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[PODCAST] 8 bons conseils pour réussir les tomates !

Conseil n°1 : La patience est de mise !

Patience, …voilà un mot qui a du sens plus que tout autre pour le jardinier. Et de la patience, avec les tomates, il en faut. Ne serait-ce que pour déterminer la bonne période de plantation ! Attendez que passent les traditionnels Saints de Glace. Que les températures nocturnes et celles du sol ne descendent plus sous la barre des 10°C. Sinon les tomates sont frêles et végètent. Attendez donc la mi-mai pour installer les jeunes pieds. A moins que vous n’ayez la chance de posséder une serre ou un abri  pour les protéger !

Conseils n°2 : de nombreuses variétés de tomates pour autant de saveurs !

association tomate oeillet
L’association des tomates et des œillets fonctionne à merveille : les oeillets repoussent les nématodes qui dévorent les racines des tomates !

Je cultive toujours différentes variétés de tomates, une dizaine au minimum. Et j’en essaye de nouvelles chaque année. En variant, j’échelonne ainsi les récoltes tout au long de la saison. Cela permet de profiter aussi de la résistance de certaines variétés par rapport aux faiblesses des autres. Cultiver plusieurs variétés de tomates au potager, c’est donc garantir une récolte minimale, même si l’été est pluvieux et propice aux maladies.

Conseil n°3 : De la chaleur, rien que de la chaleur !

Les tomates ont besoin d’un emplacement chaud et (très) ensoleillé. Pour ma part, je n’hésite pas aussi à « faire souffrir » les pieds en espaçant volontairement les arrosages pour les obliger à s’enraciner en profondeur. Mes tomates n’en sont que meilleures ! Si vous en avez la possibilité, choisissez un emplacement bien abrité du vent qui, en plein été, peut faire chuter le ressenti des températures et casse les tiges flottantes.

Pour accélérer le réchauffement de la terre, je pose deux ardoises en début de culture autour du pied. Leur couleur sombre emmagasine la chaleur et la restitue et limite les déperditions la nuit venue.

Conseil n°4 : un sol riche !

Le trou de plantation doit faire l’objet de toutes les attentions. Je le creuse profond pour que les pieds s’enracinent bien, et je décompacte finement la terre. Les jeunes racines y progressent alors plus facilement et n’étouffent pas ! Et puis, je ne lésine pas sur les moyens. Les tomates sont des gourmandes. Alors, pour subvenir à leurs besoins, je mélange au fond du trou de la corne broyée (pour la qualité des fruits), du fumier et du compost bien mûrs à la terre d’origine. J’ajoute aussi personnellement quelques feuilles hachées d’orties qui libéreront de l’azote au cours de leur décomposition.

Conseil n°5 : les vertus du paillage !

repiquer tomates
Début avril, les tomates sont encore au chaud et frêles. elles seront repiquées en pleine terre à la mi-mai

Déchets de tonte secs, brf, mélange de paille et tourbe…tout paillage des tomates, ou presque, est bon pour limiter les pertes d’eau par évaporation. Et un sol ainsi protégé des aléas climatiques se tasse moins facilement tout en maintenant une vie micro-bactérienne active et utile ! Certains vous diront aussi que le paillage limite ou, mieux, éradique l’apparition des mauvaises herbes. Personnellement, je ne trouve pas.

Conseil n°6 : les tomates se taillent…ou pas !

Connaissez-vous un jardinier qui ne supprime pas les gourmands et qui laisse les pieds de tomates croître naturellement ? Il n’y en a guère…parce que la taille des tomates permet de gagner du temps sur la récolte et d’obtenir des fruits plus gros. Mais ces tailles sont autant de plaies ouvertes dont profitent les maladies, surtout si les pluies sont fréquentes en été. Si vous avez de la place, je vous encourage donc à aménager un coin test dans lequel vous ne taillerez pas les pieds. Vous obtiendrez alors un enchevêtrement de pousses, des fruits plus petits et plus tardifs, mais plus sains. Les tomates-cerises ne se taillent pas et développent un port buissonnant qui leur va bien.  ( A lire aussi: comment bien tailler les tomates ?)

Conseil n°7 : traitez les pieds.

Deux tendances s’affrontent ici. Il y a les jardiniers qui ne traitent pas et encore moins systématiquement. A la rigueur, uniquement si les pluies se répètent ou dès que les maladies apparaissent. Et puis il y a ceux qui agissent préventivement, en pulvérisant régulièrement un traitement fongicide.

Suivant les convictions, pulvérisez à intervalles réguliers de la bouillie bordelaise à l’efficacité démontrée ou des purins végétaux qui stimuleront les défenses naturelles des pieds ( purin d’ortie, de consoude…). Un geste plus respectueux des plantes et de l’environnement.

Conseil n°8 : La tige s’enterre !

Mettez en place le tuteur et plantez chaque pied de tomate à l’oblique. Ce geste simple permet de favoriser l’enracinement du plant car la partie sous terre se couvre rapidement de racines qui renforcent la vigueur et la résistance naturelles des tomates. ( A lire aussi: comment bien planter les tomates ?). Attention toutefois, s’il s’agit d’un plant de tomate greffée, le point de greffe doit rester à l’air libre.

Si après avoir suivi ces 8 conseils, votre récolte de tomates est toujours proche de zéro, c’est que vous n’avez tout simplement pas les mains vertes !

A propos de Bruno Nunez

Jardinier passionné depuis ma plus tendre enfance, je vous livre dans ces pages mes expériences réussies ou mes vrais échecs, des anecdotes, des astuces ou encore des infos pratiques,…

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6 Commentaires

  1. Merci pour ces précieux conseils que je mettrai tout de suite en application.

  2. Bonjour, Je rajouterai 3 conseils à ta liste.
    D’abord, en Bretagne (et sans doute globalement dans la moitié nord de la France), la tomate se cultive en serre. En pleine terre les risques de mildiou sont trop grands.
    La consoude est l’amie de la tomate (et de très nombreuses autres cultures). J’en mets dans les trous de plantation, je paille les tomates avec des feuilles de consoude et j’utilise régulièrement du purin de consoude. Pour les tomates je n’utilise que très peu d’orties. La consoude favorise la floraison et fructification, l’ortie favorise la croissance; ici ce que l’on recherche c’est le maximum de fruits avec du goût en plus!
    Enfin, je ne suis pas fan de bouillie bordelaise, il est maintenant prouvé qu’elle a un effet néfaste sur la vie dans le sol.
    Jenny

    • Merci pour ton avis éclairé et éclairant Jenny. C’est vrai que dans le sud, la tomate est cultivée en pleine terre mais je t’avoue que certains printemps et étés humides, c’est parfois un peu juste…Comme l’an dernier par exemple. C’est vrai aussi que l’ortie favorise le feuillage et les parties vertes et pas vraiment la mise à fruits. J’en mets pour aider le plant repiqué à démarrer. Je vais essayer la consoude…
      Quant à la bouillie bordelaise, je mène cette année une expérience de forçage en tunnel de culture. Chez nous, le moment le plus critique de l’apparition des maladies est jusqu’à la mi-juillet.Après la météo s’assèche… Je vais donc essayer de protéger les plants un maximum sous tunnel (même rehaussé) et du coup ne pas les traiter. On verra bien !

    • @jenny : ‘il est maintenant prouvé qu’elle a un effet néfaste sur la vie dans le sol’
      Aurais-tu une source concernant les preuves de la nocivité de la bouillie bordelaise. Je me bats depuis des années avec mon beau-père pour lui faire comprendre que moins on en met et mieux nous et notre terre nous portons !.. Si j’avais un petit lien à lui soumettre, ça me permettrait d’appuyer mes propos !! 😉

  3. Bonjour.
    Très intéressant tous ces conseils sur la tomate dont la plupart je connaissais. Enterrer les pieds de tomates de biais dans les trous je ne savais pas et je vais le faire en 2016. ça a l’air tellement logique. Et pour le coté taille des tomates, je me suis posé cette question. Je ferais un essai comme tu le proposes. Bonne fin de semaine à tous et encore merci !!

  4. Mettre des orties au fond du trou de plantation : est-ce un bon fertilisant ?

    Certains disent que mettre un peu d’orties fraiches au fond du trou de plantation, en contact avec les racines, c’est un très bon fertilisant qui apporterait de la chaleur… En fait, c’est une légende ! si je puis m’exprimer ainsi, en voici l’explication :

    Lorsque les végétaux sont dégradés par les décomposeurs et les bactéries, ils libèrent de l’ammoniaque, un dérivé de l’azote. Les orties riches en azote, en libèrent de grandes quantités. Cet ammoniaque n’est pas la forme assimilable telle quelle par nos légumes, il faut qu’il soit dégradé en nitrites puis en nitrates. C’est sous le stade nitrate que les plantes assimilent préférentiellement l’azote (excepté quelques plantes associées à des bactéries comme les légumineuses).

    Or, toutes ces transformations (décomposition du végétal et transformation de l’ammoniaque en nitrites, puis de nitrites en nitrates) ne se font que par des organismes aérobies (qui ont besoin d’oxygène). Ainsi, lorsqu’on enterre profondément les feuilles d’orties, elles se retrouvent dans un milieu privé d’oxygène et donc sans organismes aérobies.

    La dégradation est alors très mauvaise et ne conduit pas à une libération de nitrates bénéfiques à nos tomates. Pire, les orties fermentent et peuvent même causer des dommages aux racines.

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