès le premier printemps, la cloque fit son apparition. De grosses boursouflures rougeâtres se développèrent sur la quasi-totalité du feuillage qui tomba prématurément avant qu’une seconde génération de feuilles ne vienne provisoirement faire oublier le mal.

Juste…oublier parce que la maladie refit ainsi son apparition à chaque printemps, malgré les traitements préventifs de bouillie bordelaise effectués à la chute des feuilles en automne, la pose de filets de coquilles d’œufs sensés réduire les attaques et même l’incinération des rameaux les plus atteints dès que le mal se déclarait.

Au bout d’un moment, il me semblait vain de lutter. Il était clair que jamais cet arbre ne pourrait porter de fruits ! Pire, il s’affaiblissait progressivement et je le savais condamné. Je ne pouvais pas me résoudre à le voir mourir…

pêcher de vigne en potC’est à l’automne 2012 que son histoire a pris une tournure différente. J’ai décidé de déterrer la motte et d’installer ce pêcher dans un grand contenant. (préparation d’un mélange maison à parts égales de sable jaune/cailloux type gravier à béton et terre argileuse de mon jardin). Et la surprise fut de taille, au-delà de mes espérances.

Abrité des vents froids hivernaux et de la pluie contre un mur exposé au Sud, le feuillage développé dès le début du mois de mars est sain et l’arbre se couvre d’une dizaine de fleurs. Rapidement, elles évoluent même en petites pêches qui grossissent de semaines en semaines. Le changement est radical ! Sans aucun traitement ou quoi que ce soit d’autre, la cloque a disparu ! L’entretien se limite à quelques arrosages réguliers.

Alors voilà qui, finalement, me fait m’interroger sur l’efficacité des traitements, sur la lutte contre les parasites…Ne pensez-vous pas qu’il est peut-être parfois vain de lutter … ? Et s’il suffisait simplement d’offrir au fruitier les conditions optimales à son épanouissement plutôt que d’essayer de le cultiver coûte que coûte et souvent contre-nature, sous un climat, dans une terre, sous une exposition… qui ne lui conviennent pas ?

10 commentaires

  1. C’est ce qui rend le jardinage aussi passionnant, en tout cas le jardinage naturel qui nous “oblige” à mettre le bien être des plantes au centre de nos pratiques. J’ai eu exactement le même problème avec 2 pêchers de vigne et votre témoignage m’aide à réfléchir pour améliorer encore mes pratiques…
    Bon jardinage

    • bjr,

      pour la cloque du pecher, le probleme ,c est que cela affecte la fructification; une amie tres versee ds le naturel m a donne cette astuce qui marche, a condition de la renouveller; mettre des coquilles d oeuf ds un filet et l accrocher ds l arbre; au bout de qq jours la cloque disparait,a f

      • Bonjour,

        Et merci pour votre commentaire. Pour ma part, j’ai essayé l’astuce des coquilles d’oeufs sur mon pêcher…sans succès. Voilà pourquoi j’ai préféré plutôt lui offrir de meilleures conditions de culture.

  2. “Et s’il suffisait simplement d’offrir à l’être humain les conditions optimales à son épanouissement plutôt que d’essayer de le dominer coûte que coûte et souvent contre-développement c’est-à-dire ….dans un environnement trop rigide, un territoire exposé aux agressions, sous l’autorité d’une personne non exemplaire… autrement dit, tout ce qui ne lui conviennent pas ?”

    Merci pour votre inspiration à révéler votre pensée concernant la culture agro alimentaire. Pensée qui est totalement possible de transposer dans la culture du management.

    Bonne continuation,

    David

  3. Pour combattre la cloque j’utilise du Megagreen, cela fonctionne très bien . Mon expérience, j’ai laissé s’installée la maladie jusqu’à la fameuse cloque . J’ai traité avec le produit et quelques jour après j’ai remarqué que la partie cloquée aller changer de couleur( elle virait au brun ) de ce fait elle était anéantie. Mais il faut garder en tête qu’elle pourrait faire son retour quelques mois après et pour cela j’ai fait encore deux traitements qui couvraient la deuxième période critique pour cette maladie.

  4. PS
    Le produit Megagreen est fabriqué avec des algues de la mer que l’on propulse . Cette poudre devient aussi fine que la farine voir plus. C’est un produit naturel .

  5. Bonjour et merci de votre article sur la cloque du pêcher (je suis arrivée par hasard sur votre site particulièrement intéressant!). Dans notre petite cour intérieur, très ensoleillée du mois d’avril à fin septembre, un pêcher de vigne a fait une apparition inattendue (en 2010): il y a une grande vigne qui a été installée – il y a une cinquantaine d’années – contre un mur orienté sud-ouest et elle forme une treille à environ 5 ou 6 mètres, au-dessus de la fenêtre de la cuisine. Le petit pêcher s’est installé juste au pied de cette vigne et je n’ai pas eu le cœur de le déloger… Mais il est attaqué chaque année par la cloque. Pensez-vous qu’en essayant de changer le mélange de terre en surface, cela pourrait l’aider? Il nous donne des fruits qui mûrissent très tard (mi-octobre), qui restent un peu croquants, mais délicieux… Avez-vous une idée comment je pourrais le traiter? Merci d’avance de vos suggestions… fm

    • Bonjour Florianne,

      Merci pour votre message. Je ne pense pas que changer le mélange de terre soit une solution. Come je l’ai écrit dans le billet, je pense tout simplement que votre pêcher n’est pas à sa place, là. Il s’agit probablement d’une variété peu adaptée à votre région mais qui a toutefois saisi l’opportunité offerte pour s’installer dans votre cour. Les traitements ne donneront pas grand chose. Je ne vois que deux solutions: vous résoudre à le déplacer vers un emplacement encore plus ensoleillé et abrité ( pourquoi pas en bac que l’on pourra facilement hiverner ?) ou alors essayer de le protéger des pluies et froids de l’hiver (responsables de la cloque) en le couvrant d’un voile d’hivernage “large” prenant appui sur le mur et créant un micro-climat. Vous pourrez le découvrir lorsque les premières feuilles auront commencé à se développer. Le stade critique de l’apparition de la cloque sera passé.

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