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A la rencontre de Chantal Keraudren et de son jardin de l’Echassière

A la rencontre de Chantal Keraudren et de son jardin de l’Echassière

jardin echassiereChantal Keraudren pourrait nous parler des heures durant de sa passion pour son jardin de l’Echassière, situé aux portes des villes de Sevran et Livry-Gargan en région parisienne. Un jardin qu’elle a construit et façonné autour d’une multitude de plantes (dont de nombreux rosiers de collection) qu’elle aime comme une maman aime et choie ses enfants. Un amour presque viscéral.

Et comme cette jardinière émérite n’est pas avare de conseils et qu’elle adore par-dessus tout faire de belles rencontres autour de sa passion, c’est avec un plaisir évident qu’elle a bien voulu se livrer au jeu du « jardipartageons » que je lui ai proposé.

Rencontre avec une “Dame”dont la gentillesse égale la beauté de son « Echassière » !

 Jardipartage : Votre surnom « la dame des roses » : vous souvenez-vous comment il est apparu ?

Chantal Keraudren : En fait, ce gentil surnom m’a été donné par des visiteurs qui reviennent d’année en année. Lorsqu’il arrive que nous nous croisions au détour d’une fête des plantes (on voit souvent les mêmes personnes aux mêmes endroits !), ou d’une manifestation horticole quelconque, ils m’abordent en disant “Tiens, voilà la dame des roses…”…

 Si vous ne deviez garder qu’une variété de roses, ce serait…

Je ne peux pas en élire une seule, 3 au minimum, pour 3 qualités bien distinctes, mais j’en aime tellement que c’est très difficile de choisir. C’est un peu le choix de Sophie ! Vous me demandez de décider lequel de mes enfants j’aime le plus… Dur, dur !

 Mon choix N° 1 : “Constance Spry”, 1961

La première des roses anglaises créées par David Austin. Elle a une forme généreuse de  rosier Constance Sprypivoine, un très joli rose bonbon poudré et un parfum à tomber à la renverse…Hélas, elle n’est pas remontante, c’est son seul défaut… Mais c’est peut-être parce que je l’espère toute une année pour en profiter seulement 2 semaines que je l’aime autant !

 Mon choix N° 2 : “Iceberg”, hybride de floribunda 1968.

rosier Iceberg

Un rosier moderne aux fleurs blanc pur en bouquets, aussi appelé “Fée des neiges”, qui a la grande qualité de fleurir à la mi-ombre jusqu’aux gelées. Un des rares qui tiennent ses promesses à cette exposition. Tous les rosiers ont besoin de soleil pour fleurir et les catalogues en présentent un certain nombre capable de résister à l’ombre. Il est le champion incontestable dans sa catégorie. J’en ai plusieurs à l’Echassière qui est un jardin à la mi-ombre à pas mal d’endroits.

 Mon choix N° 3 : “Mme Isaac Péreire” un rosier ancien de 1881

rosier Mme Isaac PereireLa référence des grimpants parfumés aux énormes fleurs rose carmin foncé, très doubles. A planter absolument quand on aime les roses !

 Mais je pourrai citer beaucoup d’autres rosiers dont je ne pourrais pas me passer, des lianes, en particulier, pour leur côté sauvage et un peu extravagant qui les pousse à se faufiler dans les arbres, les grilles, bref tous les supports susceptibles de leur ouvrir la voie vers le ciel !

Parlez-nous de vos belles rencontres à l’Echassière …Peut-être vous en rappelez-vous une plus particulièrement ?

 Pas une seule, parce que toutes ou presque sont uniques ! Des étrangers sonnent la cloche du portillon, et des amis me quittent 2 h plus tard… Les jardiniers, les passionnés surtout, se reconnaissent entre tous !

Nous formons une espèce de “confrérie” qui fait qu’on est immédiatement branchés sur la même longueur d’onde. Très souvent, mes visiteurs arrivent avec une bouture ou un semis, et ils repartent avec une autre bouture et un autre semis ! Une sorte d’échange amical qui fait que longtemps, je me souviendrai, et eux aussi, de notre rencontre à l’Echassière !

J’ai pris l’habitude, d’ailleurs, de noter sur la face de l’étiquette qui donne le nom des plantes celui du jardinier qui me l’a offerte, et au dos, j’écris le nom latin… C’est ainsi que j’ai des euphorbes “Karine de la Chabotterie”, des lys “Mémère”, un rosier “Gisèle”, etc…

Au jardin, il n’existe plus aucune différence, les mains sont toutes couvertes de terre, et c’est l’important ! Toutes les barrières s’effacent, au profit d’autres codes… Un bon moyen de créer l’union !

Au cours de votre carrière d’enseignante, quel projet mené avec vos élèves, en lien avec le jardinage, vous a le plus touchée ?

Je l’ai écrit sur mon blog. “Mystère au Potager de l’école”, est le titre de la petite nouvelle que cela m’a inspiré et que j’ai eu envie de faire partager.

Y a-t-il une création de votre jardin dont vous êtes plus particulièrement fière ?

Jardin de l'Echassière Chantal keraudren

“TRIER” un rosier ancien père de nombreux rosiers modernes. Serre ancienne de maraicher chinée dans une fête des plantes. Beaucoup de vivaces à l’Echassière, dont des géraniums vivaces, des hostas, des Aegopodium podagraria variegata en bordure (on retrouve ces plantes à racines traçantes et à feuillage panaché vert et blanc crème dans les bordures au jardin de Giverny (Monet)

Je suis fière de tout mon jardin ! Je l’aime, comme on aimerait un enfant… Je le regarde souvent avec les yeux d’une mère… Je connais chaque centimètre de terre, tous ses creux, toutes ses bosses, toutes ses qualités, ses défauts aussi… Je le prends comme il est, il me prend comme je suis. Pas de maître, pas d’esclave. On se complète : je lui donne ce dont il a besoin pour se développer au mieux et il me permet de me retrouver quand je me perds un peu…

 Vous qui connaissez si bien les rosiers, profitions un peu de votre expertise ! Quel(s) conseil(s) de culture souhaitez-vous « jardipartager » avec les lecteurs du blog ?

Le soin apporté à la plantation est très important pour un rosier. Il faut s’attarder tout particulièrement sur cette étape : Un gros trou (au moins 50 cms en tous sens), du compost bien mûr au fond du trou, la terre de surface mélangée à une poignée de corne broyée sur les racines bien étalées, préalablement rafraichies au sécateur bien coupant, tasser, arroser abondamment pour que la terre s’infiltre bien autour des racines…

Ne rien planter au pied la première année, laisser le temps au rosier de s’installer. La seconde année, lui offrir une compagne, la clématite est particulièrement appropriée pour cet usage.

A la floraison, retirer régulièrement les fleurs fanées pour favoriser la remontée des roses. Si le rosier n’est pas remontant, tailler après la floraison et ne pas retoucher au printemps sous peine de se priver de fleurs.

Quelques derniers conseils : ne JAMAIS replanter un rosier à l’endroit où il y en avait déjà un, ou alors changer toute la terre… Préférer les rosiers à racines nues plutôt que ceux en conteneur, planter de novembre à mars : ni trop tôt, ni trop tard !

Si les rosiers doivent être traités, utiliser des purins bio et les mélanger à du lait pour que le produit colle aux feuilles et ne soit pas aussitôt lessivé par la première pluie…

Un jardin vivant est un jardin en perpétuel mouvement… Quel est l’avenir à l’Echassière…Que vous reste t-il à faire ?

La structure du jardin est terminée et comme la surface n’est pas extensible à l’infini (Hélas !!!), je ne peux pas refaire ce qui est déjà fait !

Par contre, tous les ans apportent leur lot de surprises. Ce sera peut-être le début d’une nouvelle collection de plantes que je vais dénicher à une Fête des plantes, une découverte dans un vide-grenier d’objet que je vais réinterpréter en fonction de mon inspiration du moment…

Je pourrai le dire à la fin de l’automne seulement ! Hormis les gros travaux à anticiper, on ne sait jamais à l’avance ce qui va se passer…

Le jardin, c’est comme ces cornets en papier qu’on trouve chez les boulangers et que les enfants déchirent avec frénésie pour déloger la surprise qu’il y a au fond…

Et pour finir, vous nous avez dit vous inspirer ou dénicher des perles rares dans des fêtes des plantes. Quelles sont celles que vous ne rateriez sous aucun prétexte ?

Les fêtes des plantes de St-Jean-de-Beauregard et de Courson dans l’Essonne bien sûr !. Non seulement j’y trouve des plantes que je ne vois pas ailleurs, mais c’est aussi le lieu où tous les jardiniers et pépiniéristes convergent et où nous nous retrouvons, entre 2 et 4 fois par an…

Si, comme Chantal, vous vous avez envie de “jardipartager” au travers d’une interview sympa, même une petite création de votre jardin, contactez-moi ! Et si vous avez aimé cette interview, un petit clic sur l’un des boutons de réseaux sociaux vous permettra d’aider à faire grandir Jardipartage ! Merci.

Pour prolonger cet échange, n’hésitez pas à visiter le site du Jardin de l’Echassière ou à aller à la rencontre de Chantal Keraudren dans son eden !


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2 commentaires

  1. Merci pour ce bel hommage. J’espère avoir un jour le plaisir de faire avec les lecteurs de ce blog, davantage qu’une visite virtuelle du jardin. A très bientôt, à l’Echassière !

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